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La virée du ministre publié le lundi 8 février 2010

Le cancan du Coderc une chronique de Pascal Serre


C'était annoncé en toutes lettres dans la presse locale : Xavier Darcos sera à Périgueux ce samedi matin. Lever de rideau sur une campagne électorale (1) qui s’annonce comme un « choc » entre l’ancien maire de bonne ville… Xavier Darcos et son vainqueur Michel Moyrand.

Les journalistes sollicitent M. Moyrand
Il faut maintenant faire face à la presse... Michel Moyrand vient de remporter la mairie de Périgueux
Christian (2) ne voulait en aucune façon perdre une miette du passage obligé du Ministre par notre bonne vieille place du Coderc. Il avait fait le tour des popotes pour nous dire qu’il y serait au milieu de la mâtinée. Il fixa d’office notre point de rendez-vous pour un simple café chez Marie Deleporte ( Fée Maison ) estimant que c’était, en terrasse, un excellent point d’observation sur les deux accès possibles : la place de la mairie ou la rue des Chaînes. Heure impérative : dix heures quinze.

Si le temps se voulait incertain, la visite était assurée. Le spectacle pouvait débuter.

A l’heure dite nous nous retrouvions, Christian, René, Jean-Paul et Alain. Bernard ne pouvant se joindre à notre équipée. Honnêtement nous étions tout émoustillés par cet événement à consonance purement locale mais aux délices gaillards.

Xavier Darcos et François Fillon
Xavier Darcos, alors ministre pour l'Éducation et François Fillon, Premier Ministre avec Yves Guéna, Jean-Paul Daudou (tous les deux à droite) et bien d'autres, lors de la campagne pour les élections municipales de 2008 à Périgueux
Christian avait acheté la presse locale et nous fit sa « revue de presse » : « regardez çà : Xavier Darcos est-il bienvenu à Périgueux ? Et bien moi je vous dis que oui et on va bien le voir ici, sur ce marché. La place du Coderc est un véritable institut de sondage en miniature. »

Malgré le monde qui se bouscule dans sa maison, Marie nous sert les « expresso » tant attendus. Nous les avalons presque d’une traite, comme des gamins qui se languissent du Père Noël. Le marché est à son zénith. Les affaires semblent reprendre. Christian qui a invité ses petits enfants à déjeuner dimanche nous propose — après le passage du Ministre — de faire les emplettes avec lui. Histoire de prendre le pouls de ses « fournisseurs ». Mais, attention, ici la politique est discrète, sans signature. Il faut décoder plus un signe de la tête, un regard, que les propos échangés. Tout est dans le non-dit.

Il devait être presque dix heures trente quand il y eu un frémissement du côté de la mairie, vers la Halle. Ni une, ni deux, nous voici debout. De vrais gamins vous dis-je. Au milieu des commerçants nous devinons, de dos, Xavier Darcos. Il est pas seul, loin s’en faut. Son épouse Laure est là, tout sourire. Philippe Cornet, le leader de l’opposition investi au soir de la défaite pour reconquérir le fief municipal n’a de cesse de serrer des mains. Le cortège est au complet : les conseillers municipaux hier encore dépités du départ de leur gourou jouent la « Vieille Garde » le soir d’Austerlitz.

Michel Lopez, Xavier Darcos et Laure Darcos le soir des résultats où il apprendra qu'il a perdu la mairie de Périgueux
Xavier Darcos le soir de la défaite aux municipales de 2008, remercie Laure, sa femme, visiblement émue et ses amis, comme ici Michel Lopez à sa droite
Du côté de la fromagerie Thieullent les bras se tendent, les langues se délient pour déplorer la chute « d’un enfant du pays. » Voici Xavier Darcos interpellé : « Alors, Monsieur le Ministre vous êtes encore là ! » Et ce dernier de répondre : « Mais je n’ai jamais quitté ma ville ! » Deux pas de plus et une passante ébahie renchérit « Il faut revenir monsieur Darcos ». Et ce dernier de dire : « Pourquoi voulez-vous que je revienne je suis déjà là. » Et de se retourner en cherchant Philippe Cornet, le saisit et le ramène vers la dame : « Vous connaissez Philippe ? Et bien nous travaillons en tandem et ça marche. Allez, on se fait la bise ? »

Arrêt devant le bar « La Truffe ». L’ancien maire n’a rien perdu de sa séduction il salut tout le monde et se rappelle du patron, Pascal Mesmin. Regrattiers et producteurs ne refusent pas la poignée de main tendue.

Et Christian de se retourner : « Alors ? Il n’est pas le bienvenu ? » René est dubitatif mais respectueux, il se retrouve à serrer la main du « Ministre » : « oui, bon mais vous savez il a quand même été battu et je vous le dis je n’ai pas voté pour lui. »

« On s’en doutait bien, rétorque Alain un inconditionnel qui a bien connu le père de Xavier Darcos quand il était adjoint de Guéna, mais avoue quand même qu’il a fait des choses pour Périgueux et que si les élections étaient aujourd’hui je ne crois pas qu’il serait battu… »

Tout le monde s’embrasse, se congratule, se rassure. Le cortège passe au milieu du marché et suspends un instant les regards interrogatifs, admiratifs ou, pour quelques uns plus distants.

L’horloge de la bourse du « Coderc » est suspendue. On fait du coude à coude, on se pousse pour voir ou dire un mot à « Xavier ».

Une note de blues parfois fait jour bien vite étranglée par « Les grognards » qui sont tout rayonnant de cet accueil.

On se croirait presque au Col de Laffrey, le 6 mars 1814, quand le Maréchal Ney devait arrêter l’Empereur Napoléon de retour en France. C'est là que se déroula à la « Prairie de la Rencontre », ainsi nommée par Stendhal, la fameuse scène immortalisée par le peintre allemand Steuben : Napoléon ouvrant sa redingote s'avance devant les soldats royalistes et leur crie : « Soldats du 5e ! Reconnaissez votre Empereur ! S'il en est qui veut me tuer, me voilà ! » Les soldats se rallient.

Un couple dont le visage nous est connu se murmure : « Il aurait fait çà pendant la campagne on en serait pas là… »

Et tout ce beau monde s’engouffre dans la rue Limogeanne direction l’Hôtel de la Préfecture où, selon Christian, il va remettre la médaille du mérite à une de ses anciennes adjointes, Marie-Christine Sanjuan : « je la connais car elle est très engagée dans les milieux catholiques et ma défunte femme qui la fréquentais m’en avait parlé plutôt en bien. » Et René de compléter : « Oui, surtout qu’il paraît qu’elle pourrait se présenter aux élections cantonales sur Périgueux-Ouest… Enfin c’est ce j’ai cru comprendre. »

Comme prévu Christian fait ses emplettes. Nous le suivons. Le voici avec Christian Laparre dont la famille est présente sur la place depuis un demi siècle. Les moustaches avenantes on l’entend de loin vanter ses produits. Tout en accomplissant la commande de Christian il s’épanche peu : « Oh vous savez chaque fois qu’il y a une élection c’est pareil. Je suis habitué. J’en ai vu passer. Ca me fait ni chaud, ni froid. »

Nous allons sous la halle, chez Pascal et Dominique Florenty. « Je les aime bien, dit Christian, ils sont tout jeunes ici. J’y prends mes charcuteries et j’alterne avec d’autres anciens de la Halle… »

Pour le couple de charcutiers « cette visite est une bonne chose mais nous avons tellement à faire que nous ne nous sentons pas concernés. Nous sommes des petits. On a besoin avant tout de travailler… »

Nous quittons la halle et Christian nous amène chez un vieux briscard du marché, Roland Canler. « Lui, nous explique notre ami, c’est la troisième génération à venir ici. Il a d’excellentes volailles et je vais lui en prendre une pour mes petits-enfants. Ils adorent. »

Arrivé Christian tate son copain : « Alors ? Tu as vu le Ministre ? »

« Oui, répond Roland, mais tu sais moi j’ai connu Guéna c’était encore autre chose. Il passe encore parfois avec son épouse. Ca me rappelle plus de choses que Darcos. Et puis, Moyrand est sur ma commune… Je connais un peu son épouse. Et puis, tu sais je pars à la retraite alors tout ces trucs de politique çà m’amuse plus qu’autre chose. Que prends-tu aujourd’hui ? »

Enfin, c’est l’achat du pain : « Vous savez, dit Bernard en tête de notre équipée et se frayant un chemin au milieu du marché que Pichard a vendu ? » Christian l’a vu dans la presse : « Et oui, c’est la vie. Je crois que c’est un certain Grégory Fourey qui a pris la suite. On verra bien. »

On ne parle plus de nos impatiences du matin à l’idée de « voir Darcos » comme des enfants qui ont déjà ouvert le cadeau de Noël et reviennent vers leur vieille malle où sommeillent les vieux jouets usés.

Christian : « Comme vous m’avez accompagné sans râler je vous offre un café au « Coderc » chez Sylvia. » Et tous de reprendre : « Ah non, un kir pour fêter tout çà ! Il est presque midi. Et avec ses cacahuètes. »

Le temps s’est couvert, la « virée du Ministre » est presque plus qu’un souvenir. Le quotidien a repris ses marques. Tout près, la famille Dupuy, accoudée à la « rôtissoire » glane quelques échos car, bien évidemment, le Ministre n’est pas passé les saluer (3)… Jeanine vend ses huîtres et nous la saluons de notre petite table d’où la pluie va nous chasser.

Presque désemparé nous nous séparons. Chacun un peu sur sa faim. Nous nous accordons sur un point : « La politique ? C’est l’art du tragique. Servitudes, hypocrisie, mensonges mais encore une nécessité absolue. »

Avant de quitter mes amis et leur donner rendez-vous samedi prochain je leur confie : « Darcos a rédigé un brillant ouvrage sur l’historien et philosophe romain Tacite, il a mis en avant-propos cette citation : les exemples perdurent plus longtemps que les modes de vie. A l’époque il m’a rajouté : je t’assure que je ne quitte pas Périgueux des yeux. C’était en février 2007. A suivre les gars ! »
Auteur : Pascal SERRE
(1) Elections des Conseillers régionaux les 14 et 21 mars prochains.
(2) Pour connaître les personnages voir les précédentes chroniques
(3) Christian Dupuy est Maire-adjoint de Michel Moyrand, Socialiste


Pascal SERRE
Rédacteur en chef :
  • JOURNAL DU PERIGORD
  • DIRELOT
  • DORDOGNE PERFORMANCES
Membre :
  • Institut Montaigne (Paris)
  • Fondation Terra Nova (Paris)
  • Fondation de la France Libre (Paris)


Premier jet

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Darcos à Périgueux et avec Juppé à Sarlat publié le dimanche 7 février 2010

Samedi, Xavier Darcos, ministre du Travail, était à Périgueux chef lieu de la Dordogne où il fut maire jusqu'en 2008, et aujourd'hui, dans les étroites rues de Sarlat capitale du Périgord Noir, il sera accompagné d'Alain Juppé qui fut maire de Bordeaux presque sans interruption depuis 1995. Pascal Serre, auteur du cancan du Coderc et ami du premier susnommé, en bon journaliste ne les lâchera sans doute pas d'une semelle ; aussi je vous invite à revenir sur Périblog dans un jour ou deux pour y lire la chronique à l'esprit que l'on dit bien calé qu'il nous concocte dans leur sillon.

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Bonne inscription (si vous n'étiez pas déjà inscrit(e)) et bon dimanche à toutes et à tous, W

Artiste de rue sur la voie verte à PérigueuxEn cours d'après-midi, je suis allé marcher le long de la Voie Bleue où, à hauteur d'un club de canoë, des artistes de rue tentaient avec leurs aérosols d'égayer un pan de mur grisâtre. Selon l'ouverture d'esprit, l'endroit ou le type de graphisme, on aime, on supporte ou on réprouve.

À ne pas confondre avec les tags : ces signatures qui enlaidissent notre environnement et le rendent étrangement hostile, faites par des gamins désœuvrés en mal de reconnaissance et d'identité.Art de la rue à Périgueux

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Commentaire de Anonymous josie , le 8 février 2010 22:41  

Tiens un endroit où je me rends très souvent....
je me dois d'y aller faire un tour ! Je ne sais pas si ce sont les mêmes artistes que ceux que j'avais rencontré l'année dernière " Graffity art déco " !
Sur mon blog un billet...... tu l'as peut-être vu ?
A bientôt William !

Commentaire de Blogger Periblog , le 8 février 2010 22:45  

Oui Maryse, je les ai vues l'autre jour. Elles sont bien saturées.
À+

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Un nouveau chef au Café de la Place publié le samedi 6 février 2010

SS'il vous arrive parfois de déjeuner au Café de la Place, vous aurez alors comme moi constaté ces derniers temps une amélioration sensible de la présentation, de l'originalité et de la saveur des plats qui vous y sont servis. C'est que depuis trois ou quatre semaines, le chef a changé. Julia est présentement en charge des marmitons et des fourneaux et ça se voit, ça se sent et ça se goûte. Il serait question d'engager sous certaines conditions et pour quelques semaines ou quelques mois, un chef d'excellente renommée qui lui communiquerait une partie de son inestimable savoir tant sur le plan de l'organisation d'une brigade de cuisine que de l'achat de produits de qualité constante à des prix raisonnables et bien entendu de l'assortiment et de la cuisson parfaite des ingrédients pour obtenir des arômes dont le souvenir s'était perdu au fil des ans. Je m'en pourlèche les babines par avance... Si le prix du plat du jour à midi restait aux alentours de 8€, alors ce serait parfait.

Le café de la Place, sans prétention d'être un restaurant gastronomique, serait-il donc en passe de devenir non seulement un lieu où il fait bon parloter dans l'atmosphère de brasserie parisienne qui me plaît tant, mais aussi une table qui ferait honneur, avec des plats simples, bons et abordables, à Périgueux et à sa réputation, que je pense jusqu'à présent usurpée, de capitale de la gastronomie périgourdine ? C'est ce que nos papilles nous dirons dans les mois à venir.
Réservation : 05 53 08 21 11

Restaurant et bar à vin Le Cerle

Un autre restaurant où j'ai eu la chance d'être invité trois ou quatre fois dernièrement, est le restaurant et bar à vin Le Cercle, rue Èguillerie (pour lequel j'ai créé le site web). Dans un cadre presque opulent où l'acoustique se prête bien aux conversations intimes, on y sert accompagnés de vins choisis avec expertise, des plats qui ne manquent pas de goût ni de raffinement. Les prix y sont aussi, et cela se comprend, plus élevés.
Réservation : 05 53 53 34 79

...et dites que vous venez de ma part (bien que cela ne vous sera d'aucun bénéfice...)Quentin et Laurine avec une affiche pour le concert de Jason Falloon
The Jason Falloon band
Quentin et Laurine les deux enfants de Thierry et de Valérie, les propriétaires du Café de la place. Laurine tient une affiche sur laquelle elle a écrit le nom du groupe qui joue ici ce samedi soir : The Jason Falloon Band, dont l'élément principal, Jason Falloon fut guitariste dans le groupe de Roger Taylor, le célèbre batteur de rock, surtout connu pour sa prolifique carrière avec le groupe Queen

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Commentaire de Anonymous jean-pierre , le 6 février 2010 19:52  

Merci pour ces deux adresses !
L'aire du Macdolénien n'a plu quà faire attention !

Il est vrai que l'apogée des pâtés de Périgueux concoctés par André Courtois, Antoine Noël, Michelet, Ménard ... est bien révolue !

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Iles sous le vent - Oli publié le jeudi 4 février 2010

J'ai une pensée toute particulière ce matin pour les résidents de Tahiti, là où un cyclone souffle ses vents maudits pouvant dépasser les 150km/h sur le littoral et l'intérieur des iles.

C'est dans l'archipel polynésien que vit depuis près de deux ans, mon grand ami Jean-Jacques Solari, traducteur prolifique et bénévole pour le W3C, l'organisme mondial qui régit les standards du Web. Jean-Jacques, pour ceux qui ne le savent pas encore, est aussi la personne qui assure la relecture et la correction grammaticale et orthographique de tous les billets, chroniques, articles (appelez cela comme vous voulez) qui sont publiés dans Périblog*. Une tache essentielle qu'il assure avec dévouement et professionnalisme depuis les tout premiers débuts et pour laquelle je ne pourrai jamais assez le remercier.Jean-Jacques Solari, lors du Marathon de Moorea en mars 2009
Jean-Jacques Solari (portant un maillot orange), lors du Marathon de Moorea en mars 2009
Lire le récit que JJS fit de sa course ›
La mer déchaînée dans la baie du Taaone, les vagues remontent jusqu'à la salle Aorai Tini Hau Pirae, côte est de Tahiti - photo de Fabien Chin / Facebook
Voir d'autres photos du cyclone Oli à Tahiti sur un blog local que JJS m'a recommandé ›
Le cyclone Oli sur le site www.hurricanezone.net
Les prévisions montrant le chemin qui sera pris dans les prochaines heures par le cyclone Oli. Source : www.hurricanezone.net (anglais)

*si vous voyez "Premier jet" en bas du billet, comme c'était le cas ce matin quand j'ai envoyé le courriel avec une faute d'étourderie à pensée dans la première ligne, cela indique qu'il n'a pas encore été relu et corrigé.

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Commentaire de Blogger verogovinique , le 4 février 2010 18:33  

Je constate avec un sourire la différence entre les bénévoles tahitiens de cette photo et ma dernière expérience bénévole également au marthon de Paris où j'ai distribué sous une pluie battante, glacée et tenace des bananes et des oranges à de pauvres marathoniens épuisés et dégoulinants en fait tout est dans le costume.....

Commentaire de Anonymous Dominique Louis , le 4 février 2010 20:03  

Ayant connu JJ peu de temps avant son départ, j'ai tout de même eu le temps de l'apprécier et l'hommage est donc mérité !
JJ, si tu lis ces lignes, tu as mon bonjour. J'espère que le cyclone ne touchera pas trop l'archipel et sa population, en tout cas moins que ce qui est prévu.Courage à tous ...

Commentaire de Anonymous JJS , le 4 février 2010 22:08  

(N.d.l.r. JJS m'a envoyé le message suivant cet après midi qu'il m'a autorisé à poster ici)

Le cyclone est très actif et s'est même renforcé ; l'œil se trouve à environ 300km à l'ouest de Tahiti et la trajectoire semble viser directement l'île de Tubuai dans l'archipel des Australes à 400km au sud de Tahiti. Les vents au centre sont annoncés pour 250km/h, la houle pour 8m, ça va faire mal chez eux. Par ici, nous aurons des grains orageux à fortes précipitations.

À Tahiti même, nous sommes toujours en alerte rouge, qui vient d'être prolongée jusqu'à midi (il est 6:45 actuellement). L'alerte rouge, ça signifie interdiction de sortir de chez soi ni de circuler sur les routes (sauf les pompiers et les électriciens). Il y a des coupures de courant un peu partout causées par les chutes d'arbres sur les lignes, moi-même privé depuis hier. Les vagues très grosses ont contraint dès hier matin les autorités portuaires de Papeete à fermer toutes les activités du port, les navettes et ferries pour les îles sont donc à quai ou déroutées. Les vols inter-îles sont annulés, la flotte a été répartie dans d'autres îles non touchées par le phénomène.

La nuit a été agitée, j'ai dormi dans le salon sur un matelas de mousse avec une lampe torche à portée de main. Pourquoi dans le salon, parce qu'il y faisait moins chaud que dans la chambre, entièrement fermée pour la circonstance ; beaucoup de sifflements et craquements dans cette maison de bois, autant dire que je n'ai pas beaucoup fermé l'œil.

Je ne sors pas encore car les rafales sont encore fortes, et il ne fait pas encore assez clair pour des photos. Peut-être plus tard...

Comme tu peux le constater, la liaison internet (via mobile) fonctionne encore, et mon portable est encore chargé. Mais si les pannes électriques devaient se poursuivre longtemps je ne pourrais plus te tenir au fait de la situation.

A+

Commentaire de Anonymous vikki , le 5 février 2010 10:33  

bonjour William
tout d'abord , merci de votre visite et de votre gentil com
dans mon petit univers .
je découvre également votre blog
sur la Dordogne , et , je regrette
de ne pas l'avoir connu plus tôt , cela m'aurait surement permis d'en
apprendre beaucoup plus sur ce département avant d'aller a sa rencontre .
car je suis sure que nous sommes passés a côté de pas mal de choses que nous aurions bien aimé voir .
mais nous avons prévu d'y revenir un été , donc , je m'inspirerai de vos récits pour nos ballades .
ceci dit , nous avons beaucoup aimé ce département , pas si loin du notre finalement ; mais que nous ne connaissions pas .
je m'en vais , a mon tour , visiter votre blog .
a bientôt sans doute .
amicalement
ps:votre article est poignant , il ne fait pas bon vivre sur les iles en ce moment hélas ....

Commentaire de Blogger Periblog , le 5 février 2010 18:17  

Merci Véro, Domi, Vikki pour ces gentils commentaires et toi JJ pour ce compte rendu intéressant en direct de chez toi alors qu'Éole se déchainait au dehors. W

Commentaire de Anonymous JJS , le 5 février 2010 20:13  

(N.d.l.r. Voici un petit compte rendu de la part de JJ à Papeete)

Le climat se stabilise, les vents sont devenus des brises. Les dégâts à Tahiti sont très localisés, au nord pour les assauts de la houle mais rien de grave (anecdote : une des bouées balises de l'entrée du port de Papeete a été arrachée, et à l'ouest pour des accélérations classiques des bourrasques à cause du resserrement du relief, il faut bien que le flux passe alors sa vitesse augmente, quelques arbres arrachés, les plus fragiles pliés, comme les bananiers, et des toits envolés. Donc peut de dégâts. Je suis bien à l'ouest mais juste deux-trois kilomètres avant la zone des destructions. Quelques branches cassées et beaucoup de feuilles qui jonchent la propriété, rien sur la maison.

À l'heure actuelle, Oli est sur Tubuai, ils ont eu droit à l'œil du cyclone, une accalmie étrange dans la fureur des éléments, puis retour brutal du vent mais en sens inverse. Nous sommes sans nouvelles d'eux pour l'instant, le téléphone est coupé, on attend qu'ils déploient les téléphones à liaison satellite directe mais il faut que le vent retombe avant de pouvoir le faire.

En conclusion, Oli n'a pas provoqué les dégâts que l'on craignait, et comme d'habitude ce sont les Australes qui ramassent la mise, pays où vont mourir les cyclones.

Commentaire de Blogger Periblog , le 7 février 2010 12:48  

Merci JJ pour ce dernier compte rendu sur Oli.

Heureux que cela se soit mieux passé qu'on le supposait. Plus qu'à sortir le râteau et la brouette... W

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Réapprendre la civilité publié le mercredi 3 février 2010

Voici un message que je viens de recevoir à l'instant même où j'allais bien chaudement me mettre au lit avec une tasse de chocolat et un petit Coen de derrière les fagots. La missive provient de l'ami Jean-François Cros, citoyen des plus actifs à Périgueux et propriétaire du Irish Corner qui touche presque au Cap Cinéma.

Je n'aime pas qu'il y ait trop de bruit dans les rues la nuit quand j'essaie de dormir et je me souviens avoir pesté contre ceux qui, la fin de semaine venue, criaient et bottaient dans les poubelles, lorsque durant neuf mois environ, je résidais au-dessus de chez Eram, rue Taillefer.

Les djeuns, qu'ils soient garçons ou filles, souvent font preuve d'une incivilité exacerbée dès qu'ils ont avalé quelques mesures d'alcool. Ce n'est pas toujours très plaisant pour les honnêtes gens, retraités ou non, qui vivent à proximité des endroits publiques auxquels ont a attribué la fameuse Licence IV... faut-il pour autant, les week-ends, ordonner la fermeture de ces lieux conviviaux et joyeux peu après que le coq se soit couché ? Paradoxalement, je ne le pense pas. On ne veut pas que la ville s'endorme si tôt dans la nuit. Que l'on enseigne plutôt aux jeunes à respecter la vie et la quiétude d'autrui lorsqu'ils rentrent chez eux passablement éméchés. Ce serait bien plus appréciable pour tout le monde et, à long terme, pour eux-mêmes qui un jour, aspireront aussi à un peu de tranquillité. Peut-être que les clubs et les bars pourraient les inciter dans ce sens. De façon ludique, il s'entend.

C'est peut-être un manque de civilité qui a fait qu'un jeune automobiliste en fin d'après midi ce mardi, a accéléré sur moi (car sans doute pressé de rentrer chez lui) alors que je traversais le passage pour piétons près de l'hôpital, et envoyé voltiger dans les airs. Je vous rassure tout de suite, bien que ma tête ait frappé son capot et qu'un élément de sa calandre à gauche se soit cassé dans l'impact, je me suis relevé au milieu de l'avenue Georges Pompidou sans un bobo. Enfin presque, un mollet est encore un peu douloureux et deux doigts enflés m'inquiètent à présent. Je vais avoir du mal à me border dans un instant.Après mon accident le 2 février 2010
Une dizaine de minutes après l'accident : deux jeune policières (que l'on voit de l'autre côté de la route avec Floran G. le chauffard qui m'a renversé avec sa voiture grise métallisée) m'ont demandé si j'étais blessé. Encore sous l'effet de l'adrénaline, je répondis qu'en vérité je ne ressentais pas grand chose et que seuls deux de mes doigts me faisaient mal. Comme si elles ne m'avaient pas écouté, elles ont tout de suite dit qu'elles allaient enregistrer une main courante. Ne sachant pas alors de quoi il s'agissait, je me suis inquiété... diable, il ne me restait que trois doigts valides à cette main là et je ne l'imaginais pas capable de courir bien loin.

Fait notable : un des policiers ressemblait étonnamment à Vincent Cassel. Il m'a affirmé qu'on le lui disait souvent, et à Dr. House aussi. J'envie le succès que je le soupçonne d'avoir auprès des femmes, et il porte l'uniforme en plus... Sa ressemblance avec Cassel est une coïncidence, parce qu'avec trois chutes en un mois (une dans l'escalier et une autre sur la neige gelée), je me demande si je n'ai pas, tout comme Mesrine, acquis l'instinct de mort...
Heureux mercredi à toutes et à tous et méfiez-vous des automobilistes qui, en approchant les passages cloutés, tournent résolument la tête à l'opposé de là d'où vous venez et feignent de ne pas vous voir pour que vous, la piétonne ou le piéton soucieux de protéger vos os, vous arrêtiez au bord du trottoir et ne veniez pas gêner leur progression. C'est une dangereuse habitude qu'ont les conducteurs par ici et que j'ai observé dès mon arrivée d'Angleterre, un pays où les piétons sont autrement respectés.

Lire un autre de mes récits au sujet de l'incivilité des conducteurs à Périgueux ›

Allez comprendre ma bonne dame...
Jean-François Cros à PérigueuxCe soir, mardi 2 février à 23h50, la Police municipale est venue porter dans mon établissement copie des courriers de Monsieur le Maire ainsi que celui de Madame la Préfète qui met fin de manière unilatérale et totalement incompréhensible à la charte qui permettait aux établissements comme le mien de rester ouvert le week-end jusqu'à deux heures du matin.

Sans aucune concertation, sans aucun motif raisonnable, la représentante de l'État ajoute un peu plus à une situation économique difficile pour nos structures. C'est d'autant plus incompréhensible que parallèlement les boites de nuit ont la possibilité de rester ouvertes jusqu'à 7 heures du matin et que des sociétés vendant de l'alcool en dehors des périodes autorisées fleurissent au mépris de toutes règles et de tout contrôle. Enfin, en trois années de fonctionnement, jamais aucun incident n'a été constaté et que nous avons pleinement joué le jeu de la prévention et de l'animation de notre ville.

Continuons en ce sens et Périgueux deviendra le cimetière auquel certains aspirent, certes tranquille mais sans vie, sans économie et sans jeunesse.

J'en appelle à nos élus de tous bords afin que cette décision qui ne repose sur aucun fait concret et pragmatique soit réétudiée dans les plus brefs délais.
Jean-François Cros

La logique, c'est comme le whisky...

(N.d.l.r. billet parut sur le blog de J.F. le 3 février 2010)

Lord Dunsany écrivait fort justement que "prise en trop grande quantité, la logique, comme le whisky, perd de ses vertus bénéfiques..." Madame Béatrice Abollivier, Préfète de Dordogne, semble être tombée dans une marmite de logique à sa naissance...

Ne vient-elle pas sous le prétexte fallacieux de la révision complète des heures d'ouverture des bars en Dordogne, de suspendre la charte qui permettait depuis plus de deux ans aux établissements dits de nuit ou d'ambiance de Périgueux de rester ouverts, en hiver, jusqu'à deux heures du matin le week-end. C'était certes une exception dans le département mais une exception qui marchait et donnait entière satisfaction tant aux usagers qu'aux chefs d'entreprises. Aujourd'hui certains bars se voient ainsi amputé d'une bonne partie de ce qui est leur gagne pain. Pour quelle raison ? Allez savoir ma bonne dame !

Pourtant, dans un même temps, le Gouvernement a choisi de permettre aux boites de nuits de rester ouvertes jusqu'à 7 heures du matin. Périgueux serait-elle devenue une ville particulièrement malsaine où la sécurité et la tranquillité de ses habitants étaient à ce point menacées par de dangereux agitateurs nocturnes ? Nous n'avons jamais eu à déplorer d'incidents. Bien au contraire, c'était avant cette charte que les problèmes survenaient quand nous étions obligés de lâcher prématurément, à une heure du matin dans la rue, des centaines de consommateurs voulant encore s'amuser. De plus, les services de l'Etat ferment piteusement les yeux sur des sociétés qui se permettent de commercialiser en dehors de toutes règles et de toutes heures autorisées des bouteilles d'alcool, livrées à domicile. Enfin, les établissements touchés par cette décision arbitraire sont ceux qui ont le moins bénéficié de la baisse de la TVA car gros revendeurs d'alcool toujours taxée à 19.6%...

J'aurais pu comprendre qu'en cas de troubles publics importants, de nuisances insurmontables, l'Etat et sa représentante aient fait marche arrière mais là, où est la logique décisionnelle ? D'autant plus que les horaires d'été débutent le 30 avril, madame Abollivier aurait pu et dû attendre cette date pour tout remettre à plat et travailler dans la concertation et non dans la précipitation et l'absolutisme le plus abscons...
Jean-François Cros
Irish Corner Périgueux
www.irishcorner24.com
www.jfcros.com

Le MAAP de Périgueux présente de vieilles affiches
(N.d.l.r) Une affiche pour une exposition qui a commencé ce 22 janvier au Musée d'art et d'archéologie du Périgord. Le choix de l'affiche a été approuvé par une ou un responsable qui a beaucoup d'humour ou essaie de nous dire quelque chose. Je trouve qu'elle illustre assez bien l'avant-dernier paragraphe du texte ci-dessus

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Commentaire de Anonymous chantal , le 3 février 2010 06:21  

malheureusement, sur les grandes artères de notre ville, les automobilistes ne laissent pas traverser les piétons et nous passent devant en nous regardant dedaigneusement comme si nous étions des extraterrestres ou invisibles.
Pour ces jeunes éméchés à la sortie de leur soirée, cette loi de fermeture des débits de boisson a certainement été instaurée à cause d'une minorité qui en a trop fait.

Commentaire de Anonymous Hélène ROBERT , le 3 février 2010 08:56  

Donc plus de peur que de mal puisque je constate que tu peux toujours écrire! Tant mieux...

En ce qui concerne le mot de J-F CROS, je ne suis pas pour la fermeture des bars et autres lieux "d'activités ludiques" des jeunes, Périgueux a besoin des jeunes car l'avenir c'est eux, par contre entièrement d'accord avec toi en ce qui concerne l'incivisme.

J'habite rue Limogeanne, et comme nombre de riverains de cette rue et celles adjacentes, j'aimerais pouvoir dormir plus de 4 nuits par semaine.

Certains ripostent en balançant des pots d'eau, des légumes biens mûrs ou des oeufs, mais il arrivera peut-être un jour qu'un de ceux-là, excédé par le bruit et l'absence de sommeil, prenne une arme et fasse des victimes...ce jour-là, mais hélas trop tard, les autorités compétentes feront respecter, comme c'est leur devoir, l'arrêté préfectoral sanctionnant le tapage nocturne après 22h.

Nous avons une police municipale qui compte 20 agents et nous coûte 950 000 € par an pour ne pas dire un million.(source DL)

C'est énorme pour une petite ville de 30 000 habitants où il n'y a pas de délinquance diurne et qu'on ne me réponde surtout pas que c'est grâce à leur présence!

Plutôt que de les envoyer se balader en centre ville dans la journée, ne serait-il pas plus utile et efficace contre le bruit, les dégradations de commerces, les tags, les feux de poubelles, de les faire sillonner le centre ville à pied par groupes de deux les nuits de jeudi, vendredi et samedi et de verbaliser les contrevenants?

Malheureusement en France, la notion de civisme passe par le portefeuille, et je pense qu'après deux ou trois PV en sortant des bars en hurlant, en chantant à tue-tête, les jeunes en question apprendront à respecter le sommeil des autres.

Je reconnais aux jeunes le droit de s'amuser, mais qu'ils respectent mon droit de dormir.

Commentaire de Anonymous jean-pierre , le 3 février 2010 13:21  

Ouf, tu es entier, vivant et en bon état de marche !!

Nous sommes également très surpris de l'incivilité qui se généralise en France ! et pas seulement sur les passages pour pietons !

Nous venons d'un pays où des qu'un pieton pose le pied sur la chaussée ( même hors des passages pour pietons) les automobiliste s'arrêtent et offrent souvent un sourire et un signe de la main !

Commentaire de Blogger Pascal , le 3 février 2010 14:07  

Bien cher ami William, Je penche plus pour un attentat dont les origines sont inconnues mais les raisons toujours possibles. Quand on veut écraser le chien du voisin on prend toujours le même chemin... De plus, l'assassin revient toujours sur les lieux de son destin. Pôvre ami combien tout ceci afflige le Périgourdin moyen que je suis...

Quand à Monsieur CROS ce n'est pas nouveau et c'est tout simplement le boulot qui prévaut à ces "Edits" de prévôts pas rigolos ... Jeux de mots ? Non tout simplement ne soyons plus des vassaux ni des artichauds. Prenons au lasso les prompteurs démagos et assurons-nous passé minuit un diabolo sans intermezzo.

Commentaire de Blogger Jean-François Cros , le 3 février 2010 17:52  

La charte dont je parle a été instaurée en 2007 pour justement combattre les nuisances en permettant de mieux gérer les sorties d'établissement.
Nous ne sommes pas des entreprises philanthropiques et nous devons fonctionner de manière rationnelle et économique aussi nous ne "lâchions" nos clients qu'au dernier moment, déversant ainsi des centaines de consommateurs à une heure du matin alors que ceux ci souhaitaient encore s'amuser...
Ce que me touche tout particulièrement est l'absence de concertation avec nous, les professionnels qui vivons au contact direct de nos clients et souvent amis. C'est dommage et fort peu acceptable pour des chefs d'entreprises responsables que nous essayons d'être.

Commentaire de Anonymous verogovinique , le 4 février 2010 18:45  

C'est traumatisant comme expérience car ensuite tu imagines "ce qui aurait pu être" l'impacte qu'un accident corporel peut engendrer dans ta vie, hospitalisation, dépendance, mobilité réduite, bref le tas de choses fort désagréables inhérentes à un accident de la circulation véhicule contre piéton.
Je pousse un grand ouf de soulagement

« Développement internet en Dordogne 

La conspiration de la rôtissoire publié le lundi 1 février 2010

Le cancan du Coderc une chronique de Pascal Serre


En ce samedi 30 janvier, quand j’ai regardé au travers de ma fenêtre l’horizon qui confondait ciel et terre, un gris sans attrait je me suis dit que nous étions bel et bien en hiver. Mais, les démons de la tradition n’avaient point atteint ma détermination à faire mon pèlerinage mondain aux accents plébéiens sur les places de marchés et plus particulièrement sur celle du Coderc.

Comme toujours, c’est l’impréparation qui prévaut ; la surprise des rencontres restant la principale règle ; les commérages et autres caquetages s’avérant la sève de ces impromptus qui n’ont rien d’impropres ou de discourtois ; notre attachement à nos sujets et objets de curiosité se réduisant à cet agora délimité par l’amitié née des lieux et du temps.

Les cinq mousquetaires sans épée


Point de conspiration en amont. Officiellement. L’aval n’étant qu’en devenir. Officieusement. L’aventure débute toujours au coin ou à la croisée de rues comme celle du Coderc et des Chaînes. C’est ici que la rôtissoire de Christian Dupuy, en cette saison constitue un attrait supplémentaire pour badiner et jouer au badaud. Il y a la bonne odeur des poulets que le maître des lieux arrose entre deux poignées de mains. Et il y fait chaud.

C’est aussi que l'on se trouve chez l’adjoint au maire de Périgueux chargé du commerce. La blouse rouge endossée il sait faire le tour des popotes, prend avis et ne s’oppose jamais. Il connaît trop son petit monde pour savoir qu’ici on rivalise tant autour d’un bon plat que sur le sexe des anges et que gauche et droite préfèrent la « vieille fine » aux grotesques invectives.

Il est dix heures. Un bout de soleil perce au dessus de la halle et voici Christian — l’autre, l’ancien de la « Préfectorale » — toujours fidèle avec son journal sous le bras et son chapeau bien vissé qui nous rejoint. Salutations chaleureuses et les échanges s’engagent entre deux « Christian » : « Je vais saluer ton père qui pèle toujours les pommes de terre, tu n’as pas honte ! » Faut dire que les deux hommes ont tant de souvenirs en commun.

Revenant sur le trottoir, près de la fameuse rôtissoire, c’est Alain et Bernard, ce dernier ayant été employé de ce que l’on appelle « La Ville » retraité depuis une douzaine d’années, qui nous rejoignent. Bernard est du quartier du canal. Jean-Paul arrive dans la foulée nous disant qu’il a eu René au téléphone, qu’il est fatigué et ne viendra pas.

Nous voici prêts. Cinq mousquetaires sans épée autour de cette rôtissoire à comploter notre petit bonheur du samedi matin. Une vraie conspiration.

Le « Petit Chef » de la Libération à nos jours


« Bien, dis-je, que faisons-nous ? On prend un café ou des huîtres ? Et si on allait au « Petit Chef », Florence est sympathique ? » Accord sur toute la ligne. Nous y sommes en quinze pas maximum. Le petit groupe a décidé la formule « huîtres ». Pendant que Christian, Alain et Bernard vont prendre place à l’intérieur, je vais quérir les divins ostréidés chez Jeanine et Jean-Paul une baguette de campagne chez Pichard.

Pour les non-initiés à la vie locale, «Le « Petit Chef » est une vénérable institution. On la trouve rue du Coderc. Petite artère qui fait face à la halle et relie la rue des Chaîne à la place de la mairie.

La commande passée je rejoins le petit groupe. Déjà, Christian nous livre quelque secrets sur le lieu : « C’était en 1945, raconte-t-il, une certaine madame Faye qui avait ouvert l'endroit en le baptisant « Le restaurant des Halles ». J’ai connu. C’était le point de ralliement des régatiers, bouchers et de quelques maquignons qui donnaient du pittoresque au lieu. Les repas ne s’achevaient jamais sans quelques eaux de vie renouvelées autant de fois qu’il y avait de convives… Mais, ce sont surtout Marcel Jolivet et son épouse l'ayant racheté en 1955 qui ont lancé véritablement une excellente et réputée table. Ils ont arrêté en 1978 et Marcel nous a quitté en décembre 1997… »

Aujourd’hui, c’est Florence Chaminade qui a pris la suite de Marie-Christine Mignot laquelle l’avait acquise à un certain Pierre Charlier qui tint dix ans. « En attendant les huîtres, coupe Alain, on commande une bouteille de muscadet ? » Tous les bras se lèvent en signe d’approbation.

Voici que la porte s'ouvre avec énergie. C’est Yves Beaugier, le célèbre boucher bio dont la « côte de bœuf » est qualifiée de « don du ciel » qui entre avec cinq ou six locataires de la Halle : « Et il y a même la presse ! » On se salue sans qualificatif si ce n’est de respirer le temps qui s’écoule. « Savez-vous qu’il neige dehors ? » interpelle Michel Audebert un autre boucher qui connaît tout aussi bien son affaire.
Bernard qui est le plus proche de la porte se lève et s’écrit : « Ah oui et pas qu’un peu ! » Alain assure « vous le savez bien, à Périgueux ça ne dure jamais très longtemps. » Rien n’entame notre appétit de « cancanages ».

Béatrice et Bernard entre valse et tango


Première salve : les relations entre le Président du Conseil général et Madame le Préfet. Christian prend la parole : « Moi, je suis entré sous Maxime Roux (1) et j’ai achevé sous Jacques Gasnier (2). J’ai connu 14 préfets. C’est la première femme que nous avons. Je dois vous dire que les relations entre la préfecture et le Conseil général n’ont jamais été faciles, surtout depuis 1958.
Yves Guéna lors de l'inauguration de l'esplanade Badinter en 2009
Yves Guéna lors de l'inauguration de l'esplanade Robert Badinter en 2009
Jean Taulelle (3) fut un grand préfet, très proche d’Yves Guéna (4) et les relations avec Robert Lacoste (5) n’étaient pas toujours tendres. Quand il y a eu la décentralisation en 1982, le préfet était Raymond Jaffrezou (6) et le président du Conseil général le tout jeune Bernard Bioulac (7). Ce fut extrêmement tendu et difficile pour nous cette répartition des pouvoirs.
Alors quand je vois cette jeune femme — pour moi elle est très jeune — qui s’exprime avec autant de détermination il est naturel que ceux qui se sentent mis en cause réagissent. »


Jean-Paul, notre ancien artisan du quartier Saint Martin : « Oui, mais c’est bien vrai que nos impôts sont dépensés n’importe comment ; que les élus font ce qu’ils veulent et servent leurs copains en premier. On le sait tous. » Les bouchers qui finissent leur café et ont entendu se retournent : « Ah c’est sûr. Si on faisait comme eux il y a longtemps qu’on aurait mis la clef sous la porte. »

Sentant que la discussion va s’élargir, je fais le service du « muscadet » et fait l’annonce traditionnelle « allez, mangez vos huîtres ! » permettant d’apaiser les esprits. « Ça vous va une petite douzaine de fines de claires chacun ? » je lance tout en essayant de me retrouver dans mes notes.

Mais Christian reprend : « J’en ai vu durant ma carrière. Je ne peux pas tout dire, ça servirait à rien. Que ce soit d’un côté ou de l’autre les pratiques étaient les mêmes. C’est bien pour ça que ce duel entre la préfète, je ne me rappelle pas le nom (8) et Bernard Cazeau (9) c’est bien. Les deux me paraissent intelligents. Vous le savez bien que ce qui nous plaît ici ce sont les duels quand ils s’achèvent autour d’une bonne table ! On est au pays de Montaigne et de La Mazille (10) que diable. »

Avalant son huître de travers, Jean-Paul rajoute en suffoquant : « Et après ils dansent quoi ? Une valse ou un tango ? » Et toute la tablée d’éclater de rire.

Jacques Merly, l’homme du Rallye du Périgord


Alain qui a déjà avalé huîtres et muscadet nous rappelle la disparition de Jacques Merly : « Presque personne en a parlé. Ancien maire-adjoint de Périgueux du temps de Guéna, Président de l’Office de Tourisme et grand photographe devant l’éternel il fut le créateur du Rallye du Périgord qui marqua les années soixante et soixante-dix. Médecin accoucheur il paraît qu’il a donné naissance à 1 900 bébés. » Bernard qui travailla à la mairie s’en rappelle : « Je ne savais pas qu’il était décédé. Il a bien aidé Guéna dès 1971. Combien de fois on a travaillé pour l’organisation du Rallye en juin de chaque année. Il y avait plus de mille personnes qui s’inscrivaient. C’était une belle époque. On savait s’amuser. On ne parlait plus de lui depuis des années… » Quelques secondes de silence, le temps d’avaler un verre ou de manger une huître en se disant qu’on est bien peu de chose.

On ne croit plus personne


« Pour parler d’autre chose, continue Bernard, j’ai lu dans le journal les problèmes des commerçants de Périgueux. La Redoute, Pier Import qui ferment. Marbot qui se fait des cheveux blancs, des boutiques à vendre il y en a dans presque chaque grande rue. Je ne veux pas faire de politique mais c’est inquiétant. »

Pier Import à Périgueux qui ferme définitivement ses portesEt Alain qui a connu la vie commerçante de Périgueux de confirmer : « oui, il y a un malaise. Je rajoute aussi le projet qui a fait des gorges chaudes cette semaine à la sortie de Périgueux en allant sur Bergerac, au Pont-du-Cerf, 35 000 m2 de surfaces commerciales ! Les élus disent que c’est une fausse information mais comment les croire. C’est l’opposant à la mairie de Périgueux, Jean-Paul Mingasson qui a sorti ça. C’est un gars qui est haut fonctionnaire il va pas dire n’importe quoi aussi. Quoique… à qui faire confiance ? »
Bernard : « Je vais vous dire, j’ai lu et relu les journaux, j’ai rien compris sauf que, pour reprendre Anne Roumanoff, je crois que l’on ne nous dit pas tout. »

« Moi, interrompt Jean-paul, j’ai lu que c’était un pétard mouillé. Mais bon que voulez-vous que l’on dise quand on voit ce qui se passe. On croit plus rien et plus personne. Je sais pas si j’irai voter aux prochaines élections, d’ailleurs c’est quoi comme élection ? » Et Christian interloqué : « Enfin, Paulo, tu me déçois ce sont les élections régionales et elles sont les 14 et 21 mars. Tu dois voter, quand même. »

Je regarde l’heure. Il est déjà midi. Je me retourne, il ne neige plus et c’est juste mouillé. Les premiers clients entrent d’ailleurs pour rappeler que l’horloge tourne même place du Coderc. On demande l’addition. Je rapporte le plateau avec les coquilles vides à Jeanine. On se retrouve devant la rôtissoire de Christian, toujours présent avec ses clientes. « Alors, les gars vous avez refait le monde ? » nous dit-il avec son sourire charmeur et sincère. Périgourdin quoi !

Et nous de répondre : « Oh que non car autrement on aurait plus rien à se dire, à cancaner ! »
Auteur : Pascal SERRE

(1) Maxime Roux est né en 1906, mort en 1976. Inspecteur d'académie en Dordogne révoqué par l'État de Vichy il est nommé préfet du maquis en juin 1944. Il s’installe à la préfecture le 20 août 1944 jusqu’en avril 1946. Ensuite, Il assurera différents postes de préfet puis dans des ministères jusqu’à sa retraite en1971.
(2) Jacques Gasnier est né en 1933 et décédé en 1989. Il sera préfet de la Dordogne de 1984 à 1987 avant de devenir trésorier payeur général de la Haute-Loire
(3) Jean Taulelle (1914-1999). Formation de droit interrompue par la guerre (39-45) a occupé de nombreux postes dans l’administration préfectorale avant d’être installé en janvier 1962 préfet de la Dordogne qu’il quittera en décembre 1967. Retraité en 1977 il devient conseiller d'état et candidat gaulliste sur Bergerac en 1981.
(4) Yves Guén né en 1922, plusieurs fois ministre, membre du Conseil constitutionnel (1997-2004) dont il fut président (1999-2004) ; maire de Périgueux (1971-1998), député (1962- 1981) puis (1986-1988) ; conseiller général de Périgueux de 1970 à 1989.
(5) Robert Lacoste (1898-1989) ancien président du Conseil général
(6) Raymond Jaffrezou, né en 1928, préfet de la Dordogne (1980-1983). Retraité en 1990 il rejoint la Cour des comptes.
(7) Bernard Bioulac, né en 1941, professeur agrégé de médecine à Bordeaux I, président du Conseil général (1982-1992) ; député de la Dordogne (1988-1993).
(8) Béatrice Abollivier née en 1954 promotion « René Char » de l’ENA, nommée préfète de la Dordogne en novembre 2008
(9) Bernard Cazeau né en 1939, médecin à Ribérac (1968-1994) ; maire de Ribérac (1971- 1998) ; conseiller général depuis 1976 ; président du Conseil général depuis 1994 ; sénateur de la Dordogne depuis 1998.
(10) La Mazille, pseudonyme d’Andrée Maze qui publia en 1929 « La bonne cuisine du Périgord ». Ouvrage célèbre.


Pascal SERRE
Rédacteur en chef :
  • JOURNAL DU PERIGORD
  • DIRELOT
  • DORDOGNE PERFORMANCES
Membre :
  • Institut Montaigne (Paris)
  • Fondation Terra Nova (Paris)
  • Fondation de la France Libre (Paris)

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Commentaire de Anonymous Chantal , le 1 février 2010 18:24  

Merci Mr Serre pour ces gentils potins.
J'aime prendre plaisir à vous lire.

Commentaire de Anonymous J.C. Bonnal , le 4 février 2010 17:20  

Tout disparaît à Périgueux et cela depuis des années... il y en à marre! J.C. Bonnal

(N.d.l.r. en référence à la fermeture de Pier Import je suppose.

J.C. Bonnal est un amoureux du Périgord et de son histoire.
Voir son blog ici : http://mondomicile.centerblog.net/)

Commentaire de Blogger Brigitte , le 6 février 2010 10:21  

Merci pour ces mots .... quelques soit le sujet , ils sont ordonnés comme des partitions musicales ......et j'adore la bonne musique....
Toute ma sympathie vous est acquise , comme celle de William d'ailleurs .....

Brigitte

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