Alain Jollois ou l'histoire d'une imposture jeudi 28 mai 2009

le Festival International de l'Image à Périgueux

Mercredi matin je recevais un appel sur mon portable de la part d'un des organisateurs du FIIP, c'est-à-dire le « Festival International de l'Image à Périgueux », un nouvel événement supposé amener glamour et devises dans notre belle ville au mois dormant de décembre. L'actuel président du festival dont je n'ai pas distinctement entendu le nom, descendait de Paris et la personne au bout du fil, pensait que cela serait une bonne opportunité pour qu'elle m'accorde un entretien. Mais j'ai dû décliner l'offre, car je devais ce même jour me rendre dans le village des Eyzies de Tayac afin d'y rencontrer pour des raisons professionnelles, le directeur du Centenaire, un hôtel 4 étoiles bien connu, situé à deux pas du centre. Ce blog n'est qu'un hobby...

Film International de l'Image à PérigueuxTout ce que je sais du FIIP, je l'ai lu dans la presse... les articles, un signé et l'autre non paru dans le Sud-Ouest, relatent une histoire d'arnaque, d'imposture et de mythomanie dont Alain Jollois se serait rendu coupable au début du siècle. Je vivais en Angleterre à cette époque et cette affaire m'était tout à fait inconnue jusqu'au début mai de cette année.

L'article d'Hervé Chassaing qui a paru dans l'édition du 20 mai du Sud-Ouest, rappelait aux lecteurs la mystification en 2002 de M. Jollois. L'homme avait su, à force de persuasion et de charme, enjôler plusieurs personnalités locales et celles-ci s'investirent dans tous les sens du terme, dans un projet cinématographique qui allait tourner mal et court. M. Jollois disait qu'il allait faire venir la célèbre actrice Julia Roberts, car l'attaché de presse de la star, soit disant, harcelait Alain pour qu'elle joue un rôle dans son long-métrage.

Alain Jollois en 2002 - Photo d'archive du Sud-Ouest
Alain Jollois lors des tournages controversés en 2002 : « J'ai rendu des gens heureux ». (archives Sud Ouest)
Le film, un remake de Frank Capra, allait être tourné à Périgueux même. Le pouvoir de persuasion de notre imposteur était paraît-il énorme et beaucoup se prirent à rêver, des dollars verts plein les mirettes. Des rêves qui ont tourné au cauchemar pour certains, quand le jet privé de la star n'atterrit point à Mérignac et les chèques rebondirent comme le font sur le marbre les perles d'un collier dont le fil vient de se briser. Alain Jollois fut amené devant les juges et, sans pour autant se mettre un sou dans les poches, fut accusé et reconnu coupable à la fois d'escroquerie par le tribunal et de mythomanie par le psychiatre légiste, il reçut une lourde peine : entre un an et 18 mois de prison ferme selon les sources. Une sentence contre laquelle il fit appel auprès de la cour de Bordeaux qui, à sa grande surprise, confirma la geôle.

J'espère rencontrer Alain Jollois un jour, afin de vous donner un autre aperçu de cette histoire et puis aussi parce que ce genre de caractère me fascine...

[ mise à jour : alors que je rédige ce billet, je viens de prendre connaissance d'un courriel envoyé par Vincent Fabas* dont je ne connais pas la position au sein de La Compagnie du 7e Art (la compagnie organisatrice du FIIP), informant les adhérents d'une prochaine assemblée générale extraordinaire durant laquelle sera décidée la riposte à donner aux articles parus dans la presse et où la démission entre autre d'Alain Jollois au poste de délégué général sera confirmée... il semblerait que la Compagnie du 7e Art veuille prendre ses distances vis à vis de M. Jollois. ]
*selon une interlocutrice que j'ai eu au téléphone ce matin, M. Fabas et M. Jollois sont la seule et même personne. Je n'y comprend plus grand chose...

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