Flirt avec les damnés dimanche 28 novembre 2010

Au fil de l'Isle Chaque semaine retrouvez sur Périblog l’humeur de la semaine par Pascal Serre | Voici le billet de cette semaine :


« L'irréparable existe, mais tout n’est pas perdu ». Dixit le Périgordin Léon Bloy (1). Avec le froid, la neige, les projectiles sur les bus et la précarité qui s’impose, cette fin de semaine annonciatrice du mois des fêtes de fin d’année, me voici perclus d’inquiétude, de sollicitude indisposante. Pourtant la ville s’illumine et les sapins trônent.

Les chalets du cœur dans le quartier du Toulon, capables de loger 22 personnes (composez le 115 si vous apercevez une personne en difficulté)28 novembre 2010 © Pascal Serre
Ce week-end, alors que la température descendait, la neige tombait, Météo France a mis notre département en vigilance orange. C’est bien. Ce qui l’est moins c’est l’absence totale de prévention pour les plus démunis caractérisée par les 22 bungalows des chalets du cœur situés dans le quartier du Toulon qui sont toujours fermés. Outre la localisation qui est digne de l’exclusion des pestiférés au Moyen Âge on ne peut qu’être en colère contre cette situation administrative qui affiche un mois de retard. Il y a là une sorte de mépris des damnés. Ce n’est pas bien.

Michel Moyrand a annoncé des Assises de la tranquillité. C’est parfait. En réponse, mercredi soir, au Gour de l’Arche, la vitre d’un bus volait en éclats sous les projectiles lancés par quatre jeunes. Depuis quelques jours, à l’initiative de la Communauté d'agglomération périgourdine, Claude Bérit-Débat son président annonçait que les policiers nationaux et municipaux voyageraient gratuitement, en civil ou en uniforme assurant ainsi une surveillance citoyenne. La préfecture a donné son aval. Ouf !

Plus inquiétant est le non-renouvellement des contrats aidés annoncé par la préfecture de région. Là encore, les élus de l’agglomération se sont mis en ordre de bataille. Le maire de Chancelade, Michel Testut, n’a pas manqué de dire que « cela ajoute de la précarité à la précarité ». Claude Bérit-Débat s’insurgeant en ces termes : « C’est une situation dramatique d’un point de vue humain ». Bon, et maintenant on fait quoi ? Les politiques sont aussi parfois des damnés du peuple. Qu’on se le dise !

Stéphane et son ami souhaitent simplement « dormir au chaud et prendre une douche
26 novembre 2010 © Jean-Christophe Sounalet - SO
Le journal Sud-Ouest sous la plume de Nancy Ladde s’est penché sur les bénévoles de la maraude qui œuvrent, à Périgueux, en faveur des plus démunis. Pour eux, la souffrance ne se résume pas à une motion, une commission ou des assises si généreuses soient-elles. Il y a urgence. La pauvreté se subit, le plus souvent en silence. On relèvera que ces détresses se cachent en périphérie de notre ville, dans des lieux à la fois discrets et dangereux pour celles et ceux qui s’y réfugient. Les exclus ont aussi leur insécurité. Damnation !

Philippe Cornet, l’inlassable opposant à Michel Moyrand, en réponse à l’annonce des Assises de la tranquillité se fend, dans le prochain journal municipal, d’un billet titré : Périgueux by night !. Il s’insurge contre la délinquance, l’insécurité et déplore la méthode de son cacique en reprenant une citation de Georges Clémenceau : « quand je veux enterrer un projet, je crée une commission ». Même si c’est facile l’expérience et la raison l'emportent : il a raison.

L’élu de Périgueux dépeint notre cité ainsi : « Pendant ce temps, les réseaux se structurent, les voitures sont incendiées, les vols et cambriolages s’amplifient, les nuisances nocturnes sont de plus en plus mal supportées par les Périgourdins et certaines rues deviennent invivables, voire infréquentables, dès la nuit tombée ». Serait-on à Chicago sur Isle ? Plus vraisemblable serait un effet de langage à mettre sur le compte du talent d’avocat qui entend marquer les esprits. Un peu fort mais certainement efficace. Ça ne mange pas de pain et, excusez-moi de mon propos, cette vision réductrice séduit plus qu’elle ne solutionne.

On regrette quand même que cette belle énergie ne soit pas dispensée aussi à déplorer ce Périgueux by night vécu par les plus démunis que j’évoquais. Certes on me rétorquera que c’est un autre sujet. Je n’en suis pas totalement convaincu.

Comment être tranquille quand, au coin de notre rue, une détresse subsiste ? Mais qui veut ouvrir le bal des damnés ?

Je vous invite à lire ou relire le poète-témoin des « catastrophes » que fut le Périgordin Léon Bloy ecrivain maudit qui transformait l’écriture en purge sur la feuille blanche. De sa plume, c’étaient le sang et le fiel qui s’écoulaient dans l’encre, la fange du ruisseau fixée sous formes de lettres. Une sorte de flirt avec la damnation.

Tiens, saviez-vous que le terme de flirt a pour origine le retour de Normandie sur la terre anglaise des soldats d’Henri V, qu’il provient du creuset littéraire de François Villon et Rabelais ? Ce fut l’avis de certains dont Léon Bloy qui tenait Villon pour le plus grand poète de son temps. D’autre damnés me direz-vous. Certes. À bientôt.
Auteur : Pascal SERRE

(1): Léon Bloy est né à Fenestreau, près de Périgueux, en novembre 1846. Après des études irrégulières il se convertit à l’écriture. La guerre de 1870 et la commune traversées, fervent catholique, il retourne à la littérature, devient écrivain et journaliste à Paris. Il meurt à Bourg-la-Reine en 1917.

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  • Institut Montaigne (Paris)
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Commentaire de Anonymous Anonyme , le 8 décembre 2010 09:11  

Je suis bien d'accord c'est inacceptable. Le bon sens où est-il ? La décence a-t-elle disparu ? On ne peut même plus cracher dans la soupe tranquille.
Bonne continuation quand même. Je suis venu par hasard sur les avis d'un ami. Suis pas déçu.

Commentaire de Anonymous jean-pierre , le 24 décembre 2010 10:43  

Bonjour Pascal, Bonjour William,

Il y a quelques temps que je n'étais pas venu poser mes yeux sur ce blog. Même si je n'en partage pas tous les points de vue, je le lis avec plaisir et intérêt.
Je suis, comme beaucoup de gens , bouleversé par la misère et révolté par mon impuissance pour lutter contre.
En France depuis 15 ans, j'ai passé ma vie à l'étranger et notamment au Bénin ; le plus pauvre des pays pauvres. J'y ai croisé la misère et souvent la mort d'enfants et d'adultes. Malgré cette détresse, les gens vivaient dignes et fiers. Ils acceptaient les travaux précaires et difficiles. pas de syndicats ni 50 formes de contrats de travail....la solidarité,la vieillesse, c'était une histoire de famille et un peu de religions ....
Il y a la , peut-être, quelques pistes à creuser pour consolider l'effort collectif ?

Commentaire de Anonymous Philippe , le 27 décembre 2010 11:42  

Mon dieu, il y a des pauvres à Périgueux ? mais quel est donc ce phénomène qui ne les fait apparaître que lorsque le froid glace nos chaumières bourgeoises et confortables ? Ainsi donc, la pauvreté, la précarité ne titillent nos esprits que lorsqu'ils est un peu tard pour agir.
Quant à la guérilla urbaine qui sévit dans nos rues à la nuit tombée, quant à ces sauvageons qui osent bruyamment nous troubler lorsque nous regardons la Star Academy, et bien il nous faudrait une bonne guerre tiens.... Jean-Pierre a bien raison, qu'est-ce que c'est que ces pauvres et ces jeunes qui ne sont ni dignes ni fiers ? Ils n'ont qu'à bosser dans les travaux les plus pénibles et les plus difficiles avant de venir quémander quoi que soit, non mais alors....
J'adore ce blog... :-)

Commentaire de Anonymous jean-pierre , le 28 décembre 2010 14:16  

La facture totale pour les huit journées nationales de grèves et manifestations organisées contre la réforme des retraites en France est évaluée «entre 1,6 milliard et 3,2 milliards d’euros». Le quotidien évalue les pertes à 33 millions d’euros par jour dans l’industrie chimique, 5 millions par jour pour la compagnie aérienne Air France et souligne le manque à gagner pour les secteurs touristiques, comme l’hôtellerie ou la restauration.
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Ils font petit petit les 30 euros que j'ai donnés aux restos ....

Sécurité ou tranquilité mercredi 24 novembre 2010

Au fil de l'Isle Chaque semaine retrouvez sur Périblog l’humeur de la semaine par Pascal Serre | Voici le billet de cette semaine :


On ne le dira jamais assez : vivre ensemble n’est pas une sinécure. Vaste débat vite asséné aux élus périgourdins qui doivent faire le grand écart pour tempérer les ardeurs des uns et les velléités des autres. Faute de se parler, de s‘écouter les administrés renvoient sur la classe politique leur indigence.

Conflit de génération pourrait-on dire. Dans Jamädhlavie, Guy Ménard, sociologue à l'Université de Québec nous livre : « Dix-huit ans. À cet âge, c’est plutôt le bonheur et la tranquillité qui ont tendance à paraître inconciliables ». L’âge n’étant pas seulement celui des artères mais aussi celui de la tête.

Or, à Périgueux, la majorité des habitants assise sur ses acquis aspire à un calme qui contrarie les comportements d’une minorité, plus jeune, plus encline à une vie nocturne délaissée par les plus anciens. Il ne faut pas oublier les incontournables trublions toujours prompts à se différencier sans pour autant s’afficher comme des délinquants ou des perturbateurs professionnels.

On se rappelle les médiatiques chamailleries entre les riverains et les bars de la place de la vertu, l’été dernier. Ce sont désormais les habitants du quartier Saint-Martin qui se plaignent des nuisances sonores provoquées par la discothèque l’Ubu. D’autres ne manqueront pas de raisons de se ranger sous la bannière de la réaction sécuritaire qui se refuse au dialogue par défaut. Je me garderai de statuer sur ces tracasseries vraisemblablement justifiées. Question de sensibilité.

Michel Moyrand sera-t-il entendu ?

Michel Moyrand, décidément bien campé dans sa toge de premier édile de Périgueux a pris les choses en main. Il a annoncé, pour début 2011, l’organisation d'assises de la... « tranquillité publique». De même, la création d’une brigade de policiers adaptée aux fins de nuit est judicieuse même s'il faut attendre d’avoir plus d’informations.

Si on regarde la définition de la tranquillité cela donne : état de ce qui est tranquille. Cet exercice de sémantique auquel le maire de Périgueux nous invite n’est pas neutre. Il est même fondamental. Nous passons ainsi du débat de la sécurité à celui du droit de chacune et chacun à être tranquille. Un déplacement culturel et politique qui s’oppose à la tentation sécuritaire de notre époque. Subtile approche mais qui, dans l’esprit du Périgourdin ne sera peut être pas entendue.

Tout est question de bonne volonté

On peut imaginer, en complément de la police municipale, une approche préventive de la tranquillité publique par des médiateurs de proximité qui permettent de nouer un dialogue entre les habitants. Car, au fond, tout est question de communication et de compréhension. Il est clair que le chemin ainsi sollicité entre chaque partie prenante impose une bonne volonté commune et réciproque.

La répression est l’ultime moyen qui rompt par ailleurs la cohabitation, qui devrait être tolérante et conviviale. Il est toujours bon de conjuguer les différences, de les polir, de les enrichir et de trouver un juste équilibre. L’expression du droit devrait céder la place à celui de la responsabilité. Question d’harmonie.

Je concède que l’exercice est périlleux et astreignant.

Rien de définitif ne peut sortir de la contrainte. La contrainte n’est pas synonyme d’ordre. Elle peut même générer des désordres plus forts ou plus pervers. Cette dernière entretient les rancœurs et la violence exprimées sous toutes ses formes.

Périgueux : la belle endormie ?

Je ne puis qu’associer à ce phénomène de repli la récente annonce de fermeture de l’Épicerie de nuit de la rue des mobiles. Si la créatrice de ce véritable service social souligne qu’elle ferme pour des raisons de fatigue elle rajoute néanmoins : « je n’oublie pas les désagréments causés par des vols, une agression et un courrier de la mairie relevant que mes clients faisaient du tapage nocturne… ».

Héléna la gérante de l'Épicerie de nuit
novembre 2010 © Arnaud Loth SO
L’association de la rue des mobiles où se situe l’épicerie cesse son activité. Raison ? Les gens ont voulu que ça bouge. Maintenant ça bouge trop.

La fermeture de la station d’essence du cours Fénelon qui fut aussi un lieu de sociabilisation est encore un exemple d’une société qui retourne progressivement aux temps barbares chers à Jacques Attali. On pourrait multiplier les raisons de cette mise en berne de la nuit et de l’activation d’une fracture qui impose le repli, la peur et la réaction.

Les animateurs d’association, dans les quartiers, se font les échos des conflits à étouffer dans l’œuf. Pour ceux-ci, l’incivilité et le communautarisme dans sa plus large expression(1) entretiennent ce phénomène. Il y a là un besoin impérieux de revenir à ce fameux dialogue.

Il y a quelques années, je me rappelle, on demandait avec ironie : « Savez-vous pourquoi Périgueux accueille le Festival du Mime ? ». Et de répondre : « Parce que ça ne fait pas de bruit… ». N’appelait-on pas Périgueux « La belle endormie » ? Aïe, j’ai mis le doigt où ça fait mal !

Je m’arrête et pose la question : Périgueux doit-elle être une ville à pensée unique ou une cité mosaïque colorée et respectueuse des différences de chacun ?
C’est, peut être la première question à poser pour ces futures Assises de la tranquillité.
Auteur : Pascal SERRE

(1): Du latin "communis", communauté, lui-même issu de cum, avec, ensemble et de munus, charge, dette: charges partagées, obligations mutuelles. Le terme communautarisme est un néologisme apparu dans les années 1980, en référence aux revendications de certaines minorités d'Amérique du Nord (indiens, noirs, québécois français).
Nuit d’automne sur le boulevard Michel de Montaigne à Périgueux novembre 2010 © Pascal Serre

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Michel Moyrand ne jouera pas François Vatel mardi 16 novembre 2010

Au fil de l'Isle Chaque semaine retrouvez sur Périblog l’humeur de la semaine par Pascal Serre | Voici le billet de cette semaine :


Après des péripéties de couloirs dignes des romans de cape et d’épée la onzième édition du salon international du livre gourmand de Périgueux qui s’est tenue le week-end dernier a brillamment remplie ses objectifs. Du temps des incertitudes on est passé à celui des satisfactions.

Lorsque Michel Moyrand fut élu maire de Périgueux, en 2008, on ne donnait pas cher de la peau du Salon international du livre gourmand édition 2010. Il faut dire que cet héritage dû à Yves Guéna puis à Xavier Darcos ne semblait pas être la tasse de thé de Michel Moyrand. Les rumeurs allaient bon train sur cette édition mettant presque entre parenthèses cette manifestation. [ lire la suite sous la photo ]
13/11/2010 © William Lesourd - periblog.fr

Le nouveau maire, il est vrai, avait ses vues sur cette prestigieuse manifestation et, de toute évidence, laissait un espace d’interrogations, favorisant ainsi la confusion entretenue par les bruissements d’une opposition avide d’exprimer sa présence au risque de perturber les organisateurs dont la bonne volonté ne saurait être mise en doute.

Dans les soupentes de la vie politicienne périgordine et, parfois, parisienne, il y a quelques jours encore, certains se gaussaient d’un échec en forme de chronique d’une mort annoncée.

Il y a bien la polémique sur la fréquentation qui oppose dans la grande et pure tradition qui caractérise notre vie périgordine, entre le maire de Périgueux et son challenger Philippe Cornet. Pour le premier c’est bel et bien 18 000 visiteurs qui se sont rendus à ce Salon international du livre gourmand ; pour le second il faut retenir 8 000… Et ce dernier de dire : « C’est une vaste plaisanterie ! » Le premier récusant fortement le chiffre en ces termes : « voilà une stratégie de la démolition et de la négation… ».

Laissons, si vous le voulez bien, cette querelle de chiffres au rayon des accessoires. Le bonheur du peuple n’est pas forcément celui de ses dirigeants. Il y a des naïvetés qui sont bonnes à déguster quand l’assiette est bien présentée. Il faut souvent attendre le lendemain pour savoir si l’indigestion est au rendez-vous.

Et bien oui, cette onzième édition est un succès. Et Michel Moyrand peut en être satisfait tout autant que la présidente du CLAP, Josyane Bartoli-Faucon qui vivait son épreuve des fourneaux.

Si la précédente édition en 2008 s’imposait comme de transition, celle de 2010 est à mettre totalement à l’actif de la municipalité issue des urnes. Elle traduit parfaitement les propos du maire qui voulait une manifestation plus ouverte aux Périgourdins.

Une fréquentation en hausse, un essaimage réussie dans la ville, une participation active des acteurs de nos commerces de bouche et de la littérature culinaire si ce n’est gastronomique, la présence bonhomme et conviviale de figures emblématiques de nos grandes tables nationales, la découverte d’un pays étonnant qu’est le Québec autant de raisons de ne pas s’attarder sur les cuisines de l’organisation qui ne peuvent être parfaites. C’est une tout autre affaire que le profane que je suis écarte pour n’en retenir que les temps de bonheur procurés dans mes déambulations.

Ainsi, durant ces trois jours, j’ai mis en exergue cette pensée du peintre Paul Gauguin : « Cuisiner suppose une tête légère, un esprit généreux et un cœur large ».

Légèreté, générosité, découverte et cœur large pour le 11ème Salon international du livre gourmand symbolisé par les 4 000 bols de soupe distribués gracieusement dans Périgueux
13/11/2010 © Jean-Christophe Sounalet - SO
Par ces temps où les incertitudes du lendemain brouillent nos regards, aiguisent nos tempéraments gaulois, acceptons sans réserve de partager les satisfactions des visiteurs ou encore de garder en mémoire la délicieuse soupe offerte gracieusement dans les rues (4000 bols servis) et même d’en féliciter celles et ceux qui ont relevé les défis qui ne manquèrent pas.

Fort heureusement, le maire de Périgueux n’aura pas à jouer François Vatel (1) lequel est passé à la postérité pour s’être suicidé pendant une réception alors que la livraison de la pêche du jour avait du retard.
Auteur : Pascal SERRE

(1): François Vatel, de son vrai nom Fritz Karl Watel, né à Paris en 1631 et mort à Chantilly le 24 avril 1671 , d’origine suisse, est un pâtissier-traiteur , intendant, et maître d'hôtel français, successivement au service de Nicolas Fouquet, surintendant des Finances de Louis XIV, et du prince Louis II de Bourbon-Condé. Grand organisateur de fêtes et de festins fastueux d’exceptions au château de Vaux-le-Vicomte puis au château de Chantilly sous le règne de Louis XIV, il est passé à la postérité pour s’être suicidé pendant une réception alors que la livraison de la pêche du jour avait du retard.

Les photos du salon prisent samedi en fin d'après-midi

Légendes rédigées par William Lesourd qui est aussi l'auteur des photos prisent avec l'appareil Canon équipé d'un objectif 24mm Carl Zeiss appartenant à Dominique Louis, ami et spécialiste de la photo aérienne en Dordogne, Gironde, Limousin et Corrèze.
Nos amis québécois qui furent les invités d'honneur du Salon du livre gourmand édition 2010. Librairie du Québec, 30 rue Gay-Lussac 75005 Paris, tél : (1)43 54 49 0213/11/2010 © periblog.fr

J'ai goûté au « cidre de glace », spécialité québécoise qui n'a pas du tout le goût du cidre normand... délicieux, mais il ne faut pas en abuser 13/11/2010 © periblog.fr

Marbot, une des rares librairies locales ayant accepté de payer le tarif pour avoir une place au salon. Marbot 21 cours Montaigne, 24000 Périgueux, tél: 05 53 06 45 20 13/11/2010 © periblog.fr

Robert Pico, auteur de « Pété de thunes » publié aux éditions Liber Mirabilis. Les mémoires de Robert lorsqu'il était chanteur/compositeur et connaissait Joe Dassin et d'autres célébrités dans les années 60. Marie-Christine Labourie, son éditrice à également publié un recueil intitulé « Le hamburger béarnais » 13/11/2010 © periblog.fr

José Correa, plasticien et illustrateur périgourdin dédicace des ouvrages sur le stand de la Maison de la presse, 11 place Bugeaud, 24000 Périgueux, tél : 05 53 53 46 30 13/11/2010 © periblog.fr

Jean-Pierre Monmarson notre garde-champêtre à nous, déguste le champagne Maillard en compagnie du propriétaire de la maison 13/11/2010 © periblog.fr

Des planches à induction et un monsieur bien jovial 13/11/2010 © periblog.fr

Heureux de revoir Maryse Ruher-Lavaure, dite « Dame Tartine » qui crée de bons gâteaux en suivant des recettes anciennes, dont elle a d'ailleurs écrit un recueil intitulé « l'Étal de Dame Tartine ». On peut le trouver chez nos libraires en ville 13/11/2010 © periblog.fr

Du nougat aux parfums et aux ingrédients divers fabriqués par de jeunes femmes basées à Vergt 24380. Les Ets Rivard, tél : 05 53 07 29 7713/11/2010 © periblog.fr

Ces jeunes femmes donnent toute leur attention aux visiteurs du Salon 13/11/2010 © periblog.fr

Me voici en compagnie de la jeune femme qui s'occupait du stand faisant la promotion du goût 13/11/2010 © Dominique LOUIS altitudephoto.fr

Il y avait même une boulangère avec sa farine et son pétrin (cela me fait penser à Hélène Robert, ex-boulangère de la rue St Front qui est partie vivre sur la Côte d'Azur) 13/11/2010 © periblog.fr

Des cours de cuisine étaient dispensés sous la tente à l'autre bout du parking Montaigne. Il serait judicieux d'installer un ou deux grands écrans pour aider les spectateurs à observer les gestes habiles des cuisiniers et pour voir de plus prêt ce qu'il se mijote dans les casseroles (comme ils le font lors des Fêtes de la Truffe à Sarlat (photo ci-dessous)) 13/11/2010 © periblog.fr

Fête de la truffe à Sarlat en Périgord Noir - 2011

Cet événement qui a lieu à Sarlat-la-Canéda a rassemblé des chefs étoilés, des scientifiques, des écrivains, des passionnés de la truffe. Cette manifestation gastronomique qui est unique en France est placée sous le patronage du Ministère de l’Éducation Nationale, du Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche. 16/01/2011 © boguy



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Commentaire de Anonymous Jean-Paul Laplaigne , le 17 novembre 2010 08:21  

Merci pour le reportage photo. Quand à l'analyse "naïve" de Pascal Serre je la partage. On peut quand même de temps en temps prendre la vie du bon côté. Ca fait pas de mal et même plutôt du bien. Merci pour le bol d'air à la municipalité et à Périblog

Commentaire de Anonymous Maurice Melliet - Persona Grata , le 17 novembre 2010 09:31  

Ce soir là, autour du maire, on parle de millions d'euros de dépenses pour l'achat de terrains et pendant ce temps, à 200 mètres de là, sur les boulevards, un vieux SDF dort dans un recoin de magasin, la tête enfouie dans un carton.

Les Chalets du cœur n'ouvrent que le 29, et il ne veut pas aller au foyer Lakanal, car il a peur qu'on lui vole sa "manche" de la journée...

Je suis de maraude avec mon collègue ; on lui donne une couverture, une soupe... et une passante, ancienne SDF elle-même, lui donne une demi-douzaine de cigarettes et un briquet !

Voila, deux récits, deux éléments principaux ; d'une part les millions d'euros qu'on va dépenser pour quelques dizaines de mètres carrés et d'autre part la détresse des pauvres...

Maurice Melliet

Commentaire de Anonymous CHANTAL , le 18 novembre 2010 08:30  

Monsieur Melliet nous propose un mélange des genres qui ne fait rien avancer. Qui peut prétendre décemment que toute l'action politique doit être fixée sur un seul sujet si important soit-il ?

Commentaire de Anonymous Hélène ROBERT , le 20 novembre 2010 06:45  

Merci William pour cette "affectueuse pensée". Et ça fait plaisir de voir que même loin je ne suis pas oubliée :)
Tu peux constater que de mon côté je suis toujours une lectrice assidue de ton blog...
Périgueux et ses habitants resteront à jamais dans mon coeur!

Retour sur le « Tueur de la pleine lune » dimanche 14 novembre 2010

Au fil de l'Isle Chaque semaine retrouvez sur Périblog l’humeur de la semaine par Pascal Serre | Voici le billet de cette semaine :


D imanche 7 novembre, à 23 h 15, sur France 2, Christophe Hondelatte est revenu dans son émission « Faites entrer l’accusé » sur l’affaire du « Tueur de la pleine lune » qui secoua Périgueux et la Dordogne entre décembre 1978 et janvier 1984.

Christophe Hondelatte, journaliste de radio et télévision et auteur de « Les grandes histoires criminelles »
(ISBN 978-2258076273) 15/02/2009 © Raphaël Labbé
Premier samedi de septembre 1983. Comme chaque année, le Père Paul Laparre, abbé de son état et directeur de l’hebdomadaire « Courrier Français » pour la Dordogne, avait réuni ses amis de la presse locale chez lui, rue Arago.

Il y a là, avant tout, des brebis que le prêtre entendait régaler de ses plats succulents arrosés à dessein comme il se devait en ces temps de convivialité recherchée et partagée.

Des brebis qui dépassaient les clivages habituels puisque les membres des renseignements généraux de l’époque y avaient leur place. Autour des historiens tels qu’Alberte Sadouillet-Perrin ou Guy Mandon on retrouvait aussi le résistant Léon Lichtenberg et, bien entendu des journalistes. À l’époque on intégrait les nouveaux venus de « Radio-Périgord » qui étaient Guy Breton, directeur, et Thierry Bourgeon, rédacteur en chef. L’heure du « Club de la presse » n'était pas encore venue. Une vingtaine de personnalités qui savaient pouvoir exprimer leurs différences en toute discrétion.

Ce soir-là fut évoqué l’énigme du « tueur de la pleine lune ». En effet, quelques jours auparavant, à Lamonzie-Montastruc, l’homme masqué avait séquestré une famille avant de filer, abandonnant son arme et son fameux poncho ciré. L’abbé Paul Laparre fin observateur se confia sur les allées et venues d’un homme, rue Clermont des Piles à Périgueux, où il avait ses entrées. Celles-ci correspondaient, à ses dires, aux nuits où avaient lieu les crimes. Peut être mû par les voix du seigneur toujours impénétrables il évoquait ses interrogations qui interpellèrent les inspecteurs des renseignements généraux présents. Surprenant hasard, l'un d'eux habitait aussi dans cette même rue.

Francis Leroy, le « fou de Bergerac » ou l'« assassin de la pleine lune » © Droit réservé et France 2
Par ailleurs, le prêtre soulignait que les passages correspondaient aussi aux périodes de pleine lune.
Guy Penaud à gauche, historien et ancien Commissaire principal de la PJ de Périgueux© photo prise le 15/11/2008 lors du salon international du Livre Gourmand © periblog.fr
Les inspecteurs prirent la balle au bond d’autant que, la discussion fort animée aboutit au signalement d’un ancien criminel déjà condamné par les assises de la Charente-Maritime, libéré pour bonne conduite et qui s’était installé à Bourdeilles.

Tous les convives convinrent de se taire. Journalistes et policiers.


C’était une autre époque et les liqueurs de l’abbé récompensèrent ce pacte.

Quelques jours plus tard, l’inspecteur des renseignements généraux ayant procédé à des recoupements avec des photos, des articles de presse et le portrait-robot reconnaissait son voisin. Le hasard devenait une chance.

L’inspecteur Guy Penaud qui travaillait sur l’affaire fut immédiatement informé par son collègue. Tout ce petit monde prit finalement la piste très au sérieux et c’est ainsi que le 30 janvier 1984 Francis Leroy fut arrêté.

De cette soirée de septembre 1983 rien n’a transpiré dans l’émission « Faites entrer l’accusé », dimanche soir. L’abbé Paul Laparre nous a quitté une année plus tard et la mémoire s’est enfouie dans quelques replis de l’Histoire. Pourtant, ce soir-là, un miracle s’est produit. Non ?
Auteur : Pascal SERRE


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Commentaire de Anonymous Christine , le 15 novembre 2010 08:37  

Cette anecdote est merveilleuse. Il y a les ingrédients d'une scène à la "Pagnol" ou quelque chose de "Don Camillo". J'ai connu le Père Laparre dont la mémoire est vive chez celles et ceux qui l'ont connu. Dommage que le monde de la presse locale est tiré un trait aussi rapide sur cette personnalité hors du commun. Jean-Claude Peteytas (Courrier Français actuel) devrait réfléchir à un hommage ou pour le moins un rappel affectueux et respectueux à cet homme de Dieu qui, à sa façon portait une parole et des actes d'une rare simplicité mais d'une efficacité tout aussi lumineuse.

Allées de Tourny : revue et corrigé jeudi 11 novembre 2010

Au fil de l'Isle Chaque semaine retrouvez sur Périblog l’humeur de la semaine par Pascal Serre | Voici le billet de cette semaine :


À Périgueux, la démocratie locale est une réalité. Entre Michel Moyrand et Philippe Cornet les passes d’armes rassurent cet exercice délicat et douloureux qu’est le pouvoir. L’humilité, l’intérêt général et la voix des Périgourdins prise en compte permettant à tous de contribuer à des solutions salutaires. Dernier exemple en date : l’aménagement des boulevards.

Même si, en apparence, le torchon donne l’impression de s'enflammer régulièrement entre Michel Moyrand, le maire PS de Périgueux, et Philippe Cornet, le leader de l'opposition municipale, il n’en demeure pas moins que le premier entend et semble prendre en compte les réalités du terrain. Le second ne peut que s’en féliciter. [ lire la suite sous la photo ]
Riverains, boulistes et promeneurs apprécient les allées de Tourny 29/08/2010 © periblog.fr

Une surdité qui n’est pas irrémédiable

On abandonnera les échanges du moment entre les deux élus concernant la taxe locale sur la publicité extérieure. Chacun est dans son rôle même si ceux-ci relèvent, sur le sujet, du dialogue de sourds. Surdité qui n’est pas irrémédiable.

Nous préférons apprécier la décision du maire de Périgueux de reprendre sa copie concernant l’aménagement du pôle d’échanges des autobus qui menaçait les allées de Tourny.

Le maire de Périgueux a décidé d’abandonner un projet qui faisait frémir les vieux arbres de ces allées mais aussi les Périgourdins soucieux de ce site historique et élégant dû à l’intendant Louis-Urbain-Aubert de Tourny au XVIIIe siècle.

Les vieux ormeaux, tilleuls et marronniers d’Inde seront préservés. On ne peut que se féliciter de cette décision qui répond à la levée de boucliers initiée par les riverains et relayée par les opposants Jean-Paul Daudou, conseiller général et… Philippe Cornet. Michel Moyrand a, avec adresse et intelligence pris acte. Avec l’humilité dont les joutes politiciennes sont trop souvent absentes il a « revu et corrigé sa copie ».

Une partition réussie

Majorité et opposition ont parfaitement joué leur partition. Que demander de plus si ce n’est que cet esprit perdure ?

Déjà, en mars 2009, Claude Bérit-Debat, président de la Communauté d'agglomération périgourdine, avait précisé que ce projet ne « correspondait qu’à une étude de faisabilité ». Michel Moyrand avait, de son côté indiqué qu’il ne s’agissait pas de « construire une gare routière ». Mais, comme le rappelait un ancien Sénateur de Dordogne, Roger Roudier (1) : « Les engagements en paroles ne valent que pour ceux qui les croient ». En l’occurrence les mœurs passées et actuelles confortent ce propos. La vigilance et la circonspection doivent être de mises dans l’intérêt général mais aussi celui de chacune des parties prenantes. C’est cela aussi la démocratie.

Désormais, le maire, Michel Moyrand, parle de « quais mobiles » sur les boulevards, au centre de Périgueux. Une option qui aura, comme toujours, ses avantages et inconvénients. On ne manquera pas de les soulever dans la majorité comme dans l’opposition. Les flèches sortiront des carquois une fois de plus. Espérons que l’intelligence du moment prévaudra sur les dogmes établis et les ambitions politiciennes. Il y va de la démocratie et du renouveau citoyen des administrés qui retrouverons ainsi un sens à la vie publique et à leur vote quel qu’il soit.

En clair, de façon pratique, destinés à améliorer la circulation et le stationnement, ces « quais mobiles » seraient fondés sur la vraie matérialisation d'une file affectée aux bus et d'une file attribuée aux automobilistes. Date prévue de mise en place ? Le premier semestre 2011. Autant dire demain.

En attendant, riverains, boulistes et promeneurs continueront à apprécier les allées de Tourny. Enfin, nous méditerons ensemble sur cette pensée de Michel de Montaigne, contemporain de l'intendant Tourny : « C’est une belle harmonie quand le dire et le faire vont ensemble ».
Auteur : Pascal SERRE
(1) Roger Roudier (1926- 2001) : Instituteur, directeur d’école primaire, Roger Roudier fut conseiller municipal en 1959 puis maire de Razac-sur-l’Isle de 1964 à 1995. Sénateur de la Dordogne de 1988 à 1989.
Photo aériennes de Dominique LOUIS (AERO-D-CLIC) montrant les allées Tourny à droite et le parking Montaigne à gauche, futur emplacement du centre commercial proposé par le maire de Périgueux Février 2010 © Dominique LOUIS altitudephoto.fr
Les allées de Tourny lors du 28ème National de Pétanque de Périgueux 29/08/2010 © periblog.fr

Pascal est membre de :
  • Institut Montaigne (Paris)
  • Fondation Terra Nova (Paris)
  • Fondation de la France Libre (Paris)

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Commentaire de Anonymous Anonyme , le 12 novembre 2010 09:16  

Quel grand écart ! Vision lumineuse de notre basse-cour Périgourdine qui rassure les enfants et le Père noël. Ca ne mange pas de pain mais c'est un peu trop mignon pour être cru.
Attention à l'arbre qui cache la forêt.

Commentaire de Anonymous Philippe marchand , le 13 novembre 2010 08:59  

La démocratie ne peut se résumer aux échanges aux intentions plus ou moins cachées, feutrées qui effectivement masquent les ambitions personnelles moteur essentiel d'une ascension sur l'échafaud de la vie publique.
Nous voici entrés depuis longtemps dans les désillusions, le doute et de l'amertume face aux pouvoirs qui, sous prétexte d'intérêt général et de clientélisme nous jouent du Feydeau qui s'achève en drame populiste aux accents Wagnériens...
Les arbres de Tourny et les boulistes, pour une fois, y trouvent leur salaire. Tant mieux. Et, en toute hypocrisie remercions nos "fermiers généreux" de ces passes d'armes théatrales sans autre lendemain que de nous avoir assoupi en attendant le "Grand soir".
Merci quand même Messieurs Lesourd et Serre pour votre regard bon enfant. Il est charmant et indispensable à légitimer notre... démocratie.

Commentaire de Anonymous Christian , le 15 novembre 2010 13:30  

On pourrait proposer à MM. Cornet et Moyrand de régler leurs différents par une partie de boules en compagnie des gens du vrai peuple de périgueux. Ensuite un petit verre pour fêter tout çà !
On a quand même connu M. Serre plus caustique. Est-ce l'heure de la retraite ?

Fais pas de politique William mardi 9 novembre 2010

À en juger par le manque d'activité que d'aucuns ont relevé sur Périblog, on pourrait croire que ce qu'il se passe à Périgueux n'éveille plus chez moi le moindre intérêt.

On ne serait plus éloigné de la vérité. Périgueux m'intéresse toujours. Comment ignorer la cité avec les manifestations répétitives de ces dernières semaines, tandis que mes oreilles bourdonnent encore des clameurs inutiles des futurs retraités et en une autre occasion du vrombissement de centaines de destriers rutilants, dont les nobles propriétaires demandaient que l'on renforçât la formation de tous les usagers de la route.

Non moins pacifiquement, nos élus se sont querellés à propos de sujets touchant aux commerces de proximité tels la taxe locale sur la publicité extérieure ou la redevance sur les ordures ménagères (lire ci-dessous le Fil de l'Isle de Pascal Serre qu'il m'a fait parvenir à mi-octobre).

J'ai rencontré ou vu certains de ces élus l'autre jour : Michel Moyrand, maire socialiste de Périgueux sortait du Café de la Place où il venait de déjeuner et nous nous sommes envoyés un salut accompagné d'un grand sourire. J'aime bien Michel Moyrand. Le lendemain, je rencontrais Philippe Cornet, son opposant UMP, en train de déguster quelques fins en-cas arrosés d'un blanc moelleux à l'Espace du Sixième Sens, place Saint Silain. Il m'a remis une copie d'une lettre qu'il venait d'envoyer à M. Moyrand en réponse à sa hausse des droits de publicités extérieures (voir en bas de billet). J'aime bien Philippe Cornet. Le soir-même, je racontais mes rencontres à mon ami Thomas Gibertie, très chouette lui-aussi qui levait le coude avec l'ami Grégoire Rousseau, chef talentueux dont je me souviens encore du plat délicieux qu'il nous avait cuisiné à mon (ex-)épouse et moi-même voici cinq ans dans son (ex-)restaurant situé dans l'étroite rue de la Sagesse en face de l'(ex-)galerie l'Art Nôtre. Il avait réussi à me faire croire, de manière éphémère il est vrai, qu'on mangeait bien à Périgueux. Je ne savais pas encore que cette inoubliable expérience culinaire allait être l'exception plutôt que la règle. Bref, les deux compères après m'avoir entendu dire que je ne nourrissais pas la moindre antipathie envers un élu ou un autre, m'ont conseillé de laisser tomber la politique...

Périgueux me passionne et m'enflammera toujours tant que j'aurai un peu de temps libre à lui consacrer. Ç'a n'a pas été le cas dernièrement, car dès la fin de l'été, un flot de difficultés personnelles m'a submergé. S'est rajouté une incapacité à me connecter sur internet qui m'a pourri la vie et obligé à venir travailler quotidiennement au Café de la Place. Certains penseront quelle joie d'abattre un labeur dans cette atmosphère estudiantine, entouré de serveuses et serveurs étonnants et, ils auraient raison si ce n'était que, dû aux consommations, cet exercice ne m'avait pas littéralement ruiné. Mais finalement ces problèmes ont été résolus ou presque* et j'ai pu aujourd'hui m'accorder quelques heures pour préparer de chez-moi ce billet attendu de quelques-uns qui relancera de nouveau le blog.

*Une poignée de personnes, j'ose le dire, dotées d'empathie, sont venues à mon secours, à des degrés divers, ou m'ont simplement apporté un peu de réconfort moral dans les moments difficiles que j'ai traversé et à toutes, je voue une affection et une reconnaissance éternelles.
Le 3 septembre, devant un panel de journaliste au bar le B34 près de l'Office du Tourisme, l'opposition exprimait ses inquiétudes au sujet du déroulement futur du concours de la Truffe. Elle faisait l'éloge d'association telles que le MNOP et le Jazzogène qui ont su, en dépit d'une réduction des subsides, proposer en 2010 un programme très « haut de gamme », mais naturellement, ont dénoncé aussi ce qu'elle perçoit comme les échecs et les inconsistances de la présente équipe municipale dans tout un chapelet de domaines. Philippe Cornet a parlé des dissensions entre les commerçants du centre ville et le maire au sujet des samedis « Cœur Piéton » (en partie résolues je crois), et les frais qu'occasionnera le déplacement de la mairie dans les anciens locaux de la CCI. Les problèmes de nuisance et d'encombrement des terrasses de certains cafés furent aussi abordés, etc. Lire le Sud Ouest pour un compte-rendu journalistique 03/09/2010 © periblog.fr

Marie-Christine Sanjuan, Philippe Cornet et Jean-Paul Mingasson (un personnage très spirituel et vif mais dont je ne saisissais pas toujours les fines plaisanteries ni tout bêtement ce qu'il disait), et christiane Rat-Soulier 03/09/2010 © periblog.fr

Le B34, le bar où se tenait la conférence de presse donnée par Philippe Cornet & Co le 3 septembre 2010 - 34 Place Francheville - 24000 Périgueux - Tél : 05 53 53 37 45 03/09/2010 © periblog.fr

l'Espace du 6ème Sens bistrot gastronomique : 6, place Saint Silain - 24000 Périgueux -
Tél : 05 53 09 24 29 03/09/2010 © periblog.fr

Francis Delpey chef périgourdin et propriétaire de l'Espace du 6ème Sens à Périgueux. On le voit ici brossant les dernières truffes d'été 03/09/2010 © periblog.fr



Et voici enfin pour celles et ceux qui l'attendaient... le Fil de l'Isle !

Au fil de l'Isle Chaque semaine retrouvez sur Périblog l’humeur de la semaine par Pascal Serre | Voici le billet de cette semaine :


Périgueux n’est pas à l’abri de la crise

Le temps des vaches maigres est arrivé. Du moins, nos élus périgourdins semblent en prendre conscience. La multiplication ou l’augmentation des impositions des entreprises locales résulte d’un choix politique. Discutable mais incontournable.

Au début de l’année, André Laignel, président de l’observatoire des finances locales soulignait : « Toutes les conditions d’une grave crise financière des collectivités locales sont réunies ». Et de poursuivre : « on constate un tassement des investissements et une hausse de l’endettement de 3% ». Aucun type de collectivité n’échappe à cette sombre analyse : « Les départements sont gravement touchés, les régions n’ont plus de liberté fiscale, le bloc communal commence à accuser le coup », dénonçait André Laignel.

A ce constat s’ajoutent les incertitudes sur les effets de la crise, sur les modifications des cofinancements pour certaines collectivités, l’impact réel de la réforme de la taxe professionnelle. Dans ce contexte de gel des dotations, c’est donc à une mise sous tension accrue de leurs comptes que les administrations publiques locales pourraient se voir confrontées, si la conjoncture n’évoluait pas favorablement. Notre bonne cité des Pétrocores ne saurait se soustraire à cette équation.

Lionel Preguimbeau avant la baisse de la taxe
(voir l'astérisque plus bas) © Jean-Christophe Sounalet/Sud-Ouest
C’est dans cette situation que la municipalité de Périgueux a décidé d’augmenter le droit de place des producteurs de chrysanthèmes* qui ornent les entrées de nos cimetières. Cette même municipalité a annoncé que les commerçants de la ville seraient soumis à une nouvelle taxe sur la publicité extérieure.

Ces mauvaises nouvelles suivent celles concernant la mise en place de la redevance spéciale sur les ordures ménagères, la hausse des droits de place, de terrasses et de chevalets. Cet ensemble de charges supplémentaires accentue les incertitudes des acteurs économiques de Périgueux. Des décisions qui ne peuvent que faire grincer les dents des personnes concernées.

Si l’on entend les déclarations de Michel Moyrand les coupes sombres dans les dépenses qualifiées de somptuaires ou pour le moins dispensables ont été faites. On veut bien le croire. Mais si on veut maintenir un service public de qualité compatible avec les exigences des Périgourdins il faut trouver de nouvelles recettes. Imparable et réaliste.

Michel Moyrand et son équipe ont fait le choix politique de ne pas alourdir l’imposition des ménages. Louable intention.

Pour l’opposition menée par Philippe Cornet : « Ces choix affaiblissent encore un peu plus le commerce de proximité qui n’a, en ce moment, guère besoin de cela. » C’est une évidence qui ne peut avoir échappé à Michel Moyrand.

Le maire de Périgueux nous a habitué, depuis son installation, à assumer ses choix, même les moins populaires. À ses contradicteurs il répond : « on me jugera aux prochaines élections ».

Le philosophe Machiavel disait : « En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal ». C’est, vraisemblablement guidée par cette pensée que la municipalité de Périgueux a inscrit ses douloureuses décisions.

* Stop presse : À la suite de l’intervention de Lionel Preguimbeau, porte-parole des horticulteurs la municipalité a fait preuve de modération en acceptant de réduire la taxe en durée. Les horticulteurs paieront qu’un jour au lieu de cinq. Le dialogue assorti d’un esprit éclairé des deux côtés ont été respecté et servent d’exemple pour d’autres débats. Il faut le souligner.
Auteur : Pascal SERRE
Membre :
  • Institut Montaigne (Paris)
  • Fondation Terra Nova (Paris)
  • Fondation de la France Libre (Paris)
Lettre de Philippe Cornet à Michel Moyrand le 22 octobre 2010

Philipppe Cornet
Conseiller Municipal de Périgueux
Conseiller Régional

17 Place Plummancy
24000 Périgueux

Tél : 05 53 08 22 31

Monsieur Moyrand

Mairie de Périgueux
Place de l'hôtel de ville
24000 Périgueux

Monsieur le maire,

Beaucoup de commerçants viennent de m'interpeller au sujet de lettre que vous leur avez adressé le 15 octobre dernier concernant la taxe locale sur la publicité extérieure que vous réclamez avec un effet rétroactif de deux ans !

Après la redevance spéciale sur les ordures ménagères, la hausse spectaculaire des droits de places, de terrasses et de chevalets c'est désormais un nouvel impot que vous levez sur le commerce sans aucune concertation ou information préalable.

Votre lettre oublie que cette taxe est facultative et que la collectivité a toute latitude pour l'exonérer ou la moduler.

De même la formulation habile de votre missive laisse à penser que vous ne faite que reconduire une précédente délibération prise en 1989 dont vous savez très bien que vos prédécesseurs ne l'ont jamais mise en œuvre.

Contrairement à vos affirmations, elle n'a jamais été appliquée à Périgueux, ce que vous ne pouvez pas ignorer.

Contournant ainsi la réglementation, vous avez soigneusement évité de mettre cette délibération à l'ordre du jour de votre conseil municipal excipant d'une décision jamais appliquée de plus de 20 ans...

Cette méthode est des plus contestables et affaiblit encore un plus le commerce de proximité qui n'a en ce moment guère besoin de cela.

Je vous demande Monsieur le Maire de suspendre le recouvrement de cette nouvelle taxe et de mettre ce sujet en discussion au prochain conseil municipal du 16 novembre prochain.

Philippe CORNET

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Commentaire de Anonymous Rue de la Chouette , le 12 novembre 2010 09:28  

Heu pardon; un détail. Sur la TLPE (ndlr : Taxe Locale sur la Publicité Extérieure) on ne peut pas réduire les (op)positions à des postures politiques. Ce n'est pas un problème de rôle: c'est une question de droit.

Il faudrait cesser de donner l'illusion que tout est politique. C'est oublier une composante certes malmenée de la démocratie mais néanmoins essentielle, le pouvoir judiciaire.

Dans notre cas d'espèce on se fiche (désolé) des déclarations des politiciens locaux. Il suffit d'appliquer la loi.

Dans un cadre légal, la mairie NE PEUT PAS percevoir cette taxe.

Pour information:
http://www.ruedelachouette.org/taxe-des-commerces-le-maire-revendique-une-decision-illegale/

 

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