Un havre de paix si près de la tumulte lundi 13 février 2012

Parce que les prévisions météorologiques nous font croire à une relative douceur, je suis allé tantôt avec mes Timberland fouler la poudreuse avant qu'elle ne fonde.

Il existe non loin du centre ville, au bord de l'Isle, une maison qu'on nomme la Maladrerie. On peut y accéder de plusieurs manières, mais celle que le piéton que voici privilégie lorsqu'il descend par le pont Saint-Georges, longe en aval la rive gauche de la rivière. Juste après le circuit balisé pour canoë-kayak, on passe sous le pont Sud, et suit le cours d'eau jusqu'à ce qu'on ne puisse aller plus loin. Juste avant ce cul-de-sac on trouve une brèche dans la longue haie qui ouvre sur le parking d'un ensemble d'immeubles. Après l'avoir traversée, on tourne à droite du parking et on arrive, au bout d'une centaine de mètres, à une jonction. C'est à droite qu'a été érigée au XIIè siècle cette maison désormais privée à l'architecture singulière. La Maladrerie servait aux temps jadis de lieu d'accueil pour les malades, les pèlerins et les sans-abris. Ce n'était donc pas une léproserie comme le pensent souvent nos contemporains.


La Maladrerie à périgueux (ou à Coulounieix-Chamiers selon la page de la ville sur Wikipédia). Elle fut aussi connue sous le nom de « La maison des anglais ». Début du XXè siècle

Je crois que Coulounieix-Chamiers revendique ce petit joyau architectural aux cheminées coniques. Périgueux aussi... Alors fait-elle partie du fief de Jean-Pierre Roussarie ou bien de celui de Michel Moyrand ? Je fais appel aux cartographes et aux érudits(1) des alentours pour nous le dire. Nous avons ce même dilemme dans ma région d'origine où le Mont Saint-Michel est revendiqué aussi bien par les Bretons que par les Normands. P'tèt' ben q'oui, p'tèt' ben q'non, c'est tout ce que je trouve à dire quand on me demande mon opinion. En tout cas le camembert est bien de chez nous, foi de Normand.

Mais reprenons notre balade. J'ai entrepris de suivre l'avenue Pierre Mendès France qui passe devant la maison et qui mène, après bien des sinuosités, au bourg de Coulounieix. Les premiers deux cent mètres de bitume qui longent la colline et passent devant quelques grottes où se passent parfois, m'a-t-on dit, des infamies, sont baignés d'un air très frais ; même l'été.


L'avenue Pierre Mendès France. Cette avenue passe au pied d'une colline perpétuellement froide et ombragée. De plusieurs kilomètres de long, elle s'étend de la Maladrerie qu'on voit au loin jusqu'au bourg de Coulounieix-Chamiers

Arrivé à hauteur du bac qui permet la traversée de la rivière en été, on remonte par la gauche et on se trouve soudainement dans la campagne. Les oiseaux gazouillent, un cheval sur la colline galope comme un jeune poulain, un couple et leur chien marchent nonchalamment au milieu de l'avenue sans risquer de se faire renverser. Ce n'est pas d'une beauté renversante, mais c'est un petit havre de paix, à deux pas seulement du centre ville, où je vais quelques fois me ré-oxygéner.

J'ai poursuivi ma route jusqu'aux bois et pris ces quelques clichés pour mon ami JJ à Tahiti, correcteur de ce blog. Je sais que les sous-bois de notre région et surtout la neige doivent diablement lui manquer.

1. Concernant l'histoire de la Maladrerie, j'ai reçu cette réponse de Pascal Serre :

« Grosso modo j’ai fait plusieurs articles sur cette Maladrerie. Ce fut l’hôpital Charroux du nom de son premier commandeur avant 1247 (la construction date vraisemblablement autour de 1210) ; il appartint à partir de 1665 aux sœurs de Sainte-Marthe. C’est à la révolution qu’il a été acheté par un privé et restauré en 1907 par Louis Didon. Il est sur la commune de Coulounieix-Chamiers. Mais sa longue histoire suit l’histoire de France en restant très locale. »


L'avenue Pierre Mendès France après le bac. Un havre de paix à deux pas de Périgueux ou règne la tumulte

Le sous-bois pour mon ami JJ

Quelqu'un serait-il capable de me dire ce qu'est cette chose rouge sang ressemblant étonnamment à des œufs de caviar ?

Quelle charmante idée que celle d’enterrer dans les sous-bois, l'animal avec lequel on s'est payé plein de jolies balades

Au retour j'ai souffert pour ces pauvres canards qui trempent stoïquement des heures durant leur popotin dans l'eau glacée. On se souviendra de cette épisode de neige qui aura duré si longtemps, créé de nombreux problèmes de transport et de ravitaillement mais qui aura aussi joliment paré de blanc nos paysages ruraux.
Auteur : William LESOURD



Et pour celles et ceux qui n'ont pas accès à mon profil Facebook, voici les photos que j'ai postées sur mon mur samedi 6 février après qu'il a neigé. Toutes les photos, sur cette page sauf la carte postale bien entendu, ont été capturées avec mon téléphone portable. Un iPhone 3Gs. Je précise le modèle, car l'appareil photo sur les dernières versions de l'iPhone est bien meilleur que le mien. Elle ont été photoshopées bien entendu pour en améliorer le rendu.


L'avenue Dausmenil

L'avenue Daumesnil vers le pont des Barris. La statue de Michel de Montaigne (Michel Eyquem de Montaigne) sur l'esplanade Tourny. De l'âge de 23 ans à celui de 37 ans, Montaigne siège comme magistrat d’abord à la Cour des aides de Périgueux puis, après sa suppression en 1557, au Parlement de Bordeaux. Source Wikipédia

La cathédrale Saint-Front vue du pont des Barris

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Commentaire de Anonymous Michel favard , le 13 février 2012 à 20:04  

Tes photos sont vraiment très belles. J'ai souvent fait la ballade que tu décris lorsque j'étais enfant avec ma grand-mère ou mes parents, et plus tard aussi.
Cette route qui part de la Maladrerie et qui monte jusqu'au bourg de Coulounieix m'a toujours fascinée par sa diversité botanique : les plantes des bois et des sous-bois, comme les fougères, les jacinthes, les anémones sylvie, les gesses des bois et les violettes aux couleurs extrêmement diverses.
Plus haut, si on continue tout droit par le chemin forestier, on aboutit au Camp de César -où Julius Caius Caesar n'est jamais venu, bien que ce fût l'emplacement d'un castra romain comme l'on montré les fouilles archéologiques - lorsqu'on tourne à gauche en laissant le bac de Campniac, on trouve sur la droite, en montant des coteaux calcaires, où on peut voir en avril ou mai des espèces d'orchidées très diverses comme les orchis brûlés, les orchis pyramidaux, les oprhys mouche ou abeille. Pour l'automne, je n'ai jamais cherché, mais je suis à peu près certain qu'il doit y avoir des spiranthes d'automne.
Finalement, c'est le côté botanique du paysage qui m'attire le plus dans ce paysage qui est toujours une découverte chaque fois que j’y passe.

Commentaire de Blogger Périblog , le 13 février 2012 à 21:09  

Merci Michel.
Tu es un vrai botaniste.
Cela donne encore plus envie d'y retourner quand le printemps sera là, car sous le manteau blanc je n'ai même pas vu de perce-neige

Commentaire de Blogger Périblog , le 13 février 2012 à 23:47  

Jean-Pierre Roussarie, maire de Coulounieix-Chamiers m'a confirmé sur Facebook que la Maladrerie faisait bien partie de sa commune. Merci Jean-Pierre

Commentaire de Blogger Périblog , le 13 février 2012 à 23:58  

Michel Favard qui vous l'avez vu est un botaniste amateur confirmé m'a communiqué le lien de la Société Botanique du Périgord

Au fait, ce site aurait bien besoin d'un makeover... Contactez moi si vous voulez que je m'en charge, W

Commentaire de Anonymous Catherine de Paris , le 15 février 2012 à 12:23  

Quel chemin enchanteur que celui de la Maladrerie pour l'avoir arpenté souvent aux premières douceurs printanières petite fille avec ma grand-mère et aussi aux heures les plus chaudes de l'été où l'ombre et la fraîcheur salvatrices de ses épaisses frondaisons seuls pouvaient apaiser les ardeurs de l'astre solaire.
Mais c'est un plaisir inédit de le découvrir sous son grand manteau blanc. Merci William.
Catherine de Paris

Commentaire de Anonymous Philippe Le Petit , le 15 février 2012 à 16:42  

Bonjour,
Merci pour cette balade enneigée, et à l'hommage pour cette "Maladrerie". Je suis né dans le quartier du même nom à Caen(14).
Pour la chose rouge dont la texture vous fait penser à du caviar,il semblerait que ce soit un champignon... il en existe de très peu ragoutant comme ceux-là, visqueux, mais d'un très rouge ! La photo ne permet pas de bien voir... Ce n'est peut-être que du sang frais qui a gelé en tombant au sol... Philippe

Commentaire de Blogger Périblog , le 15 février 2012 à 16:53  

@ Catherine : bravo, c'est du Rimbaud !
@ Philippe : le truc rouge amarante, ce sont bien des petits œufs en tous points semblables à des œufs de lump. J'en ai trouvé à trois reprises sur le sentier. Quelqu'un d'autre avez déjà butté dedans, W

 

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