La virée du ministre publié le lundi 8 février 2010
Le cancan du Coderc une chronique de Pascal Serre
C'était annoncé en toutes lettres dans la presse locale : Xavier Darcos sera à Périgueux ce samedi matin. Lever de rideau sur une campagne électorale (1) qui s’annonce comme un « choc » entre l’ancien maire de bonne ville… Xavier Darcos et son vainqueur Michel Moyrand.

Si le temps se voulait incertain, la visite était assurée. Le spectacle pouvait débuter.
A l’heure dite nous nous retrouvions, Christian, René, Jean-Paul et Alain. Bernard ne pouvant se joindre à notre équipée. Honnêtement nous étions tout émoustillés par cet événement à consonance purement locale mais aux délices gaillards.

Malgré le monde qui se bouscule dans sa maison, Marie nous sert les « expresso » tant attendus. Nous les avalons presque d’une traite, comme des gamins qui se languissent du Père Noël. Le marché est à son zénith. Les affaires semblent reprendre. Christian qui a invité ses petits enfants à déjeuner dimanche nous propose — après le passage du Ministre — de faire les emplettes avec lui. Histoire de prendre le pouls de ses « fournisseurs ». Mais, attention, ici la politique est discrète, sans signature. Il faut décoder plus un signe de la tête, un regard, que les propos échangés. Tout est dans le non-dit.
Il devait être presque dix heures trente quand il y eu un frémissement du côté de la mairie, vers la Halle. Ni une, ni deux, nous voici debout. De vrais gamins vous dis-je. Au milieu des commerçants nous devinons, de dos, Xavier Darcos. Il est pas seul, loin s’en faut. Son épouse Laure est là, tout sourire. Philippe Cornet, le leader de l’opposition investi au soir de la défaite pour reconquérir le fief municipal n’a de cesse de serrer des mains. Le cortège est au complet : les conseillers municipaux hier encore dépités du départ de leur gourou jouent la « Vieille Garde » le soir d’Austerlitz.

Arrêt devant le bar « La Truffe ». L’ancien maire n’a rien perdu de sa séduction il salut tout le monde et se rappelle du patron, Pascal Mesmin. Regrattiers et producteurs ne refusent pas la poignée de main tendue.
Et Christian de se retourner : René est dubitatif mais respectueux, il se retrouve à serrer la main du « Ministre » :
rétorque Alain un inconditionnel qui a bien connu le père de Xavier Darcos quand il était adjoint de Guéna,
Tout le monde s’embrasse, se congratule, se rassure. Le cortège passe au milieu du marché et suspends un instant les regards interrogatifs, admiratifs ou, pour quelques uns plus distants.
L’horloge de la bourse du « Coderc » est suspendue. On fait du coude à coude, on se pousse pour voir ou dire un mot à « Xavier ».
Une note de blues parfois fait jour bien vite étranglée par « Les grognards » qui sont tout rayonnant de cet accueil.
On se croirait presque au Col de Laffrey, le 6 mars 1814, quand le Maréchal Ney devait arrêter l’Empereur Napoléon de retour en France. C'est là que se déroula à la « Prairie de la Rencontre », ainsi nommée par Stendhal, la fameuse scène immortalisée par le peintre allemand Steuben : Napoléon ouvrant sa redingote s'avance devant les soldats royalistes et leur crie : Les soldats se rallient.
Un couple dont le visage nous est connu se murmure :
Et tout ce beau monde s’engouffre dans la rue Limogeanne direction l’Hôtel de la Préfecture où, selon Christian, il va remettre la médaille du mérite à une de ses anciennes adjointes, Marie-Christine Sanjuan : Et René de compléter :
Comme prévu Christian fait ses emplettes. Nous le suivons. Le voici avec Christian Laparre dont la famille est présente sur la place depuis un demi siècle. Les moustaches avenantes on l’entend de loin vanter ses produits. Tout en accomplissant la commande de Christian il s’épanche peu :
Nous allons sous la halle, chez Pascal et Dominique Florenty. dit Christian,
Pour le couple de charcutiers
Nous quittons la halle et Christian nous amène chez un vieux briscard du marché, Roland Canler.
Arrivé Christian tate son copain :
répond Roland,
Enfin, c’est l’achat du pain : dit Bernard en tête de notre équipée et se frayant un chemin au milieu du marché Christian l’a vu dans la presse :
On ne parle plus de nos impatiences du matin à l’idée de « voir Darcos » comme des enfants qui ont déjà ouvert le cadeau de Noël et reviennent vers leur vieille malle où sommeillent les vieux jouets usés.
Christian : Et tous de reprendre :
Le temps s’est couvert, la « virée du Ministre » est presque plus qu’un souvenir. Le quotidien a repris ses marques. Tout près, la famille Dupuy, accoudée à la « rôtissoire » glane quelques échos car, bien évidemment, le Ministre n’est pas passé les saluer (3)… Jeanine vend ses huîtres et nous la saluons de notre petite table d’où la pluie va nous chasser.
Presque désemparé nous nous séparons. Chacun un peu sur sa faim. Nous nous accordons sur un point :
Avant de quitter mes amis et leur donner rendez-vous samedi prochain je leur confie :
Auteur : Pascal SERRE
(1) Elections des Conseillers régionaux les 14 et 21 mars prochains.
(2) Pour connaître les personnages voir les précédentes chroniques
(3) Christian Dupuy est Maire-adjoint de Michel Moyrand, Socialiste
Pascal SERRE
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Libellés : Le-cancan-du-Coderc, Pascal-Serre, Politique-Dordogne, Xavier Darcos Perigueux

En cours d'après-midi, je suis allé marcher le long de la Voie Bleue où, à hauteur d'un club de canoë, des artistes de rue tentaient avec leurs aérosols d'égayer un pan de mur grisâtre. Selon l'ouverture d'esprit, l'endroit ou le type de graphisme, on aime, on supporte ou on réprouve.








Ce soir, mardi 2 février à 23h50, la Police municipale est venue porter dans mon établissement copie des courriers de Monsieur le Maire ainsi que celui de Madame la Préfète qui met fin de manière unilatérale et totalement incompréhensible à la charte qui permettait aux établissements comme le mien de rester ouvert le week-end jusqu'à deux heures du matin.
Et Alain qui a connu la vie commerçante de Périgueux de confirmer : 




