Depuis cet été, j'avais envie d'assister à une séance de «
l'Opéra s'invite au cinéma ». Il s'agit là, d'opéras mis en scène au
Metropolitan de New York et retransmis en direct et en haute définition dans plusieurs cinémas de par le monde, dont le Cap Cinéma à Périgueux.
M, une amie à l'oreille musicale et moi y sommes allés un samedi soir voir
Turandot, un opéra en trois actes que
Giacomo Puccini n'a pas eu le temps d'achever (d'autres heureusement ont su intelligemment mettre une clé finale à son œuvre).

La fin du dernier acte de Turandot au Metropolitan de New York. Marcello Giordani dans le rôle de Calàf et Maria Guleghina dans celui de la princesse Turandot - Photo de l'écran
Comme nous assistions à un spectacle filmé en direct, le premier entracte de 30 minutes était aussi en direct ; puis le second... Heureusement le temps passait vite, car nous pouvions après nous être dégourdi les jambes, suivre les interviews dans les coulisses du Metropolitan que menait une femme plantureuse avec son micro. Deux jeunes gens, des étudiants sans doute, avaient installé une longue table dans le lobby du cinéma, où ils vendaient pour sept euros, un verre de champagne accompagné de cinq ou six minuscules encas. Je suis d'avis qu'un mousseux tel qu'une Blanquette de Limoux, plus abordable qu'un médiocre champagne et tout aussi agréable au palais, est à envisager pour les prochains spectacles. Nous venons voir un opéra, mais nous ne sommes que dans un cinéma, aussi n'y a-t-il aucune raison que les consommations coûtent autant qu'à l'
Opéra national de Paris. Surtout lorsqu'on a déjà déboursé 20€ pour le privilège de s'asseoir devant le grand écran.

Car ici dans la capitale de la Dordogne, le fauteuil est à peine moins cher qu'une place au poulailler d'un véritable théâtre, moins cher aussi, il faut le dire, qu'au
Cézanne d'Aix en Provence (27€), mais moins bon marché qu'au
Gaumont Wilson de Toulouse (18€). Je ne suis pas certain que ces prix, assez modestes en définitive, puissent vraiment aider à démocratiser l'opéra. Mais ce n'est peut-être pas le but recherché par les organisateurs New Yorkais qui ont sans doute d'autres priorités.
À l'intérieur d'un cinéma, les émotions ne sont évidemment pas celles, si fortes, que l'on ressent dans l'enceinte d'un grand théâtre avec ses lustres étincelants, ses dorures, ses tentures de velours pourpre et surtout ce bruit de toux et les quelques notes de violon ou de tuba qui s'échappent de la fosse avant l'ouverture ; mais le grand écran, un cadrage élaboré et une image nette, ne nous laissent pas indifférents. Je n'ai pas mentionné le son, c'est vrai. Celui-ci, était acceptable, mais manquait un peu de dynamique et les silences laissaient percevoir un léger grésillement. La raison ? Une mauvaise transmission, un réglage imprécis du système par l'ingénieur du son ou l'équipement qui n'est simplement pas à la hauteur... ce n'était tout de même pas suffisant pour gâcher la soirée et je dois dire que cette première expérience m'a laissé de plaisants souvenirs et me donne bien envie de la tenter une prochaine fois
Pour clore la sortie nous sommes allés boire un Irish coffee au
Irish Corner, tout à côté. Jeunesse et bonne ambiance étaient comme toujours au rendez-vous. Cependant la conversation tranquille à laquelle nous aspirions après deux heures de drame opératique fut compromise par le DJ qui se trouvait derrière nous.
Quant au Irish coffee, nous trouvions qu'il lui manquait l'authenticité de celui que nous avions pris l'habitude, certains soirs au printemps dernier, d'aller déguster au
Star Inn. Pourtant, il avait été fait avec plus de panache, le barman ayant pris soin de séparer dans le verre, le whisky du café et le café de la crème. Mais il était trop sucré et la petite contenance du verre empêchait qu'il y eut assez de café pour équilibrer la présence généreuse d'alcool.
Je crois que dorénavant, je réserverai mes visites au Irish Corner pour les soirs où se produiront certains groupes ou artistes, souvent excellents, tel que
Ronnie Caryl que j'ai malheureusement manqué pour la seconde fois. Les propriétaires du Star Inn qui était fermé ce jour là, sont revenus de vacances le 17 novembre.
Suivez ce lien pour en savoir plus sur cette initiative et prendre connaissance du programme 2009-2010
Et finalement pour ceux qui apprécient l'opéra, voici, extrait de Turandot,
Nessun Dorma (Que personne ne dorme) par les trois ténors :
Carreras,
Domingo et le très regretté
Luciano Pavarotti.
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