Hollande à Périgueux - Le petit théâtre de la vie mardi 31 mai 2011

Le cancan du Coderc est une chronique hebdomadaire dont le sujet est la place du Coderc à Périgueux et ses people, rédigée par le journaliste Pascal Serre :

Ultime fin de semaine de ce mois de mai si brûlant. Entre les agitations nocturnes qui frappent la ville et la venue d’un candidat à la présidence de la République, notre assemblée populaire associe la sérénité au sérieux.

Phébus de notre quinconce aux clabauderies géographiques masquées, la disposition de ce dernier samedi de mai, le Coderc, par la fraîcheur matinale expirant, délivre son manuel des bavardages fortifiant.

C’est chez Pascal Mesmin, au bar de La truffe que nous avons convenu de nous rejoindre. Il est encore de bonne heure et le firmament incertain. La clientèle est presque essentiellement composée des producteurs, marchands et négociants qui se sont emparés de notre terrain de manœuvre et lorgnent sur les premiers clients apparaissant aux issues de la place. Ce sont, pour la plupart, les restaurateurs qui savent que le bon goût prescrit de se lever tôt. Mais très vite, les habitués se faufilent entre les chalands, cabas à la main et la notabilité bien assise.

Nous voici installés le long de la vitrine du troquet, face aux chalands, à tribord de notre embarcation, un peu serrés autour d’une table circulaire sur laquelle, avec hâte, le serveur consignera nos cafés aux arômes toniques. Hier soir, chacun semblait épuisé par la chaleur et soupirait à l’idée de nos retrouvailles matinales. Mais, la flamme allumée par la venue de François Hollande imposait que le Coderc engendre quelques échanges non exempts d’affrontements.

Des chuchotements nous parviennent : notre bonne cité aurait connu une nouvelle nuit agitée, alcool, drogue, une jeunesse fugueuse et désorientée ici, violence dans une boite de nuit par ailleurs, enfin deux élèves gardiens de la paix frappés. Ces annonces parcourent l’estaminet et se propagent d’étal en étal. Signes de temps troubles qui soulèvent un souffle amplifié de réprobation, de consternation. Et puis, voici Périgueux proche de l’état de siège et des controverses habituelles.

La bande des quatre — René, Jean-Paul, Christian et Bernard — soupire, un zeste désabusé. Tout ceci contrarie notre prise de contact et le silence accompagne notre première lampée de café encore fumant. L’humeur se fait plus sombre et l’exaltation habituelle subit la tempérance des hommes raisonnables.
Grande messe avec des milliers de fidèles qui attendent le miracle et la béatification 26/05/2011 © Pascal Serre

Qui est allé voir Hollande ?

@ Pascal SerreChristian, le plus ancien, se risque à aborder la venue de François Hollande, l’avant-veille à La Filature de l'Isle : « Qui est allé au meeting ? »
René et Bernard opinent de la tête tout en répondant qu’ils s’y sont rendus. « Moi aussi » dis-je. Jean-Paul désavoue ces grandes messes qui n’ont pour but que de séduire.
- La politique ? C’est le commerce des urnes !
Incontinent, notre petite assemblée se dresse et multiplie les commérages. Ouf ! Voici mes compères revenus à leur état ordinaire.
- Moyrand a réussi un bon coup ! assène Bernard qui s’avoue socialiste mais en proie, avec le temps, à la modération.
- J’ai retrouvé l’ambiance que j’ai connue dans le passé lors des grands meetings qui se tenaient autrefois à la Salle du Toulon.
René part dans la nostalgie de la vieille SFIO des années passées et raconte combien en ces temps reculés le militantisme était une affaire sérieuse. Il reprend.
- J’ai connu les réunions politiques du Casino de Paris. C’était autre chose car elles étaient contradictoires et l’adversaire venait vaillamment, accompagné de quelques sbires porter la contestation. Il y avait de la houle dans l’air ! Jeudi soir c’était une salle comble toute acquise à son leader. Une sorte de spectacle politique où on repart avec les mêmes certitudes qu’à l’arrivée.
François Hollande et Michel Moyrand une relation née dans les combats face à Xavier Darcos en 2001 et 2008 26/05/2011 © Pascal Serre
François Hollande. Un bain de foule volontaire qui s’inspire à la fois de Jacques Chirac et François Mitterrand 26/05/2011 © Pascal Serre

L’invitation au Coderc

Christian, l’esprit fripon regrette que le candidat socialiste n’ait pu venir priser l’air du Coderc.
- Je le trouve plutôt honnête même si je n’ai pas toujours trouvé le personnage marrant. Il paraît qu’il a dit qu’il reviendrait à Périgueux même s'il est président ! Nous l’attendons de pied ferme, ici même, sur le Coderc. Vous imaginez un président de la République dans notre assemblée ?!

À ce moment passe Jean-Jacques Dallemand que nous admettons comme maire de notre commune libre du Coderc. Celui-ci, nous saluant, accepte de ceindre à cette occasion sa future écharpe tricolore encore chez la couturière.
- Pourvu que ce soit durant la saison des huîtres, il les partagera avec nous ! lance Jean-Paul.
Bernard encore sous le charme de « son candidat » entame son peccavi et relance la discussion avec une certaine constance.
- D’accord, j’ai voté Mitterrand et même… Moyrand. Il faut bien choisir. Moi, je suis fidèle à mes idées et je vote pour celui qui est le plus proche de celles-ci. Comme toujours, on est soumis à des désillusions. Ce n’est pas pour autant que je change mon fusil d’épaule.

Pendant que chacun échange ses impressions je me remémore cette soirée, délaissant mes notes, mon esprit s’égare sur mes impressions de cette soirée. La grande famille socialiste est apparue le temps d’une soirée réconciliée, portée par un élan généreux comme la gauche sait les entretenir. Le grand ordonnateur de cette cérémonie, Michel Moyrand, s’est efforcé de s’affranchir des déceptions et malentendus d’une vie politique désordonnée et désorientée d'un peuple que les médias entretiennent dans les soupentes d’une démocratie malmenée. À ses côtés, Bernard Cazeau, zélateur de Dominique Strauss-Kahn semblait réservé et en retrait. Quoi de plus normal ! Quand à la salle, effectivement toute acquise — ou presque — elle n’avait de cesse d’applaudir non aux idées mais aux piques du candidat Hollande. En ce domaine, le prétendant à la magistrature suprême de notre pays se fit modéré. Je retrouvais en cette posture quelques tonalités mitterrandiennes choisies.

- Eh ! tu es où ?
Bernard vient de me rappeler à l’ordre sous le regard amusé de ses camarades. Je replonge dans leurs débats pour comprendre que les règles de la vie politique ne sont vraisemblablement pas les mêmes que celles de l’honorable roture que nous sommes.

Les tasses de café sont vides. La place est désormais triomphalement acclamée par ses pèlerins du samedi. Un brouhaha fiévreux et soutenu a envahi notre tablée nous réduisant au silence. Nous voici revenu à une réalité qui accorde les ardeurs et nous éloigne des turpitudes électorales.

Christian trouve la bonne formule, du moins nous y souscrivons de concert :
- Ne brûlons pas nos esprits sur ce qui nous échappe et gardons fidèle notre assemblée.

Le rideau est descendu. Chacun regagne sa coulisse, lieu discret situé derrière son petit théâtre. Pourtant, le spectacle continu. Nous voici redevenu spectateur. C’est bien là notre meilleure place.
Auteur : Pascal SERRE

Les vidéos

Vidéos sur France 3 Aquitaine → et une autre ci-dessous publiée par BFMTV.com


François Hollande en campagne à Périgueux le 26 mai 2011 pour la présidentielle de 2012. Il a rencontré les électeurs, Michel Moyrand maire de la ville et d'autres élus socialistes de la région 26/05/2011 © BFMTV.COM

Pascal Serre, journaliste périgourdin, est membre de :
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Commentaire de Anonymous Bonnal , le 1 juin 2011 11:07  

Faire des promesses c'est bien! Mais la spécialité des socialistes c'est de vider les caisses! On en a marre des hommes politiques! Tous les mêmes....

Commentaire de Anonymous Marcel , le 1 juin 2011 15:58  

...sident ! Bonnal Président ! Bonnal Président ! Bonnal Présid...

Commentaire de Anonymous Philippe , le 1 juin 2011 19:59  

C'est bien vrai cher Bonnal... Tous pourris... Votre sens de l'analyse et de la concision quant il s'agit d'analyser la vie politique française est sans appel, franche et mesurée. N'oublions pas que les autres spécialités des socialistes sont : contaminer le sang, protéger d'anciens collabos, réduire le temps de travail, abolir la peine de mort, donner des droits à ces salauds de prolos, être à l'origine du réchauffement climatique et en ce moment, être les responsables du printemps le plus sec depuis 1900. Méchants socialistes... :-)

Commentaire de Anonymous Philippe , le 1 juin 2011 20:02  

Cher Pascal Serre,

Vous revoici à converser sur notre pauvre commerce local. Tiens au fait, cela fait maintenant quelques temps que le Super U a ouvert à Notre Dame de Sanilhac. Mais si, souvenez-vous, le Super U, vous savez, ce supermarché qui d'après un de vos précédents billets devait entraîner la mort des commerces de St Georges... Et bien, vous allez rire, mais ces commerces sont toujours là et pire, d'autres ouvrent.... Ahh ces commerçants, que ne vous écoutent-ils pas ces suicidaires en puissance....

Commentaire de Anonymous Christine , le 2 juin 2011 16:09  

oui c'est du théatre de basse-cour où l'on convie le peuple médusé à une grande messe laïque un peu comme Louis XIV conviait à Versailles pour mieux tenir ses ouailles. Rien n'a changé ! Monarchie ou République tout ceci n'est q'une façon à certains de diriger les autres.

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 4 juin 2011 01:21  

Belle chronique d'une désillusion annoncée. Allons-nous vivre un remake de 1981 ? Evidemment, la gauche a toujours fini par se coucher devant l'argent et le pouvoir. Corrompue dans ses idées et ses actes, la gauche trahi ses électeurs et les abandonne aux extrêmes. Et pourtant on va faire comme si on y croyait hein monsieur Hollande ?

« DSK… Vous avez dit DSK ? » mercredi 25 mai 2011

Le cancan du Coderc est une chronique hebdomadaire dont le sujet est la place du Coderc à Périgueux et ses people, rédigée par le journaliste Pascal Serre :

« Après Sainte-Angèle, le jardinier ne craint plus le gel. » Un dicton qui ne rime pas avec l’actualité du moment. L’ombre de « DSK » plane sur le « Coderc » tout autant que les dernières mesures en faveur de la sécurité routière. Plus que jamais, notre résidence hebdomadaire se compose de mille et un colportages qui entretiennent potins et ragotins.

Ce samedi qui nous rapproche de l’été s’est paré des couleurs et des éclats d’une saison qui s’annonce sèche sur les terres et abondante dans le chahut de l’actualité. La veille, à l’heure de l’apéro, ma tournée téléphonique s’était soldée par un parterre de réservations sans défaillance.
Dès neuf heures, mes quatre compères sont déjà attablés au Coderc alors que l’assignation familière était pour « Fée maison », chez Marie.
- On a préféré être là.
Christian a décidé fermement du lieu et ses trois affidés ont suivis.
Les cafés se tannent sous le soleil qui, déjà, annonce une journée cuisante. Il est vrai que j’ai pris quelque retard en bavardant avec Olivier Magdelaine qui a repris depuis plus d’une année « Le Petit Chef  ». Un arrêt propice pour prendre la température de nos restaurateurs qui attendent la saison avec la impatience. Olivier semblait satisfait même si il craint un peu la désaffection des touristes.
- Périgueux ? C’est un arrêt-pipi pour les touristes. Ils ne restent pas. Mais ceci a toujours été ainsi.
Olivier Magdelaine, le maître de la “Coquille Saint-Jacques”
Quand la musique adoucie les mœurs... Les Freed Worms

L'espace des Freed Worms sur Youtube
21/05/2011 © Pascal Serre | Vidéo © The Freed Worms

Arrivée en salle de rédaction, Alain me fait remarquer mon atermoiement tout en commandant mon petit noir.
Près de nous, un duo de musiciens inconnus et dont je n’aurai pas le temps de prendre connaissance perturbe affettuoso l’agitation qui émarge le groupe des localiers tarifés seulement par la félicité d’être ensemble.
J’entre dans la conversation cherchant à m’installer confortablement avec mon carnet de notes. La conversation est toute irritée par l’affaire DSK.
- Tout ceci est bien malheureux pour la France. Et je vais vous dire que si c’était chez nous on aurait bien vite étouffé cette affaire.
Christian, en habitué de la vie politique est sans partage, choqué et pourtant averti de la chose. Les trois dodelinent de la tête, grommellent, tentent de prendre la parole. Rien n’y fait.
- Tout au long de ma carrière j’ai connu des extravagances que presque tout le monde connaissait sans se répandre. Je ne citerai pas de nom. La plupart sont morts. « DSK » n’est pas le premier. Mais, je reconnais que toutes ces petites coucheries locales n’atteignaient que les vertus corsetées de l’époque et que le consentement mutuel était de mise.
Les vieux briscards de la vie périgourdine savent trop les bourdonnements escamotés sur la place publique pour contester. Comme souvent, l’omerta s’impose. Chut ! Si la presse se tait c’est que le citoyen se fait complice.
Bernard glisse son potin  :
- Un de mes anciens collègues m’a dit qu’un conseiller général récemment élu dont l’emploi au conseil général était incompatible avec son mandat venait d’être promu à la ville de Périgueux. Tant mieux pour lui mais quand même avec sa paie d’élu a-t-il besoin de prendre la place d’un autre ?...
Christian coupe court :
- Mon pauvre ça a toujours existé et ce n’est pas prêt de changer. Il n’y a rien de mal. Mais c’est vrai, ces petits arrangements m’interrogent sur le citoyen contribuable que je suis. Il y aurait du ménage à faire et personne ne le fera, le système est solide. Il n’a pas pris la place d’un autre, on a tout simplement créé un poste. C’est ainsi et tu n'y peux rien.
Je tente d’orienter les conciliabules sur l’agression qu’a subie une jeune fille dans le parking Francheville.
- C’est horrible et nous serons tous d’accord. La justice doit passer. C’est un cas rarissime à Périgueux qui ne doit pas être pris à la légère. J’ajouterai que la responsabilité des parents est entière. Même si on ne peut pas tout surveiller de sa progéniture on doit inculquer des valeurs. Ce n’est plus le cas. Faut pas tout mettre sur le dos de la société !
René a tranché et aucun avis ne transpire. Un vague soupir accompagne son propos. Christian conclut :
- Elle avait quinze ans… Une jeunesse foutue. Des parents qui doivent culpabiliser… Que peux-t-on rajouter ?
Alain reprend :
- Ces parkings, à part celui de l'esplanade Badinter, sont propices à de telles agressions. Franchement, j’y ai peur, je ne me sens pas en sécurité. Celui de Montaigne est un vrai coupe-gorge et de plus pas très bien entretenu…
Jean-Paul se hasarde :
- Et pourtant, on ne peut pas dire que la police fait rien. Elle ne peut pas être partout sinon on dirait que la ville est « fliquée »…
René qui habite Saint-Georges prend le relais :
- La presse a fait état des nuisances causées par des jeunes sur la place Faidherbe. C’est vrai que ça peut gêner. Plus que les actes, ce sont les attitudes des jeunes qui dérangent. Là encore, les parents n’ont pas fait leur travail. Ces incivilités sont sans gravité mais traduisent bien la mentalité de notre époque. Là encore, la police ne peut que réprimer alors qu’il faudrait avant tout éduquer pour mieux vivre ensemble. Qu’ont donné les assises de la tranquillité ?
Le parking Montaigne date de 1983 et ne s’affiche pas champêtre 21/05/2011 © Pascal Serre
Bernard profite d’une pause très limitée pour vanter le projet présenté par Michel Moyrand concernant le parking Mauvard.
Projet d’aménagement du « Bas Saint-Front » © DR
- Beaucoup pour le maire ! On économise quinze millions d’euros et, enfin, on règle le problème de cette verrue que les autres municipalités ont laissé lamentablement en jachère.
- Oui, mais les places de stationnement seront payantes ! Et, je connais beaucoup de gens qui utilisent ce parking qui auront une raison de plus de ne pas venir en centre ville.

Bernard, notre séculaire commerçant, a décidément toujours le sens du commerce.
Jean-Paul confirme que, lui-même, à cette heure précise a garé sa voiture là et que si c’est payant il me faudra le dédommager dit-il en me tapant sur l’épaule avec le sourire. René, de son côté nous avoue avoir vu le projet et le trouve fort joli :
La police municipale a reçu des consignes très strictes. Elle les applique sans état d’âme
14/05/2011 © Pascal Serre
- Vous voyez bien, après toutes les critiques qu’il a essuyées, Moyrand a su, sans se trahir, prendre en compte ce dossier qui était un véritable casse-tête.
Le stationnement reste un sujet intarissable et ne connaît pas la sécheresse. Bernard monte en ligne.
- La police municipale traque mieux les mauvais payeurs de stationnement que le reste… Moyrand a donné des consignes très strictes. Elle fait son boulot.
Je sens la dérive et tente de glisser le festival « Art et eau » qui approche à grand pas.
- Bof ! Vous sentez-vous concernés ?
Alain se fait dubitatif, contemplatif. Christian, avec son humour décapant :
- Pas de chance que de faire un festival sur l’eau en période de sécheresse…
Rires généreux et presque licencieux.
Le temps passe inexorablement. Il est neuf heures trente passée. La seconde tournée de café est expédiée sans délai. Quelques poignées de main précèdent notre séparation.
Michel Coconnier prend le pouls des ouailles du Coderc 21/05/2011 © Pascal Serre
Le marché est à son comble. C’est une cacophonie gaillarde qui couvre les parasols bigarrés. Tout près, un visage connu : Michel Coconnier, vice-président du tribunal de grande instance de Périgueux qui est pris sous les feux des régatiers de la place. Grand débat sur les mesures prises par le gouvernement pour améliorer la sécurité routière. Le magistrat semble distrait, ne sachant comment combiner sa charge et la bonhommie naturelle qu’il réserve à ce Coderc qui fourmille de tous les accents de la vox populi.
Jean-Paul toujours prêt à décocher une flèche :
- C’est bien ces mesures mais n’est-ce pas aussi une façon de faire rentrer de l’argent des caisses de l’Etat. S'il y a une manifestation à Périgueux j’y serai ! Y’en a marre de payer !
Vent debout, mes quatre mousquetaires conviennent de concert d’être présent quelque soit le temps, même si c’est un samedi à l’heure de leur cancan. Nous nous quittons sur cette sentence inspirée du vieux dicton du jour : « Après saint-Angèle, mes quatre jardiniers ne craignent pas le gel ».
Auteur : Pascal SERRE

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Commentaire de Anonymous Gilbert , le 26 mai 2011 12:30  

Bien vu et bien dit. Moyrand est toujours critiqué mais il avance et surprend dans le bon sens. Mais il y a encore beaucoup à faire et pas seulement des cancans messieurs

Les Compagnons de la chanson : Entre mythe et évidences vendredi 20 mai 2011

Lecture pour tous

La rubrique que voici est nommée « Lecture pour tous » en hommage à Pierre Desgraupes (originaire de Mensignac en Dordogne) qui créa, en 1953, sous ce nom la première émission de télévision dédiée à la lecture.

Ils étaient neuf garçons, marchands de bonheur qui, à la sortie de la guerre entreprennent d’accompagner nos « Trente glorieuses », avec un style qui décline la chanson traditionnelle française avec une conception contemporaine. Cette modernité musicale et chansonnière amènera « Les Compagnons de la chanson » au sommet de la gloire. L’aventure durera sous diverses fortunes près d’un demi siècle d’histoire de France. Ils illustrent les plus belles heures du music-hall qu'Édith Piaf a largement encouragé.

Un destin difficilement mesurable aujourd’hui de par un silence médiatique que les auteurs de cette biographie très fouillée, documentée et illustrée rompent avec affection sans écarter Hubert Lancelot, biographe officiel.

Ce travail de mémoire est dû à la rencontre de deux hommes : Jean-Louis Petriac, éditeur à Périgueux et Christian Fouinat qui a suivi « Les Compagnons de la chanson » depuis 1956. C’est à l’issue d’un échange lors du Festival de la chanson vivante d’Annecy à l’automne 2008 qu’ils se lancent dans ce qu’ils veulent présenter comme un hommage. Tous deux, amis et admirateurs des « Compagnons de la chanson » avaient déjà commis un premier ouvrage moins complet l'année d'avant et, c’est ainsi, qu’ils se retrouvaient dans la cité savoyarde à méditer sur le mythe abandonné de ce groupe d’exception.

Couverture du livre de Christian Fouinac et Louis Petriac : Les Compagnons de la chanson : Entre mythe et évidences
Guy Bourguignon dans le sketch « Les perruques »

Il faut souligner que l’un des « Compagnons » - dont il reste quatre survivants - Guy Bourguignon, avait de solides attaches en Dordogne. A Périgueux, Marguerite Ferrel-Moulinier, tenait un commerce de porcelaine rue des Chaînes. Son arrière-grand-mère appelée affectueusement Maman Atou fut la première maître d’armes de France. Guy Bourguignon possédait une maison à Coulaures aujourd’hui habitée par son fils, Jean-Michel. La disparition de Guy Bourguigon en décembre 1969 marqua durablement le groupe.

« Il faut dire, soulignent les auteurs du livre qu’on repérait aisément Guy Bourguignon, avec sa voix basse, sa haute stature et sa silhouette un peu voûtée, sa dentition proéminente aussi, qui lui avait valu maints surnoms. » Après la disparition de leur bienfaitrice, Édith Piaf, six ans plus tôt, « Les Compagnons de la chanson » accusaient le coup dans la douleur. C’était un pilier, un phare qui ne fut jamais remplacé.

Il y a désormais vingt ans que « Les Compagnons de la chanson » ont fait leurs adieux. Si la génération de l’immédiate après-guerre garde une nostalgie de ce groupe mythique on peut s’étonner que les médias actuels n’accordent que peu de place au patrimoine de création dû au groupe mais encore à l’incarnation d’une époque exceptionnelle à bien des égards.

Christian Fouinat et Jean-Louis Petriac offrent, par leur ouvrage, une occasion inédite et frappante de découvrir, au travers de témoignages et anecdotes, l’histoire non seulement des « Compagnons de la chanson » mais aussi de toute une période qui fut, rappelons-le, celle des « Trente glorieuses ». À l’image des « Compagnons de la chanson ».
Auteur : Pascal SERRE


Les compagnons de la Chanson : Entre mythe et évidences

Christian Fouinat et Louis Petriac.
351 pages. Édition Decal’Age productions. 26 €

Pensée de la semaine

« Un livre qu’on quitte sans en avoir extrait quelque chose est un livre qu’on a pas lu. »
Antoine Albalat (1856-1935) Écrivain et spécialiste de littérature française.


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Commentaire de Anonymous  Didier dit pirate , le 27 mai 2011 18:05  

Sympa cet article sur les Compagnons de la Chanson dans Périblog, il pourrait figurer dans http://chansonsetpiments.com
 
 Nous répétons d'arrache -pied notre spectacle du 11 Juin, j'espère qu'à votre été 2010 (nos hivers sont vos étés) nous pourrons nous produire en Périgord.
 
 J'ai trouvé Jurgen et Restoin superbes sur les photos, par contre il semblerait que le Pousse et le Fresnault sont moins brillants. Embrasses les tous.
 
 On devrait créer une ambassade du Coderc à La Réunion.
 
 Alé na r'trouv
 
 Didier dit pirate

Commentaire de Blogger Périblog , le 25 juillet 2011 00:22  

Merci, je les embrasserais bien pour vous, mais ils piquent...

Ce commentaire fait aussi référence à cet article :
http://www.periblog.fr/2011/05/portraits-dun-printemps-eternet.html

C'est bien "eternet", petite erreur de frappe en enregistrant l'article. W

La controverse de Montaigne lundi 16 mai 2011

Le cancan du Coderc est une chronique hebdomadaire sur la place du Coderc et ses personalités à Périgueux, rédigée par le journaliste Pascal Serre :

En ce samedi de mai le soleil s’est offert une pause. Le temps est gris, presque décoloré. Mais les factionnaires de l’information ont respecté leur rendez-vous hebdomadaire. Notre salle de rédaction ? Le bar du Coderc. Chez feu le curé Rince-goulot. Les journalistes aux tempes grisonnantes épèlent leurs sujets du jour et font un arrêt sur la « controverse de Montaigne » ou l’épineuse question de l’avenir du commerce de centre ville.

La convocation adressée la veille par téléphone donnait le bar du Coderc comme Salle de rédaction. Sur mes cinq informateurs zélés, véritables James Bond de la locale, quatre m’avaient assuré de leur présence. Jean-Paul toujours fier de s’afficher de l’ancienne commune de Saint-Martin n’a pas pu se joindre à nous car il avait entrepris de nettoyer son petit jardin : 

« Ma femme me l’a demandé » confiait-il avec une pointe de regret qui rappelle le petit garçon à qui les parents ont supprimé la sortie du samedi.

Neuf heures. C’est René qui arrive avec sa casquette qu’il dépose sur la table où je suis déjà installé. Aussitôt, sortant de la rue qui fait angle de la halle et de la rue des Chaînes se dessine un petit groupe composé d'Alain, Christian, Bernard qui semblent avoir déjà bien engagé les échanges au vu des grands gestes habituels qui signalent ici un agora itinérant. On se salue, on se congratule, on cherche un siège, on pose les premières emplettes en veillant que rien ne gêne. Ils sont enfin assis. Ce seront des cafés bien serrés qui accompagneront nos propos de comptoir

Le feuilleton de la place Montaigne couleur sépia

«  Avez-vous suivi le feuilleton de la place Montaigne ? » lance Alain notre commerçant retraité mais qui n’a rien perdu de sa verve. «  Oh que oui ! » répondent en chœur les trois associés présents : Bernard, Christian et René. Et Alain de relancer : «  Je suis désespéré de voir disparaître les commerces que j’ai connu. Oh, ça ne date pas d’aujourd’hui. Je me rappelle les réunions attristées de la Chambre de commerce du temps de Jean Gaillard1. C’était à la fin des années soixante-dix. On s’est battu contre des moulins à vent… Guéna faisait de belles déclarations mais, en fait, c’était à nous de réagir et, avec le recul du temps je le dis : nous avons été mauvais ! »

Paul Mora, créateur du Grand Café de Paris
Henry Deluc, Vice-Président de la CCI de Périgueux en 1950

Christian du haut de ses quatre-vingt-six printemps assène :

« J’ai connu nos boulevards avec une joyeuse dizaine de bars et brasseries. Il y avait sur Périgueux des grands noms du commerce qui s’impliquaient dans la vie locale. J’ai bien connu Christian Rouleau2 ou encore Henry Deluc3, Henri Mailhes4 l’assureur, Brizon qui avait un commerce de cycles5Jean Mora qui tenait le Casino de Paris6 ou même René Benoit-Gonin7, Jean Lagarde8 qui vendait de l’essence. Il était ouvert tous les jours et fêtes de 7h à minuit, justement place Montaigne, au cœur de la ville ! On a plus ça aujourd’hui ! »

Bernard qui était agent municipal dans les années soixante :

« Personne ne se souvient de Christian Rouleau qui avait son dépôt de bois à l’emplacement du centre de la communication. C’était un sacré personnage, dans les bons coups ! Et le bar des cinémas, rue Gambetta9 où on allait déguster les soupes aux fromages, les escargots et les huîtres fort tard le soir sans avoir l’impression de déranger. Ça a bien changé non ? » René, venu de son Toulon acquiesce : « On ne parle plus que d’insécurité et les rideaux sont tirés dès 19 heures. Je ne veux pas faire de politique mais, je n’ai jamais caché mes idées et je vous dis que tout ce qui arrive ce n’est pas la faute au maire… Vous voyez ce que je veux dire ? »

« Je ne peux pas ouvrir les rideaux des commerçants à leur place »

J’écoute ces nostalgies bien vivantes et, peut-être, pas si éloignées de la réponse à la « sinistrose commerciale » qui s’est emparée de la génération actuelle. Je me remémore ce qu'Yves Guéna m’avait lâché en 1977 :

« Vous savez, moi je peux entretenir les rues, veiller à ce que la ville soit agréable mais je ne peux pas ouvrir les rideaux des commerçants à leur place ! » Cruel mais évident. Je poursuis ma prise de note qui a du mal à suivre les échauffourées amicales qui pourraient apparaître comme cafardeuses si ce n’était l’étonnante vigueur de mes hôtes. Ils sont non seulement la vox populi mais aussi la mémoire sur laquelle tous les enseignements devraient s’appuyer.

Alain, toujours ouvert au monde coupe tout le monde :

« Avouons quand même que nous faisons vieux combattants et que les temps ont changé ? » Silence accompagné d’un élan général vers la tasse de café qui a cessé de fumer, épuisée d’attendre que l’on daigne lui donner la première place.

« Moi, j’ai toujours entendu les commerçants se plaindre »

René saisit le moment pour se lancer :

« Moi, j’ai toujours entendu les commerçants se plaindre. Si Moyrand fait rien on lui tomberas dessus ; s'il fait quelque chose ce sera pareil. C’est bien connu ! Et puis les commerçants sont à droite et Moyrand à gauche… » Alain s’insurge : « Comment peux-tu généraliser de la sorte ? Je ne suis pas d’accord. C’est trop facile. Je parle avec les commerçants, je les connais. C’est archi-faux. Quand on a un commerce tu sais la politique on la regarde de loin et on reste l’œil sur le tiroir-caisse. De gauche ou de droite. » Bernard renchérit : « Désolé mais je suis assez d’accord avec René. » Alain hausse le temps et décharge sa mauvaise humeur : « Là, les gars si c’est ainsi je m’en vais ».

Si Jeannette m’était contée…


Jeannette DEFIGEAS : « Une galerie sur la place Montaigne ? Mais ils ont vu tous les commerces qui ferment ? Faut pas avoir fait Saint-Cyr pour comprendre que ça va mal... »
14/05/2011 © Pascal Serre

Il me faut force de diplomatie pour que le ton baisse et les esprits s’adoucissent :

« On a même pas parlé de projet de galerie marchande. Qu’en pensez-vous ? » A ce moment précis passe Jeannette Défigeas dont l’âge n’a en rien affaibli l’ardeur et la mémoire : « Eh les gars ! Je prend un café avec vous. » Et notre Jeannette de s’installer : « Vous semblez bien agités les copains. Qu’est-ce qui vous arrive ? » Et moi de répondre : « On parle du projet de galerie marchande sur la place Montaigne ».

Jeannette :

« La place Montaigne, pour moi, c’est l’assassinat sauvage des jeunes résistants que les allemands ont laissé agoniser toute la nuit10. Je l'ai entendus gémir jusqu’à la fin, toute la nuit. J’habitais à côté. Les allemands ont amené avant minuit cinq jeunes qui avaient été torturés et ils les ont fusillés. Ils ont gardé la place toute la nuit pour que l’on ne vienne pas. C’était horrible et j’en suis encore, soixante ans après encore traumatisée. Je n’ai pas pu dormir. Pourvu que tout ceci ne revienne plus… » Et son café avalé de se reprendre : « Bon, allez les gars parlons d’autre chose. »

René embraye :

« Que penses-tu Jeannette du projet de Moyrand sur la place Montaigne ? » « Oh pas grand chose. Je ne le connais pas celui-ci. Ce n’est pas comme Guéna ou Darcos, ils étaient toujours là. J’ai rien contre lui, remarquez. » Bernard : « Ah Jeannette, tu te rappelles de l’époque du Colonial11 ? » Jeannette : « Oh que oui, j’en ai vu défiler… Au moins deux générations… Ils étaient tous mignons et tout le monde se connaissait. J’en vois encore. Les américains étaient beaux et leur police militaire veillait à ce qu’ils soient corrects ».

« Si le commerce va mal c’est qu’on peut pas stationner et les gens n’ont pas d’argent dans le porte-monnaie »

Alain qui connaît bien Jeannette :

« Mais que penses tu du projet de galerie marchande sur la place Montaigne ? » Celle-ci se prend la tête et d’une voix sans pareille : « Une galerie sur la place Montaigne ? Mais ils ont vu tous les commerces qui ferment ?  Faut pas avoir fait Saint-Cyr pour comprendre que ça va mal et que si ceux qui sont là ferment ce n’est pas en rajoutant d’autres commerces que ça ira mieux. Vous savez les gars, on ne peut pas stationner et les gens n’ont pas d’argent dans le porte-monnaie. C’est tout ».

Christian prend le relais :

« Moyrand aurait dit qu’il ne voulait pas que l’on dise qu’il ne faisait rien. Il ne va pas faire comme Sarkozy, de l’activisme. Parfois mieux vaut rien faire que faire n’importe quoi. » Bernard et René se télescopent. René prend le dessus ce qui permet à Bernard de commander une autre tournée de cafés.

« Cette galerie marchande se fera si les commerçants ne se montrent pas dynamiques »

René, notre cheminot :

« J’ai lu dans le journal qu’ils avaient même fait une étude pour savoir ce qu’ils devaient faire en faveur du commerce. Ce que je comprends pas bien c’est que Moyrand a quand même pris sa décision de faire une galerie marchande ? A quoi ça sert toutes ses études si les décisions sont déjà prises ? » Christian coupe sèchement l’élan de Bernard : « Facile. Aucune décision n’est prise. Tu le sais bien ! » Alain se faufile entre deux flots de paroles : « Cette galerie marchande se fera si les commerçants ne montrent pas leur dynamisme. Ils se contentent un peu trop de râler. De mon temps, et je ne vois pas pourquoi il en serait différemment maintenant, nous animions la ville, on n'attendait pas que la municipalité le fasse. Avec l’association « La Semaine du Périgord » on organisait même la foire sur la place Montaigne et les allées de Tourny. Je ne parle pas des courses automobiles. On n’est pas obligé de faire la même chose. Mais c’est un état d’esprit qui n’existe plus. Maintenant c’est chacun pour soi et Périgueux après… » Jeannette secoue la tête en signe d’approbation et absorbe son café.

Couverture du Premier circuit automobile et motocycliste de vitesse à Périgueux, les 23 et 24 septembre 1950
Couverture du programme de la VXIIe semaine du Périgord, à Périgueux, du 22 au 30 mai 1948

Les mousquetaires de la vie périgourdine ont tous tiré leurs épées du fourreau et croisent déjà le fer comme au temps de Richelieu. Ce n’est qu’un enchevêtrement de paroles, un flot insatiable et ininterrompu de vérités sentencieuses sur la controverse du moment : celle du oui ou du non à la galerie marchande sur cette place dédiée au sage Montaigne. Je suis désemparé et je crains à chaque instant la mobilisation générale même si je constate une guerre de tranchées bel et bien déclenchée. N’arrivant pas à tempérer les débats, je me lève et faisant mine de partir déclenche un arrêt immédiat des hostilités :

« Tu t’en vas ? » me disent-ils en chœur et la voix éraillée. Je me rassois et leur dit que tout ceci mérite une séance de rattrapage la semaine prochaine. Les compères en conviennent et me serrent la main m’enjoignant d’être plus modéré qu’eux dans mon exhibition journalistique.

Auteur : Pascal SERRE
(1) Jean Gaillard (1920-2000). Président de la CCI de Périgueux de 1974 à 1985.
(2) Christian Rouleau : Membre du Conseil Interprofessionnel du bois, membre de la CCI de Périgueux. Ancien élu de la CCI de Périgueux dans les années cinquante et soixante.
(3) Henry Deluc : Ancien Vice-président de la CCI de Périgueux. Concessionnaire exclusif des Automobiles Renault, 13 rue des Jacobins jusque à la fin des années soixante.
(4) Le Cabinet d'assurances d'Henri Mailhes se situait au dessus de « La Maison de la Presse », place Bugeaud.
(5) Ce magasin de cycles se situait cours Fénelon où se trouve aujourd’hui une entreprise funéraire.
(6) Nouvellement « Garden Ice Café ». C’était un lieu majeur de la vie Périgourdine : café, théâtre, dancing, sièges du CAP de l’UST, du CCP et qui servait de lieu de réunion politiques autant que de combats de catch
(7) René Benoit-Gonin : Opticien diplômé d’Etat de l’école national d’optique tenait commerce 15 rue de la République et fut membre de la CCI de Périgueux dans les années cinquante et soixante.
(8) Jean Lagarde (1905-1977) : Résistant, fondateur de l’Union Gaulliste en Dordogne, conseiller municipal de Périgueux entre 1947 et 1965. Il fut le premier à recevoir Yves Guéna et le guider dans sa première campagne en 1962.
(9) Le bar des cinémas : 15 Rue Gambetta, prés du cinéma Rex disparu à la fin des années soixante-dix.
(10) Le 13 juin 1944, cinq jeunes résistants arrêtés à Mareuil-sur-Belle, transférés et torturés par la Gestapo à Périgueux sont amenés place Montaigne vers 23 heures. Ils y sont fusillés devant une population terrorisée.
(11) Le Colonial, nigth club situé rue Chancelier d’Hôpital (aujourd’hui La Régence). C’était un établissement très fréquenté par la jeunesse de Périgueux et les militaires américains installés au « Camp américain » de Coulounieix-Chamiers.


Pascal est membre de :
  • Institut Montaigne (Paris)
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Commentaire de Anonymous Bonnal , le 17 mai 2011 07:17  

A Périgueux, dans le centre Ville, les commerçants ne respectent pas toujours le "client"! De plus, le commerce a changé totalement; pourquoi pas une galerie marchande place Montaigne! Il faut évoluer avec son époque, mais ce n'est pas toujours le cas à Périgueux!

Commentaire de Anonymous Laurent , le 17 mai 2011 08:30  

Bravo plutôt dix fois qu'une. Quelle merveilleuse page de nostalgie et d'actualité. J'ai pas connu le Périgueux de ces messieurs car j'ai 40 ans mais mes parents m'en ont parlé comme eux.Le commerce va mal ? C'est pas la faute au maire mais bel et bien l'affaire des commerçants et faut reconnaitre ils sont pas toujours trés... commerçants

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 18 mai 2011 09:52  

Entre les PV et les commerçants qui s'endorment sur leurs divisions et qui se plaignent dés que l'on ouvre la porte moi je vais ailleurs. Et Moyrand n'y est pour rien.

Commentaire de Blogger Périblog , le 18 mai 2011 10:04  

Pour un blog transparent et par respect pour les auteurs et les lecteurs, veuillez s.v.p. signer vos commentaires.

Un nom et/ou prénom est préférable, cependant un pseudo (mais toujours le même), est acceptable.

Merci par avance, W

Commentaire de Blogger Jean-François Cros , le 18 mai 2011 13:54  

Commerçant à Périgueux depuis maintenant 5 ans, ouvert du matin au soir 7/7, certains commentaires parfois un peu "passéistes" m'amusent et certains lieux-communs m'agacent... "Les commerçants se plaignent toujours", qui ne l'a pas répété à l'envie. "Avant c'était mieux", sauf qu'avant il n'y avait pas la concurrence effroyable actuelle, il n'y avait pas les tombereaux de charges qui plombent les exercices financiers de ces commerçants "qui se plaignent toujours". Je déplore que les mêmes qui se plaignent des commerces de centre-ville soient aussi les premiers à se précipiter en périphérie dans les grandes surfaces ou à aller à Bordeaux "parce que c'est mieux".
Manque de place de parking ? Foutaise, il y en a à revendre et bien moins chères que partout ailleurs en Aquitaine et surtout qu'à Bordeaux. La crise économique ? Certes mais pourquoi les chiffres d'affaires des grandes enseignes continuent de croître plus vite que le pouvoir d'achat ?
La où je suis d'accord, c'est dans l'implication des commerçants. Il est clair que nous devons repenser nos modes de fonctionnement et ouvrir par exemple dans des horaires susceptibles de séduire les consommateurs de centre-ville, entre midi et deux, le soir jusqu'à 20.00 par exemple.
Enfin, comme je l'ai écrit et dit par ailleurs, même si je ne suis pas contre un projet sur Montaigne, je crois plus à la réhabilitation de la rue Saint Front en "poumon" piéton de Périgueux et en une réappropriation des berges de l'Isle au moins aux pieds de la vieille ville.

Commentaire de Anonymous Laurent , le 20 mai 2011 00:45  

Monsieur Cros est très impliqué dans la vie Périgourdine et il a raison mais il est bien seul. C'est un bon commerçant qui anime la ville. Pourquoi le maire ne l'écoute pas plus ?

Commentaire de Blogger Périblog , le 20 mai 2011 03:35  

Il est certain qu'un rare bon sens prévaut chez Jeff Cros. On ne peut qu’espérer un jour voir quelqu'un de sa trempe prendre réellement en charge tous ces sujets épineux. W

Commentaire de Anonymous Michel , le 22 mai 2011 22:04  

La politique c'est comme la coke et les filles de joie....
ont les quittent, on en parlent, on y re-goûtent avec déléctation et plaisir...puis on fini par replonger sans se soucier des grandes promesses et voeux pieux de nouvelle an et y retourne avec les mêmes vices d'antan...

Commentaire de Blogger Périblog , le 22 mai 2011 22:28  

Jamais essayé la coke, mais ça m'a l'air (presque) bien... En tous cas, à ne pas essayer ou alors avec beaucoup, mais alors là vraiment, beaucoup de moderation. W

Portraits d'un printemps éternel jeudi 12 mai 2011

Le cancan du Coderc est une chronique hebdomadaire sur la place du Coderc et ses personalités à Périgueux, rédigée par le journaliste Pascal Serre :


j’éprouvai un sentiment de confusion et d’actes en berne. Ce cher William a su raviver la petite flamme exposée au grand vent et qui mène inlassablement de la majesté du Coderc au clavier de l’ordinateur.

Les bons copains ont traversé ces mois écoulés en bons Périgourdins. Ils ont arpenté comme à l’accoutumé cette place du Coderc avec leurs regards de méridionaux. Leur besace est toute autant remplie de petits bonheurs que de contrariétés. Ils n’ont rien perdu de leurs témoignages mais le retour s’est fait dans un désordre d’adolescents. J’ai donc laissé glisser mon regard sur ce champs ouvert à toutes les sensibilités qu’est ce marché du Coderc parfaite impression d’infinitude de la vie. Sublimes retrouvailles et découvertes avec des comédiens d’une pièce de théâtre ordonnée de façon à conduire chaque destin comme si il était unique, imbriqué dans une sérénade où chacune, chacun, contribue à la rémanence d’un monde ancien et perpétuellement régénéré.

La cacophonie des jouvenceaux

Christian, René, Jean-Paul, Alain et Bernard que je n’ai jamais vraiment quittés ont, eux aussi, poursuivi leur petit bonhomme de chemin.

Rassurez-vous ils vont bien, même très bien. Leur tête et leur langue se portent à merveille et leurs oreilles sont toujours aussi baladeuses. Je les retrouve plus tôt que de coutume, à neuf heures. Installation faite au bar de La truffe, coup de sifflet du chef de gare, les paroles s’ébranlent comme un train dont la destination reste incertaine pour les voyageurs. Les cafés sont à peine déposés sur notre table toute illuminée par un soleil débonnaire que les compères saisissent leur tasse et absorbent le breuvage avec un bonheur rebattu. Les compères distillent leur flot de paroles comme un barrage que l’on vient d’ouvrir pour le grand nettoyage. Pêle-mêle ce sont une cinquantaine de rendez-vous manqués qui transforment l’échange en une cacophonie de jouvenceaux. Je tente sans succès d’y mettre bon ordre. La demie heure éclose je me résous à remettre à plus tard la transcription de leurs émois. Convocation est donnée pour samedi prochain dans un brouhaha que relèvent les passants qui en sourient, et qui exprime une agitation peu commune. Tout ceci promet de fructueuses emplettes à venir sur notre Périgueux tout aussi immuable que brouillon. Je décide de faire un tour de la place comme un général ferait sa revue des troupes.

Le Maire du Coderc

Jean-Jacques DALLEMAND (à droite), « Maire de la Commune libre du Coderc ». Un solide marinier dont le navire est au mouillage et qui s’exerce au voyage dans des mondes chimériques où les utopies sont des espaces de convivialité07/05/2011 © Pascal Serre
La matinée est douce, joyeuse, les visages sont apaisés et caracolent entre les étals avec une félicité toute printanière. Ah que voici une belle illustration si joliment illustré par mon ami Michel Testut, l’écrivain, avec sa plume délicate dans ses « Petits matins » !

Oh que voici un homme à la prestance discrète, donc remarquable ! Jean-Jacques Dallemand, élu il y a quelques mois « Maire de la Commune libre du Coderc ». Par acclamations. Un solide marinier dont le navire est au mouillage et qui s’exerce au voyage dans des mondes chimériques où les utopies sont des espaces de convivialité. Nous entreprenons de confronter nos sensations.

Point d’écharpe tricolore pour aller à la confluence des musiciens de cet opérette merveilleuse du « Coderc ».

Le théâtre de la Lune souriante

Jean-Louis Soustre. Depuis plus de soixante ans, chaque semaine, l’ancien pharmacien et ancien conseiller général rend visite au Coderc comme on va chez un bon ami
Yves Coutiéras. Le pâtissier parti faire carrière à Paris n’a jamais oublié son marché du Coderc. Le Bleuet ? Un engagement pour la mémoire et la solidarité
07/05/2011 © Pascal Serre

Première escale : Jean-Louis Soustre, ancien pharmacien, ancien conseiller général. Il nous donne quelques nouvelles de Jacques Lagrange, historien et ancien maire-adjoint de Périgueux qui, retiré tout près d’ici, apprivoise la vie alors que d’autres se complairaient dans l’accablement. Quelques pas suffisent pour échanger avec Yves Coutiéras qui fit dans les années cinquante sa formation d’apprenti dans une pâtisserie connue seulement des anciens et qui se situait à l’angle de la rue Victor Hugo et de la place Yves Guéna. « A l’époque, confie-t-il, il y avait une trentaine de pâtissiers. Aujourd’hui j’en vois… deux ou trois ». Après une belle carrière dans la capitale le voici de retour avec son engagement en faveur de la mémoire et de la solidarité et « quête » pour le « Bleuet de France » fondé en… 1916. Sur le Coderc le temps se désagrège devant les partitions de la convivialité.
Adam, Raf et Makesh du « Théatre de la Lune souriante » (avec Jean-Pierre Monmarson) :
une parenthèse aux couleurs du monde07/05/2011 © Pascal Serre

Nous sommes attirés par des sonorités inhabituelles. Celles-ci survolant les éventaires colorés nous guident jusqu’à l’angle de la place et de la rue du Coderc. Accompagné de Jean-Pierre Monmarson, inlassable, respecté et picaresque « garde champêtre » nous découvrons Adam, Raf et Mahesh, trois musiciens venus du Bugue, appartenant au « Théatre de la lune souriante ». Une parenthèse qui nous engage dans des modulations ethniques influencées par l’Europe de l’Est, la culture celtique qui accueille des tonalités africaines sans rompre nos sens. Ils nous ont promis d’être là samedi prochain.

La bouche grappilleuse de Jean Piraube

Jean Piraube clame haut et fort : « mettez le Périgord dans votre panier ! »
Laurent Mossion a fait durant quelques heures du « Coderc » un agora pour porter ses idées. Ici la politique se refuse à la désobligeance
07/05/2011 © Pascal Serre


Nous avions presque oublié le quatrième anniversaire de l’arrivée d’un certain Nicolas Sarkozy dans un Élysée que nous associons à la mythologie grecque qui en a faite une partie des enfers. Laurent Mossion, délégué de la première circonscription de la Dordogne pour l’UMP est là, avec quelques militants pour le rappeler. Il se dit agréablement surpris par la gentillesse des gens. Nous pas, car sur le « Coderc », si la politique rime avec la polémique elle se refuse à la désobligeance.

Arrêt devant la nouveauté du jour : le banc de Jean Piraube qui présente les produits du terroir du réseau des épiceries solidaires. Celui-ci inaugure son premier marché du « Coderc » et annonce avec la bouche grapilleuse et les yeux pétillants de saveurs : « mettez le Périgord dans votre panier ! » Et oui mes amis, sur le « Coderc » on vient de plus en plus souvent, de loin et d’ailleurs, pour faire chanter nos gloires gourmandes et enchanter les épicuriens. Il nous promet d’être présent samedi prochain. Un jeune quoi !
Marcel Restoin, Le Coderc ? Mais le « Nordiste » se considère comme un adepte intransigeant de ce rituel du samedi07/05/2011 © Pascal Serre
Bras grand ouvert et le visage éclairé des meilleures intentions c’est un « nordiste » qui s’affranchit de toute retenue pour nous saluer : Marcel Restoin. Le Président de la Communauté de Communes du Périgord vert n’a rien perdu de sa chaleur. En des temps où les hommes n’étaient pas encore ce qu’ils sont aujourd’hui on prétendait qu'il avait la main forte et vigoureuse pour que l’économie départementale soit au plus haut de sa forme. Le Coderc ? Mais le « Nordiste » se considère comme un adepte intransigeant de ce rituel du samedi. Le reste ce ne sont que de vieilles histoires.

Le visage à la Gainsbourg de Serge

Serge Imbert. Le visage à la Gainsbourg et le verbe gouailleur. Un monument « à la Pagnol » 07/05/2011 © Pascal Serre
Visage à la Gainsbourg et le verbe gouailleur, Serge Imbert que l’on dit cousin éloigné du maire - le vrai – de Périgueux se faufile pour se rendre chez « Calou », le bien nommé Pascal Mesmin qui tient hospitalité en son bar de « La Truffe ». Jean-Jacques Dallemand, le maire de la « Commune libre du Coderc » emboite le pas et m’invite à le suivre. Le marché est à son zénith. Il y a foule et c’est tant mieux. Esprits chagrins écartez-vous s’il vous plait… Que voici Philippe Cornet en grande discussion avec Jean-Baptiste Marty autour d’un café. Il est trop tôt pour apprécier le petit blanc. Le premier s’abstient de débattre des lieux communs qui font les potins autour du « Castel municipal » tout proche. Le second, fils d’un médecin comme on n'en fait plus, l’appareil photo prêt à immortaliser et transformer l’anodin en événement planétaire, cancane à la Périgourdine avec l’édile municipal. Mais chut !

Philippe Cornet et Jean-Baptiste Marty ou le temps du vivre ensemble07/05/2011 © Pascal Serre

Le Maire du Coderc

Cathy Pajot venant chaque samedi matin d’Oléron est installée le long de la halle due à Catoire en 1830 . Elle se dit « Codercienne » dans le cœur
Pierre Maly n’hésite pas à venir de Trélissac pour humer l’air du Coderc
07/05/2011 © Pascal Serre

Enfin installé en Terrasse, Jean-Jacques, pardon « Monsieur le Maire » s’enquiert de quelques crevettes chez Cathy Pajot laquelle, depuis 1990, vient d’Oléron presque dans le Nord pour nous afin de proposer ses merveilles de la mer. Et oui, la saison des huîtres est achevée. Deux « petits blancs » sont déposés devant nous. Jean-Jacques : « Ici, c’est le pré communal. Ici le verbe est souverain. C’est un lieu de pouvoir pour la parole ».

Pierre Maly, fondateur du restaurant le Jardin pêcheur, fort loin de notre place puisque situé sur la dite voie verte, à Trélissac nous surprend. Il est aussi un amoureux de notre jardin d’éden. Ni une, ni deux il nous confie son almanach d’animations qui est fort divers. Il en profite pour nous narrer son « OPA » sur un camion frigorifique Hotchkiss qui, après avoir sillonné les rues de Périgueux dans les années cinquante séchait des larmes de solitude dans un hangar. Le bouillant bénévole en est tombé amoureux et après une restauration aussi précieuse que précise, le vieux serviteur trouvera une retraite plus active à l’entrée du restaurant. Il va nous falloir prendre carte et sac à dos pour faire le voyage du « Coderc » à Trélissac.

« Labu » à la retraite mais pas retraité

Michel Labussière ne s’est jamais pris au sérieux mais toujours appliqué à la vie de ses contemporains
Dominique Nay, moins connu à Paris que sa sœur, célèbre journaliste mais plus connu qu’elle sur le Coderc
07/05/2011 © Pascal Serre

Michel Labussière est un pilier de la presse locale et du « Coderc ». Du « Populaire du Centre » à la « Dordogne Libre » il n’a eu de cesse de faire vibrer les initiatives, de conter les petits bonheurs et atténuer les grands malheurs de notre ville. Le voici parait-il en retraite. On ne voit pas le temps passer chante Jean Ferrat et c’est bien vrai. Mais le « Coderc » ne connaît pas la retraite, il ne reconnaît que les retraités. « Labu » comme ses amis l’appelle le jure : « mais je continuerai à venir au marché du Coderc ! Comment vivre sans tout cela ! » Tirant sur son imposant cigare, face à sa bière, un autre journaliste : Jürgen Prast. À la retraite aussi. Le plus célèbre Allemand de notre cité des Pétrocores. La moustache frémissante Dominique Nay fait une halte que nous considérons méritée. Le frère de la journaliste à succès Catherine Nay est un habitué. Pas une semaine sans un passage sur le « Coderc ».
Jürgen Prast, le plus célèbre des allemands de la place07/05/2011 © Pascal Serre
Et que voici, signifiant que midi est dépassé, Georges Boutis, le dernier fourreur de la ville et qui ne peut masquer nucléus grec. Troisième génération de ce toujours galopin dont la boutique de la rue des Chaînes est devenue, avec le temps une véritable élégante place publique. Intégration assurée. Lunettes noires et romantique chevelure grisonnante l’ancien maire-adjoint de Périgueux, Jean-Michel Jardry sait que la traversée du « Coderc » est obligation naturelle pour qui aspire à quelques ambitions salutaires. Le voici donc, saluant dans une chevauchée des Walkyries sa « Roche de Solutré » hebdomadaire.
Georges Boutis. De l’art d’être Pétrocores et héritier d’un hellénisme épicurien
Jean-Michel Jardry sait que « passer au Coderc » est une obligation naturelle pour être de Périgueux
07/05/2011 © Pascal Serre

Salem le baroudeur

Salem. Un, deux enfin trois verres libèrent les émotions entre le « Maire du Coderc » et le farouche Kabbyle, ancien commando, Français et fier de l’être 07/05/2011 © Pascal Serre
Achevant crevettes et vin blanc, Salem, assis à la table jouxtant la nôtre nous offre spontanément un autre « petit verre ». Il s’installe et s’enquiert de nos qualités. Cet homme qui vit entre Marseille, Bordeaux et Périgueux, la quarantaine, se réclamant de ses origines kabyles semble bien connaître notre cité. « ici, dit-il, c’est la plénitude, on se dit encore bonjour. A vingt ans, j’ai fait la route 66 aux USA… » Jean-Jacques aussi. Salem, c’est le prénom de notre nouveau compagnon est un ancien de la « Royale ». Jean-Jacques aussi. Durant une petite heure les deux hommes entretiennent tant de souvenirs que le « Coderc » réussit à traverser l’histoire et faire le tour du monde. Salem est un baroudeur au cœur fragile. La guerre du golfe, le Tchad et diverses missions délicates ont taillé un personnage à la fois rude, pénétrant et subtil. Étrange composition, insolite alliage. Un, deux enfin trois verres libèrent les émotions entre le « Maire du  Coderc » et le farouche Kabbyle, ancien commando, Français et fier d’être.

Le Coderc a livré là un instant précieux, unique avec lequel beaucoup de nos dirigeants pourraient s’inspirer à l’heure des mixités et métissages mis en oppositions.

Salem nous demande des nouvelles de Jeannot Boussuges qu’il affectionne particulièrement. Notre « poète » du Coderc est chez lui. Il essaye de surmonter les épreuves sans « son Coderc ». Salem est attristé. Nous aussi. Jeannot nous manque.

Il est plus de treize heures trente. Il faut nous séparer. La balayeuse virevolte sous les yeux des policiers municipaux goguenards. Le marché s’est vidé et cède à sa mission de parking. Le printemps est bien revenu. Le « cancan du Coderc » a repris ses marques. La semaine prochaine il nous faudra nous attaquer aux choses sérieuses. Enfin si l’on en croit certains adultes.
Auteur : Pascal SERRE


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Commentaire de Anonymous Bonnal , le 14 mai 2011 07:26  

Ce marché du coder est bien representé et les photos sont superbes. C'est vraiment le poumon de vie de Périgueux et le lieu de rencontre des "intélos"

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 14 mai 2011 22:58  

C'est joliment écrit et en plus je m'y retrouve. Merci à l'auteur

Commentaire de Blogger Périblog , le 14 mai 2011 23:53  

Merci.

Les auteurs comme les lecteurs de Périblog apprécient les commentaires.

Notez qu'à moins d'avoir de bonnes raisons de rester anonyme, merci infiniment de signer vos commentaires, favorables ou non, avec préférablement votre nom et/ou prénom, voire à la limite un pseudonyme. W

Commentaire de Anonymous Chantal , le 15 mai 2011 09:53  

En lisant ce petit "cancan", je me vois retourner dans ce quartier qui finit par me manquer.

Merci beaucoup à Pascal Serre de nous écrire cette place et son marché.

Commentaire de Anonymous Christiane , le 15 mai 2011 15:48  

C'est une vision poétique bien écrite et illustrée modèle Holywood chewing-gum qui ne reflète pas Périgueux dans son ensemble. Le marché c'est six heures par semaine. Le reste du temps c'est Périgueux avec ses PV et ses commerçants pas toujours sympas. Alors on va à l'extérieur. Sans PV ni commerçants qui n'attendent que mon argent et sans sourire.

Commentaire de Anonymous MICHEL , le 16 mai 2011 09:24  

C'est vraiment people et ça rafraîchit le WE passé avec DSK et la nostalgie des mitterrandiens. Revenons aux choses simples. Merci à Périblog. Et sans anonymat.

Le Cancan du Coderc est de retour mercredi 11 mai 2011

Dimanche, je me suis arrêté, le coeur léger, sous un cerisier en contrebas de Champcevinel. Le pré dans lequel je venais de m’introduire était gardé par une pancarte de fer sur laquelle était inscrit en rouge et avec des pattes de mouche le mot « PRIVÉ ».

De la ferme attenante, provenaient des éclats de voix. Hachés par le bruissement que faisaient les branchages chahutés par une forte brise, mon imagination transmutait ces sons en des invectives de propriétaires mécontents d'apercevoir un humain faire concurrence aux merles et aux étourneaux.

Durant une vingtaine de minutes, je me suis senti transporté quelques dizaines d'années en arrière, dans ma campagne normande, un mois de juin (nous sommes début mai, mais les cerises sont plus précoces en Périgord). Nous étions en ce temps-là de gentils garnements et chaque année, mes frères, quelques amis et moi bravions la botte caoutchouteuse du fermier, pour le plaisir saisonnier de nous repaître du fruit rouge. Nous jouions à cache-cache avec lui, nous chuchotions dissimulés derrière de grosses branches aux écorces râpeuses, les doigts et le menton collants, le coeur palpitant et les intestins glougloutants. Nous parvenions presque toujours à tromper sa vigilance.

Dimanche je ressentais de nouveau ces délicieuses sensations (la chiasse incluse). Celles que ressentait le garnement que j'étais alors et que je suis resté. Personne ne vint me chasser de dessous l'arbre. Peut-être ces voix provenaient-elles seulement d'un groupe d'amis attablés au soleil devant un bon rosé et quelques grillades aux herbes.

Le cancan du Coderc est une chronique hebdomadaire par Pascal Serre :

Le Cancan du Coderc revient !...

Pascal Serre et son Cancan du Coderc sont de retour pour le plaisir des amoureux du centre de Périgueux. Un évènement majeur dans la vie de ce blog. Je publierai aujourd'hui sa première chronique, accompagnée de nombreuses photos, qui se lit comme le Who's Who de notre ville.

Bonne lecture et bonne journée à toutes et à tous, W

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Commentaire de Anonymous Bonnal , le 11 mai 2011 07:11  

J'aime bien la Commune de Champcevinel proche de périgueux et où je vais souvent marcher et m'évader un peu; je regarde le troupeau de vaches en bordure de route....et le calme de cette Commune!

 

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