Le retour des Valoisiens jeudi 12 juillet 2012

Les législatives 2012 Un compte-rendu politique impartial, rédigé par le journaliste Pascal Serre

Avec 3,31 % aux dernières législatives dans la circonscription de Nontron, Jean-Michel Faure et Georges Chatenoud sous les couleurs du Parti radical valoisien prennent rang dans la recomposition de la droite de Dordogne.

Même si le Parti radical valoisien est le plus ancien parti politique de France il reste, en Dordogne, inexistant et n'apparaît que dans quelques joutes électorales avec des personnalités marginales aux contours vaporeux.

Héritier du grand Parti radical créé en 1901, le Parti radical valoisien est un des nombreux avatars des IVème et Vème République, né de la scission intervenue en 1971 d’avec les radicaux de gauche. Il s’est associé à l’UDF puis à l’UMP qu’il a quitté l’an passé.

Au centre droit de l’échiquier politique il a créé la même année l’Alliance républicaine, écologiste et sociale. La personnalité marquante de ce mouvement est Jean-Louis Borloo et il a accueilli Rama Yade mais aussi André Rossinot, maire de Nancy.

Sur les terres périgordines le Parti radical valoisien a le plus grand mal à exister. Entre les deux mastodontes que sont le Parti socialiste et l’UMP, la formation centriste

L’élection tronquée de Nathalie Delattre


Jean-Michel Faure et Nathalie Delattre autour de Jean-Louis Borloo © Droits réservés
C’est lors des élections législatives de 2002 que le Parti radical connaît presque son heure de gloire avec sa candidate, Nathalie Delattre, laquelle avec 47,78 % de suffrages exprimés soumet le cacique socialiste Michel Dasseux à quelques angoisses.

Périgordine, ancienne collaboratrice d’André Rossinot, un temps militante du RPR, soutenue par Alain Juppé elle avait du se heurter à quelques arrangements malheureux.

Yves Guéna n’a jamais oublié la trahison de son suppléant, Claude Guichard issu de l’UDF lequel avait refusé de lui redonner son mandat de député à l’issu d’un remaniement ministériel qui écartait le gaulliste. Depuis, les relations entre les gaullistes et les centristes n’ont jamais été détendues. Les affaires de famille ont toujours guidé la vie politique locale. Le RPR puis l’UMP ont veillé à ce que le Parti radical valoisien reste un harki.

La pétillante et ambitieuse Nathalie Delattre devait tant pour raison personnelle que politique s’exiler en Gironde. Elle y deviendra maire adjointe de Bordeaux, conseillère générale d’Aquitaine, vice-présidente du Parti radical valoisien et présidente de la fédération Aquitaine. Si l’appareil UMP pouvait souffler, les Radicaux valoisien de Dordogne perdaient leur chef de file la plus prometteuse.

La fenêtre de tir

Les dernières élections législatives, en Dordogne, allaient donner au parti du « Petit Père Combes » une occasion de trouver une fenêtre de tir pour réapparaître.

Sans arme ni bagage, deux personnages allaient se lancer dans la bataille pour la troisième circonscription – celle de Nontron.

Jean-Michel Faure et Georges Chatenoud devant l'abbaye Saint-Pierre de Brantôme © Droits réservés
Jean-Michel Faure, enfant d’Augignac installé depuis 1994 comme conseiller en entreprise et courtier en assurances reprenait la flammèche, ou le flambeau accompagné de Georges Chatenoud, chef d’entreprise à Thiviers. Deux personnages qui savaient que leur candidature ne serait pas couronnée d’une victoire face à la députée sortante Colette Langlade. Il s’agissait avant tout de marquer un territoire et préparer les rendez-vous futurs.

Préparer les rendez-vous futurs

Jean-Michel Faure s’appuie sur sa famille très implantée et un grand-père, conseiller municipal de Miallet pendant 30 ans. Depuis 2008, il est président de la Communauté de communes du Périgord vert. Il a ferraillé aux élections cantonales de 2002 où il devait s’incliner devant le candidat socialiste Georges Colas.

En 2010 il figurait sur la liste UMP des élections régionales sous le label Parti radical valoisien. Une place de figuration. Il restera sur le bord du chemin. Mais quand on affiche 36 printemps on a encore le temps devant soi.

Georges Chatenoud n’est pas un premier de la classe. Durant 19 ans il a été conseiller municipal de la capitale thibérienne et assume un mandat de délégué au Syndicat mixte de collecte et de traitement des ordures ménagères. Il fut aussi un vice-président de l’office de tourisme actif.

Technicien de profession il est membre de la Chambre départementale des géomètres experts. Il a 64 ans.

Une campagne en forme d’avertissement

Durant cette campagne on a qualifié les deux hommes d’affables et les rumeurs d'affairisme qui entouraient Jean-Michel Faure ramenaient à cette phrase de Ringuet :

« Sur la terre, on se comprend sans presque jamais se parler ; tandis que dans les villes, on se parle sans presque jamais se comprendre ».

Une certaine vacuité caractérisait les quelques réunions suivies par une assistance clairsemée. L’inauguration de la permanence un peu boudée voyait un ancien député, Bernard Mazouaud, radical dans l’âme s’affranchir de ses pairs. La discrétion semblait de mise.

Les deux prétendants au siège de député devaient, dans ce contexte, mener une campagne qui n’arrivait pas à passer la seconde vitesse d’un équipage le plus souvent solitaire. Sans militants, sans moyens, ils se fixaient une présence dans toutes les manifestations. Si les deux hommes étaient bien accueillis il ne fallait pas pour autant y voir un assentiment à leurs candidatures perturbatrices.

Le passage éclair de Didier Bariani, ancien secrétaire d’État des Affaires étrangères de Jacques Chirac ayant soutenu François Bayrou en 2007, donnait quelque lustre à une campagne au résultat trop connu.

Le soir du premier tour Jean-Michel Faure et Georges Chatenoud devaient enregistrer un score qui n’était pas sans appel : 3,31 % des suffrages exprimés.

Première leçon : ils avaient assuré la victoire au premier tour de Colette Langlade en retirant à la candidate UMP, Marie-Claude Abbes un second tour.

Deuxième leçon : l’absence de lisibilité du Parti radical valoisien dans cette circonscription consacre avant tout un vote personnel sur les deux challengers.

Troisième leçon : il faudrait désormais compter avec ce résultat qui, même fort modeste peut faire la différence prochainement.

C’était là, de toute évidence, une façon de signifier à la classe politique dominante qu’elle doit dompter son arrogance et compter avec les métayers de la vie politique.

Désormais, de l’inexistence, Jean-Michel Faure et Georges Chatenoud sont passés à l’existence.

Faiseurs de rois

Faut-il encore que les deux compagnons ne considèrent pas cette élection comme un simple coup de tonnerre, si faible soit-il.

Les déboires et divisions de l’UMP dans le département consacrés cette semaine lors d’une réunion en forme de règlements de comptes vont peser lourds.

La droite a besoin de toutes les volontés pour se reconstruire. Le centre droit lui sera nécessaire pour affronter les prochains scrutins. Comme au bon vieux temps de la IIIème République, les petits partis charnières seront les faiseurs de rois.

Jean-Michel Faure et Georges Chatenoud sauront-ils trouver dans leur essai les raisons pour en faire une transformation réussie ?

Auteur : Pascal SERRE


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Commentaire de Anonymous Anonyme , le 12 juillet 2012 à 11:05  

Bonjour, votre blog est-il devenu un rond-point de la politique???? et le périgord, son quotidien, culture, tourisme, etc!!!!

Commentaire de Blogger Périblog , le 12 juillet 2012 à 18:47  

C'est vrai que la culture et le tourisme, faute de temps, n'ont pas eu la place qu'ils méritent sur Périblog cette année. Merci de me le rappeler... Mais il est aussi vrai que le blog est devenu un rond-point de la politique régionale, et si cela n'enthousiasme pas l'essentiel du nombre des lecteurs, je crois savoir que les analyses de Pascal sont lues et attendues avec anticipation par beaucoup d'entre-eux - WL

Commentaire de Anonymous Jean-Pierre , le 13 juillet 2012 à 08:05  

Je suis depuis peu les analyses trés pertinentes et bien documentées de pascal serre. Le rond point dont parle l'anonyme est une consécration car le rond-point est un lieu de rendez-vous où chacun choisi sa route sans qu'elle lui soit imposée.Il faut que périblog poursuive ce travail utile à l'heure où les autres médias se contentent de relater des faits sans les analyser.

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 15 juillet 2012 à 23:48  

Devons-nous concentré nos efforts sur la vie politique de notre région ? ou la rendre plus attrayante, plus vivante plus ... + périgourdine tout simplement ! Donnons la puissance à ce qui fais de notre ville le coeur de nos vies, la jeunesse, l'animation, voilà ce qui nous manque ... La politique ne régit pas tout, vivons, profitons de la vie, tant qu'elle nous est donnée

 

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