Le Saint Bernard des mers vendredi 30 avril 2010

Au fil de l'Isle Chaque mercredi retrouvez sur Périblog l’humeur de la semaine par Pascal Serre


La politique, chez Daniel Garrigue, ça ressemble à une histoire de famille. Une vieille histoire de famille gaulliste. Ne trouve-t-on pas un certain Franck Garrigue, « mon grand-père, suppléant du jeune Yves Guéna, futur député UNR-UDT de la première circonscription de la Dordogne en 1962 » rappelle l’actuel député de Bergerac.

Dans la famille Garrigue, le père, ancien résistant, s’intéresse à la chose politique. Daniel Garrigue n’y échappe pas. Il se souvient encore de « deux événements qui m’ont marqué : l’insurrection hongroise en 1956 et le retour du général de Gaulle au pouvoir en 1958. Je suis gaulliste; je ne suis pas atlantiste. L’Europe a besoin d’une défense commune qui ne passe pas par l’Otan. »

Son grand-père, le commandant Franck Garrigue, homme de devoir et de foi, mérite que l’on ravive sa mémoire.

Le commandant Franck Garrigue est né à Périgueux en 1898 dans le quartier Saint-Georges. Son père était photographe connu et réputé sur la ville. Il devint le pacha, d’un des plus beaux paquebots de notre pays : l'Île-de-France.

Ami de mes parents, lors de ma naissance, en 1957, il leur adressa de depuis l'Île-de-France un message de félicitation.

Je me remémore, tout enfant, les soirées, chez lui, rue Hautes des Commeynies, émerveillé devant une maquette sous verre du splendide navire éclairée discrètement dans un espace aménagé comme une cabine faite de bois et de cuivre. J’avais cinq ans et je crois savoir que l’on y préparait la campagne d’un certain Yves Guéna.

C’est en 1990 que le commandant Franck Garrigue se sépara de nous.

Franck Garrigue un homme de devoir et de foi

Le paquebot Ile de France
L'Ile de France au large de New York qui navigua de 1927 à 1959. Les nombreux sauvetages auxquels il prit part lui vaudront le surnom de Saint-Bernard des mersPhoto © Compagnie générale transatlantique


Un samedi de septembre 1953, le paquebot Île-de-France se rendait à New-York. Le commandant Franck Garrigue prend connaissance d’un appel de détresse d’un cargo libérien le Greenville. Derechef, sans ciller il détourne l'Île-de-France vers le navire en détresse. Il put ainsi sauver l’équipage autrement promis à une mort certaine.

L'Île-de-France présente une carrière exceptionnelle qui sera marquée par de nombreux sauvetages dont celui particulièrement périlleux du célèbre paquebot italien Andrea Doria éperonné par le paquebot Stockholm dans la nuit du 25 au 26 juillet 1956.

À l'issue du sauvetage de 753 passagers de l'Andrea Doria, le paquebot fera une troisième remontée triomphale de l'Hudson accompagné par les remorqueurs, toute la poussière navale new-yorkaise et les avions, c'est le seul paquebot à avoir connu ce privilège. Les nombreux sauvetages réalisés par l'Île-de-France vaudront au paquebot le surnom de Saint Bernard des mers.

Le commandant Franck Garrigue, à cette époque, est associé malgré sa très grande discrétion à ces évènements.
Le paquebot France commandé le 26 juillet 1956 par la Compagnie générale transatlantique est en cours de construction depuis le 7 octobre 1957 à Saint-Nazaire et pointe du doigt l'âge du paquebot Île-de-France.

Finalement, après de nombreuses traversées de l'océan Atlantique, l'Île-de-France effectue son dernier voyage transatlantique le 1er novembre 1958. Le commandant Franck Garrigue prend une retraite bien méritée dans sa ville natale et devient directeur de la protection civile.
L'Ile de France au HavrePhoto © Compagnie générale transatlantique

Peut-on dire que l’ancien pacha se fit un nouveau devoir de sauver le soldat Guéna ?

Lorsqu’en 1962 le général de Gaulle demanda à Yves Guéna de se présenter aux élections législatives en Dordogne le « Commandeur des croyants » se mit en quête d’un suppléant. Dans son ouvrage Le temps des certitudes paru en 1969 il raconte : « Il me fallut trouver un suppléant. Faute qu’un élu local osât s’afficher avec un candidat sans espoir, un homme très honorable accepta de se dévouer. Le commandant Garrigue, d’une bonne famille de Périgueux y était revenu après toute une carrière d’officier à la Compagnie générale transatlantique. Alors qu’il commandait le paquebot Ile-de-France, il s’était distingué, en septembre 1953, en se portant au secours d’un cargo panaméen, le Greenville, en perdition dans l’Atlantique Nord et, malgré la tempête, avait réussi le sauvetage. Il reçut pour cet exploit la Légion d’honneur à titre exceptionnel. J’avais besoin d’une telle caution. »

Peut-on dire que l’ancien pacha se fit un nouveau devoir de sauver le soldat Guéna ? Pas si sûr, car il s’engagea sans réserve et avec l’énergie de celui qui se bat pour gagner sans oublier qu’autrement on est assuré de perdre.

Jacques Lagrange dans son ouvrage Yves Guéna, face et profils déclare : « L’estime dans laquelle est tenu le nom de Garrigue fait, déjà, que des électeurs ont retenu ce bulletin, sans connaître le député à élire. »

Yves Guéna battra son rival Yves Péron (Parti communiste français) de… 16 voix. L’Histoire ne dira pas à qui appartenaient ces voix. Pour le commandant Franck Garrigue, la mission était accomplie sans que ne soit évoqué d'autre nom que celui d'Yves Guéna.

Gérard Fayolle, dans 50 ans de batailles de politiques en Dordogne commente : « Au soir du 25 novembre 1962, le monde politique se demande si cette victoire annonce une carrière perigordine pour le nouveau venu dont on vient de mesurer l’envergure ou s’il ne s’agit encore que d’un de ces triomphes éphémères des gaullistes portés par une vague et balayés au scrutin suivant. »

On sait ce qu’il en sera. En ceci, le dernier ouvrage d’Yves Guéna paru chez Flammarion ce mois-ci illustre que sa route entretient les braises de l’esprit du 18 juin 1940 et que le goût de cendre n’est pas encore à l’ordre du jour (en réponse à la citation empruntée à Saint-John Perse en exergue de son livre).

Quand le silence est un hommage au futur

Yves Guéna, Mémoires d'Outre-Gaulle
Avec Mémoires d’Outre-Gaulle récemment sorti chez Flammarion, Yves Guéna semble n’avoir pas été compris par Daniel Garrigue, l’actuel député de BergeracPhoto © droits réservés
Avec Mémoires d’Outre-Gaulle récemment sorti chez Flammarion, Yves Guéna semble n’avoir pas été compris par le petit-fils de son ancien suppléant. Une simple phrase : « Garrigue a oublié ce que j'ai fait pour lui. L'ingratitude est courante en politique » a déclenché les foudres de Daniel… Garrigue. L’actuel député de Bergerac met en cause la version des faits concernant des bisbilles issues des élections législatives de 1993 par voie de presse. Quel dommage !

Yves Guéna bien au dessus de ces contingences se tait. La grandeur gaullienne n’a que faire de ses ombres sans gloire et préfère « guetter la lueur de l’espérance. »

Qu’en aurait pensé l’ancien Saint-Bernard des mers ?
Auteur : Pascal SERRE
Membre :
  • Institut Montaigne (Paris)
  • Fondation Terra Nova (Paris)
  • Fondation de la France Libre (Paris)



Documentation :
Mémoires d’Outre-Gaulle, Yves Guéna, Flammarion, 312 pages, 22 € (avril 2010)
50 ans de batailles politiques en Dordogne, 1945-1995, Gérard Fayolle, Fanlac, 224 pages.
Le temps des certitudes, Yves Guéna, Flammarion, 358 pages.
Yves Guéna, Face et Profils, Jacques Lagrange, Pilote, 310 pages.
Archives de la Compagnie générale Transatlantique.

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Commentaire de Anonymous beauvert , le 30 avril 2010 09:15  

C'est l'Ile de France qu'il faudrait sauver du naufrage aujourdhui !
Au sujet d'Yves Guéna, on mesure la différence entre un homme d'état et un homme politique !
Merci Pascal pour cet éclairage !

Commentaire de Blogger catilina , le 30 avril 2010 13:22  

Se servir de la mémoire du grand-père de Daniel GARRIGUE pour essayer de discréditer ce dernier témoigne d'une certaine bassesse d'esprit. C'est Yves GUENA qui a pris à partie Daniel GARRIGUE dans ses mémoires. Il était logique qu'il y répondît.

CATILINA

Commentaire de Blogger Jean-claude Bonnal , le 30 avril 2010 13:26  

La famille Garrigue, Périgourdine mérite un hommage et avait une boutique photographe rue Limogane à Périgueux et une belle carrière dans la Marine de vrais Gaullistes.J.C Bonnal.http://mondomicile.centerblog.net

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 30 avril 2010 17:59  

Pascal Serre, je lis vos billets depuis quelques temps, ils sont sobres, fleuris et frais ! Là, pour le coup, on sent le règlement de comptes ! Que vous a donc fait (ou pas) Daniel Garrigue pour le brocarder ici bas...

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 30 avril 2010 20:42  

Pour moi y a pas assez de Willima!

Commentaire de Blogger Périblog , le 30 avril 2010 20:53  

Merci Anonyme (avec une touche de dyslexie ;-) ça fait plaisir. Trop pris par mes travaux internet en ce moment qui incluent la mise en forme sur ces pages des billets de Pascal ; mais je prépare un billet pour bientôt sur un concert privé où je me suis rendu il y a peu (avec vidéos et photos de la sensuelle Sandra du groupe Sandie Trash)
À bientôt donc, W

Commentaire de Anonymous PIERRE YVES MARCHAND , le 1 mai 2010 09:43  

Monsieur Garrigue semble toujours prêt à dégainer. Ce n'est pas la première fois que Daniel Garriguel se lance dans la bataille comme un preux chevalier du Moyen Age.
Pourquoi Guéna s'est cru obligé de souligner cette parenthèse politique entre Traissac et Garrigue ? Tout ceci ne sent pas bon et le règlement de comptes entre Guéna et Garrigue (le petit-fils).
Pascal Serre a choisi de nous rappeler une page d'histoire locale oubliée et chargée d'émotion. Je n'ai ressenti aucune agressivité de sa part mais une interrogation légitime sur l'image que peut donner cet échange par rapport à une autre époque pas si lointaine.

Commentaire de Anonymous Pascal Serre , le 1 mai 2010 09:58  

Bien cher (e) anonyme,
Je suis attristé qu’à la lecture de ce “Fil de l’Isle” vous puissiez penser à un règlement de comptes. Ce n’est ni mon genre ni ma philosophie. J’exprime des réflexions qui n’engagent que moi et sont ouvertes au dialogue et ne se prétendent en aucune façon universelles.
En l’espèce, au travers d’une mémoire locale et d’un échange à fleurets non mouchetés je m’interroge (et vous interroge) sur l’évolution des rapports humains dans la vie politique.
Je ne puis accepter -mais ne vous en tient pas grief- d’être qualifié de témoigner d’une “certaine bassesse d’esprit”. C’est un point de vue extrêmement réducteur que je pourrais vous renvoyer. De même je pourrais m’imaginer aussi à un règlement de compte qui, sachez-le, me laisserait de marbre.
Daniel Garrigue a souhaité répondre par voie de presse à ce que vous considérez être une “prise à partie” d’Yves Guéna à son encontre. C’est son droit. Daniel Garrigue est un homme de convictions. Il est un des rares dans ce département à se réclamer avec justesse de la pensée Gaulliste. Il s’est effectivement battu et se bat encore face à des stratégies politiciennes qui n’ont de cesse de titiller son tempérament de lutteur, de frondeur. Caractère entier ? Certes mais je me garderais d’y apporter un jugement quelconque.
En conclusion, le bref rappel d’Yves Guéna dans on ouvrage méritait une plus grande discrétion de “compagnons” et, peut-être, d’une clarification ultérieure en dehors des émotions et passions mauvaises conseillères.
Peut-être suis-je naïf. Soit. Respectueusement. PS

Commentaire de Anonymous PAUL CHIRON , le 1 mai 2010 16:34  

Dommage que le détail prenne le dessus sur le plus important. J'ai lu le livre où Guéna se donne la part belle mais sans que ce qui soit écrit me semble contestable. Un grand bonhomme même si je n'ai pas partagé ses méthodes. C'est quand même un ami de Pasqua et un utilisateur du SAC durant ses campagnes de 1962 à 1981.

La guerre des terrasses lundi 26 avril 2010

Le cancan du Coderc est une chronique hebdomadaire par Pascal Serre


Voyageurs à la prunelle discrète, la terrasse d’un café est, pour nous, un observatoire et une agora propices aux joutes verbales méridionales. Nous n’en connaissions ni les maquignonnages, ni les invectives maladroites qui heurtent nos sensibilités. Notre sujet était tout trouvé : l’échange de courrier entre Michel Moyrand et la propriétaire de l'enseigne Flo d’Avril.

Chez Marie Deleporte. Terrasse de la Fée Maison, place du Coderc
La terrasse de la Fée Maison (Marie Deleporte) sur la place du Coderc Photo © Pascal Serre
Quand j’ai fait mon tour des popotes, comme chaque vendredi en fin de journée les cinq compères étaient unanimement remontés comme des pendules : « Qu’est-ce que c’est que cette histoire entre Michel Moyrand et Florence Durand ? » Gardant toutes les saveurs du muscadet pour le lendemain je concluais : « On en parle demain, au Coderc, à 10 heures. » Je ne croyais pas si bien dire.

Samedi 24 avril. Avec nos facéties, nos satires qui se refusent à médire mais chagrinent les esprits enclins aux despotismes nous ne prétendons point connaître la critique qui blesse mais, seulement, en ce siècle fertile en sots admirateurs ou contestataires aux ambitions voilées nous sommes prompts au festin joyeux des terrasses de cafés de notre place du Coderc. La table et les chaises sacrées devenant un mystérieux moment où l’on commence à vivre notre univers, en chantant nos ignorances de l’obscur sillon d’où nous souhaiterions extraire nos amis à la crinière fumante.
Le soleil est au zénith et nous rapprochons le parasol afin qu'il ne réchauffe pas trop vite la bouteille de muscadet qui vient d’être posée dans un seau à glace frappée de toutes nos convoitises.

Florence et Michel sur la place publique

Nous sommes au complet. Six hommes qui se laissent bichonner la face par quelques rayons buissonniers et regardent défiler visages inconnus et connus de leur ville. De grandes salutations, des poignets de mains, des propos sans destin mais, déjà le sentiment d’être occupé par quelques choses d'importance.Florence Durand et lettre de Michel Moyrand maire de Périgueux
Florence Durand devant son salon de thé (crêpes et glaces) au 5 place de la Clautre où, pour quelques jours seulement, sera placardée la lettre du mairePhoto © PS
Tout d’abord, la première « santé » immédiatement enchaînée par un brouhaha de paroles qui s’entrechoquent. Ensuite, la mise en ordre des passions car le sujet est grave : l’échange de lettres entre l’honorable maire de Périgueux et une sympathique commerçante d’une place autre que la notre, celle de la Clautre et dénommée Florence Durand. Le sujet : la hausse de la redevance du droit de terrasse imposée aux cafetiers et restaurateurs. Celle-ci présente une hausse de + 66% ! Oui, vous avez bien lu… + 66%.

Des menaces de poursuites judiciaires ?

Christian, en venant de Saint-Georges est passé prendre un café chez Florence Durand ou plutôt Flo d’Avril et il embraye : « Bien il faut savoir que je connais la maison car ma défunte femme y allait régulièrement. Elle a ouvert il y a quatorze ans et ce n’est pas son genre de faire du tapage. Elle a remis en main propre à Michel Moyrand une lettre où elle dénonçait cette hausse. C’est vrai qu’elle a mis en marge que le maire n’était plus autorisé à venir chez elle… Et elle a affiché la lettre. Sur ce, le maire lui a adressé une lettre recommandée rappelant que c’était une discrimination contraire à la loi et passible de poursuites judiciaires. »

Une lettre remise en main propre

René était au courant par la presse et quelques indiscrétions : « Savez-vous que c’est Moyrand qui a informé la presse de cet échange de courrier ? » Bernard qui a travaillé à la municipalité sous Guéna rétorque : « j’ai entendu parler de ça. Mais il a pété un cable Moyrand ? C’est quoi tout ça ? Jamais on aurait vu ça sous Guéna et même sous Darcos. Oh ils ne se seraient pas déplacés mais ils auraient envoyé un adjoint pour que tout ceci prenne une tournure plus décente. »

Alain, l’ancien commerçant de la rue Taillefer est aussi au courant et s’empresse de dire : « Et Moyrand a demandé que sa lettre soit affichée dans le magasin de Florence Durand. Sur le plan juridique on peut pas lui donner tort mais c’est pas une attitude très constructive. Bonjour pour l’ouverture d’esprit et le dialogue ! » Jean-Paul rapporte que dans son quartier de Saint-Martin tout ceci ne sent pas très bon : « Ma femme est allée chez cette commerçante et elle m’a dit qu’elle n’était pas du genre à polémiquer. Elle s’est exprimée et, je confirme qu'elle a remis la lettre en main propre au maire. »

Les médias locaux et nationaux au rendez-vous

Christian revient à la charge : « quelle que soit l’augmentation il n’y aurait eu aucune lettre d’information et le placier serait passé pour récolter l’impôt tout en informant les cafetiers et restaurateurs de l’augmentation. C’est une méthode un peu cavalière. Florence Durand fête aujourd’hui même son 49ème anniversaire et les 14 ans de sa boutique. Elle a même affiché la lettre de Moyrand avant de l’avoir reçue officiellement. Les deux lettres sont affichées et Florence Durand se trouve assaillie par les médias locaux et même nationaux car cette histoire est pour le moins grotesque. D’ailleurs, elle m’a dit que monsieur Moyrand pouvait venir quand il le souhaitait mais c’est vrai que le maire elle l’a un peu en travers. »

René reprend : « Quel que soit le montant de l’augmentation et la lettre de cette dame, le maire a perdu les pédales et son attitude est inacceptable de mon point de vue. Je ne le comprends pas. »

Alain et Bernard se disent outrés par ces procédés et craignent pour l’avenir : « Mais où on va ? Évidemment que 66 % de hausse sur une taxe c’est difficile à digérer. Certes, la colère de Florence Durand l’a emporté sur le langage ampoulé et biaisé des politiques. Mais peut-on encore faire une critique sans tomber sur la vindicte et une fatwa quelconque des politiques ? Ne se disent-ils pas ouverts au dialogue et plein de vertus qu’ils semblent de moins en moins appliquer ? Il y a de quoi se poser des questions. »

Le flacon de muscadet est vide

La discussion est vive entre nous six. Tout le monde s’accordant sur l’absence de maîtrise du maire et la disproportion de la réplique à une lettre qui traduit plus un désarroi et un raz-le-bol qu’une position partisane contre la municipalité. Avec un peu d’humour et de dialogue tout ceci aurait été une tempête dans un verre d’eau.

Le flacon de muscadet est vide. Le voyage peut désormais débuter. Pour nous, la guerre des terrasses s’arrêtera là avec une déception pour ces histoires clochemerlesques qui font aussi notre régal. Mais quel dommage ! Nous regardons notre terrasse – celle du Coderc – et constatons que notre muscadet n’a pas encore été augmenté de + 66%. Ouf car on a eu peur !
Auteur : Pascal SERRE
Lettre de Michel Moyrand adressée à Florence Durand
Le placard de Michel Moyrand, maire de PérigueuxPhoto © PS

Lettre de Florence Durand adressée à Michel Moyrand
La réponse de la propriétaire du Flo d'Avril adressée à M. MoyrandPhoto © PS


Pascal SERRE
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Commentaire de OpenID missito , le 27 avril 2010 02:47  

J'apprends avec stupéfaction l'augmentation de la taxe sur les terrasses, pas tant l'augmentation, le contraire serait étonnant, mais sa hauteur de 66%. Les chiffres de la lettre du maire indiquent une augmentation de 32€ sur la précédente de 144€ annuelle. Toutefois si l'on fait 32/144 on arrive à 22,22%, soit environ 44% qui manquent. Où sont-ils passés ?
D'autre part, j'aurais bien aimé que l'on reproduise le placard de Florence afin que l'on puisse se faire une idée exacte des choses (même si ce faisant le site était susceptible de subir les foudres légales au motif de la discrimination qui y serait prônée à l'encontre du maire, pensez-vous, plus de chocolatine ni de croissant pour combler le creux de 11h00)

Commentaire de Blogger Périblog , le 27 avril 2010 07:34  

Merci pour le com Missito.

Je viens de poster la réponse de Florence Durand à la lettre de Michel Moyrand. Je ne poste pas le placard qui fut à l'origine de cet échange, non pas parce que j'ai peur de la foudre (quoi qu'un claquement soudain du tonnerre me fait sursauter comme tout un chacun) mais parce que je ne l'ai pas en ma possession. Si les partis intéressés veulent bien me le transmettre je considèrerai sa publication après concertation avec l'auteur du billet bien entendu. W

Commentaire de Anonymous Hélène ROBERT , le 27 avril 2010 11:07  

Plutôt que de faire des comparaisons avec d'autres villes il aurait peut-être mieux valu tenir compte de la situation difficile des commerces de Périgueux qui ferment les uns après les autres.
Mais c'est oublier que les artisans et commerçants sont les vaches à lait de la France...

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 27 avril 2010 11:41  

Les terrasses ouvertes sur la voie publique et sur la circulation c'est se moquer du client....Jean-claude Bonnal

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 27 avril 2010 15:01  

Monsieur Moyrand dévoile son déni des relations humaines. C'est la qu'est le vrai scandale. On préfère se taire et attendre les prochaines élections

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 27 avril 2010 18:29  

les relations publiques ne sont peut être le fort du maire mais faire passer les commerçants du centre ville (et j'insiste de l'hyper centre même) pour des martyrs, il faudrait pas exagérer. Le ouin ouin du diable pour coeur piéton est un exemple de la mauvaise foi politicienne qui les anime. Il me semble qu'une autre commerçante accuse son propiétaire de la ruiner et je peux citer aussi les loyers de la rue éguillerie qui ont fait fermer par exemple le commerce qui précédait "compléments femmes". Mais c'est tellement plus simple de dénoncer ce vilain moyrand (même s'il n'est pas toujours aussi aimable qu'il le devrait peut être...)
Dalloways

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 27 avril 2010 18:32  

Bravo monsieur le maire on va aller loin

Commentaire de Blogger La Chouette , le 27 avril 2010 19:17  

La délibération du 07 juillet 2009 ne figure pas dans les archives des conseils municipaux du site de la mairie: http://www.ville-perigueux.fr/pagesEditos.asp?IDPAGE=117&cnf=|A1EE26C7

Le refus de vente n'a pas eu lieu, il est présumé. La discrimination devrait porter sur "l'opinion politique" ce qui n'est pas le cas non plus.

Quant à l'injonction (fantoche)de publicité du courrier municipal, elle est géniale. Ce courrier est si minable qu'au contraire toute personne censée le cacherait plus que tout.

Commentaire de Anonymous Saturne , le 28 avril 2010 01:11  

Sujet du dernier CANCAN : la hausse de la redevance du droit de terrasse imposée aux cafetiers et restaurateurs. Celle-ci présente une hausse de + 66% ! Oui, vous avez bien lu… + 66% !

C’est ce qu’affirme avec beaucoup d’insistance le journaliste Pascal Serre( Carte de presse N° 43 828).
Oui, j’ai lu et bien relu la lettre du Maire de Périgueux ; je constate que la redevance due pour occupation du DOMAINE PUBLIC serait passée de 18€ à 22€ par mètre carré et par an !
Outre le fait que cette «location» reste anormalement basse compte tenu des privilèges ainsi accordés à certains professionnels , je ne retrouve pas l’augmentation de 66% qui fait hurler ces pauvres malheureux commerçants du Centre Ville.
Où est l’erreur ? Monsieur Serre peut-il m’aider à comprendre ?
Va-t-on nous expliquer – puisque les journalistes sont soumis à une charte rigoureusement respectée qui les oblige à ne jamais écrire que la Vérité (revoir « Le Fil de l’Isle » et ses commentaires du 31 mars dernier) – va-t-on nous expliquer que les chiffres sont trompeurs et qu’il s’agit, bien sûr, d’une ultime rouerie municipale ?
Va-t-on, pour enfoncer le clou, nous infliger encore quelques obscures arguties d’un rapace nocturne ?

Commentaire de Anonymous Nino , le 29 avril 2010 00:57  

Qui manipule qui ?
On aimerait avoir une réponse à la question de MISSITO et de SATURNE : la hausse de la redevance pour occupation du Domaine Public imposée aux cafetiers et restaurateurs du centre ville de Périgueux est-elle de + 66% comme l’affirme Pascal Serre, ou seulement de + 22% et des poussières (de 18 à 22 € par m2/an) ?
Dans le second cas, ce "cancan" qui se voulait provocateur tombe à plat, non ?

Commentaire de Anonymous Pascal Serre , le 30 avril 2010 05:33  

Sur le taux de hausse de 66% Monsieur Saturne (et d'autres) a soulevé un problème de fond tout à fait justifié. On passera sur la forme qui se veut un zeste provocatrice faute d'être élégante.

Le chiffre de + 66% a été repris par un de nos compères de table au "Coderc" lequel, en bon lecteur, ne remet jamais en cause son journal préféré. Après enquête, il m'a indiqué avoir trouvé ce chiffre dans un article d'Angélique Mangon paru dans la Dordogne Libre du 23 avril sous le titre "La hausse du droit de terrasse a du mal à passer."

Ainsi, on pouvait lire : "Comme Florence Durand, d'autres commerçants, soutenus par l'opposition municipale (DL d'hier), s'élèvent contre cette hausse. « Cela représente une hausse de 66 % par rapport aux tarifs précédents », commente Thierry Châtaignier, le gérant du café le Puy-Saint-Front."

L'esprit du "cancan du Coderc" n'est pas celui de l'investigation mais de donner le reflet d'une bande de lurons qui connaissent bien leur Périgueux et leur façon d'en commenter l'actualité.

Le fameux 43 828 est là pour les réunir, animer, guider et reconstruire de façon littérale sans les trahir leurs propos qu'ils acceptent d'entendre jugés de "comptoir". Avec humilité avant tout et... Élégance si possible.

Merci Messieurs Missito, Saturne, Nino pour avoir permis cette précision.

Pascal SERRE

Commentaire de Blogger missito , le 30 avril 2010 07:35  

Merci Pascal pour votre réponse honnête.

Commentaire de Anonymous Nino , le 30 avril 2010 11:38  

"Propos de comptoir", certes, mais le fait qu’ils soient écrits, publiés et largement lus leur confère le caractère d’informations. Ce flou est d’autant plus pernicieux qu’il est souvent très artistique et fort bien entretenu par le talent du chroniqueur. Dès lors que des personnes sont précisément mises en cause, les propos de comptoir ne sont pas tout à fait anodins..., comme de la calomnie,il en restera toujours quelque chose.
Quant à la réponse apportée par Pascal Serre, élégante et courtoise, elle ne dissipe pas complètement le doute. Elle pourrait même le justifier et l’entretenir, sans vraiment exprimer excuses ou regrets.

N'avoue jamais...

Commentaire de Blogger Philippe , le 12 mai 2010 16:41  

Bonjour,

Et bien moi, je suis fou de joie que le Maire ait osé s'attaquer à un fléau à Périgueux : les terasses....

En effet, quiconque n'a pas essayé de se promener en centre-ville avec une poussette ne pourra pas comprendre ma joie. y'en a marre de ces cafetiers qui étendent leur terrasse sur tout le trottoir et vous oblige à la contourner en marchant sur la route avec les voitures qui vous frôlent. Y'en a marre de ces terrasses qui vous empêchent de vous promener tranquillement sans être bousculé ou gêné par les serveurs qui cours entre les tables. Y'en a marre des bobos qui passent leur temps aux terrasses et qui sont sans doute pour quelque chose dans le fait que les café bus place du coderc ou place St Silain seront bientôt aussi chers que ceux que l'on peut boire sur les Champs Elysées. Alors bravo Monsieur le Maire !!!J'espère que cette augmentation va enfin libérer une partie des trottoirs et que cela permettra à la collectivité de récupérer un peu de la baisse de la TVA que peu de cafetiers ont réellement appliqué à Périgueux.

Nos conseillers régionaux sont-ils des traders ? mercredi 21 avril 2010

Au fil de l'Isle Chaque mercredi retrouvez sur Périblog l’humeur de la semaine par Pascal Serre


C'est Philippe Cornet, récemment élu conseiller régional (UMP) dans un entretien accordé à Sud-Ouest qui a révélé que les indemnités des conseillers régionaux d’Aquitaine avait été votées au plafond de leur possibilité : 2 300 euros brut pour un conseiller de base. Il semblerait que ce soit en fait 2 647 euros brut.

Révélé, car pour des raisons administratives et de procédures l’ensemble de ces informations (indemnité du président, des vice-présidents, mais aussi indemnité de membre de la commission permanente…) ne sont pas encore disponibles. Mais ceci ne saurait tarder.

Évidemment ne vous attendez pas à trouver ces informations en tête de votre page Google.
[ NDLR sauf maintenant que ce billet a été publié... ]

Il est vrai que l’assemblée plénière au cours de laquelle les votes sur ces sujets ont été effectués était publique. Un vice-président touchera 3 706 euros brut. Un conseiller régional membre de la commission permanente se verra verser mensuellement la somme de 2 912 euros.

Certes il y a l’écrêtement. Ainsi, Alain Rousset, président du Conseil régional d’Aquitaine, par ailleurs député touchera 2 647,78 euros au lieu de 5 484,70 euros.

RÉMUNÉRATIONS VOTÉES À L'UNANIMITÉ

Tout ceci a été voté à l’unanimité. Il y a au moins un point sur lequel tout le monde est d’accord c’est la rémunération.

Quand on sait que le smic est à 1 343,77 euros brut, le revenu minimum d’insertion à 460,09 euros, le revenu de solidarité active pour un adulte seul sans aide au logement de 460 euros on reste de marbre car autrement on serait taxé de populiste.

C’est bien pour cela que personne ne semble avoir cillé sur ces décisions distillées au compte-goutte et avec une discrétion qui pourrait traduire un certain malaise ou mal-être.

D’autant qu’il faudrait y associer les différents vacations, remboursements, avantages et autres « niches indemnitaires » pour mesurer combien certains élus se battent avec l’énergie de l’espoir pour préserver ce système qui nous donne près d’un demi million d’élus sur le territoire français.

LES DESSOUS DE L’ICEBERG

N’oubliez pas le dessous de l’iceberg : l’ensemble des fonctions issues des syndicats intercommunaux, de l'eau, de l'électricité, des ordures ménagères et j’en passe car sur ces points nos élus sont particulièrement créatifs.

Un ensemble de vacations, indemnités, défraiements de frais, remboursement de missions diverses vient rendre opaque et renforce un clientélisme hiérarchique à l’intérieur même de l’institution.

Mais attention, ne généralisons pas. Laissons nos conseillers régionaux. Les trois quarts de nos élus ruraux sont de simples (ce n’est pas péjoratif, au contraire) conseillers municipaux ou maires de petites communes avec des indemnités proches du Revenu de solidarité active.

Là, encore partout dans notre société, il y a les grands et les petits.

Ce déballage qui est politiquement incorrect n’a fait l’objet d’aucun engagement d’aucun candidat durant la campagne. La rémunération se décide après, entre soi. Qui résisterait à la douceur du pouvoir et de l’argent réunis sous la même coupole ?

Il paraît que certains élus reversent 20% de leurs indemnités à leur parti. Je puis vous dire que la règle n’est pas systématique et plus on s’élève dans la hiérarchie des mandats plus cette règle tombe aux oubliettes. Que les militants payent !

Comment imposer aux nantis qui distribuent in fine les prébendes aux militants, sympathisants et désargentés de tout poils cette réversion ?

HYPOCRISIE ET DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE

L’hypocrisie est totale quand on glose sur le cumul des mandats alors qu’en fait il faudrait aussi lorgner du côté du cumul des rémunérations en tous genres.

N’est-ce pas une des raisons implicites de l’abstention ? Non, car malgré notre fameuse démocratie participative les citoyens ne peuvent mesurer à quel point le système leur échappe.

Vous l’aurez compris, en associant élus régionaux et traders je joue la provocation. Mais, l’assemblée plénière du Conseil régional ne pourrait-elle pas être aussi une vaste salle de marchés ?
Auteur : Pascal SERRE
Membre :
  • Institut Montaigne (Paris)
  • Fondation Terra Nova (Paris)
  • Fondation de la France Libre (Paris)

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Commentaire de Anonymous Hélène ROBERT , le 22 avril 2010 07:24  

Oh les belles indemnités cumulables...
Je viens de recevoir un courrier du groupe Mornay gérant les retraites Arrco concernant ma retraite de salariée qui se montera à 170€ PAR AN.
On m'informe que cette retraite sera minorée de 22% car je n'ai pas 65 ans et que cette minoration sera définitive. 170-37,40=132,60 PAR AN.
Ces braves élus avec leurs indemnités cumulables ne pourraient-ils pas intervenir en haut lieu pour que ces minorations ne soient pas possibles en-dessous d'un certain montant annuel?
Et ne vous faites pas d'illusions, ma retraite d'artisan ne sera pas plus reluisante puisque ma caisse me parle de minimum vieillesse!
Si j'avais su j'aurais fait de la politique tranquillement assise dans un fauteuil au lieu de trimer 70h par semaine 6 jours sur 7.
Mais non, je ne regrette rien, j'aimais faire mon pain, et je ne regrette surtout pas les vrais amis sincères que j'ai pu me faire, mais je ne peux pas m'empêcher de rajouter mon grain de sel!

Commentaire de Anonymous PIERRE-YVES MARCHAND , le 22 avril 2010 11:07  

Oui c'est vrai. Et après ? Sait-on ce que représente le temps pris par un élu dans sa fonction ? Il ne le compte pas. On peut toujours critiquer et invoquer la toge blanche de Platon comme vêtement, le tonneau de Diogène comme logement et l'écuelle de soupe comme repas afin de donner un sentiment quasi religieux à la représentation politique.
Sans tomber dans le bling-bling (pouah!) tout ceci n'est pas inconvenant. Regardons plutôt si leur travail est convenable après on discutera des sous.

Commentaire de Anonymous SOPHIE BLANCHARD , le 22 avril 2010 14:41  

Ce ne sont pas les montant indiqués ci-dessus qui me choquent le plus. Beaucoup de cadres supérieurs ont ces salaires et je considère nos élus comme des cadres supérieurs.
Ce qui m'interroge et qui n'est qu'à peine soulevé, ce sont les voitures, les chauffeurs, les repas dans les grands restos, les vins fins, les voyages et surtout leur interêt (voir joyandet), les secrétariats pléthoriques à trés large majorité féminine et d'âge jeune. Et en plus ils sont toujours invités...

Commentaire de Blogger Jean-François Cros , le 22 avril 2010 17:21  

Avec de tels billets, je crains le populisme et l'antiparlementarisme. D'autres, bien plus dangereux que nos éditorialistes, utilisent ces arguments pour mettre en difficulté élus et responsables. Extrémistes de tous bords et anarchistes nihilistes en sont les thuriféraires...
J'ai vécu vingt années aux côtés des politiques, dans leur intimité quotidienne et leurs doutes. J'invite juges et censeurs à prendre leurs places s'ils le souhaitent vraiment. Nos élus en France ne sont pas plus ou mieux payés que ceux de toutes les démocraties dans le monde et n'oubliez jamais que leurs indemnités sont dites "écrêtées" quand ils cumulent plusieurs mandat. Certes le plafond de cet écrêtage peut paraître énorme si on le compare à un SMIC mais je le répète, que ceux qui le veulent les remplace...
Il faudra accepter de renoncer à une vie de famille normale, à une vie privée vraiment privée et accepter des horaires de présence ou de travail qui effraieraient bien de nos salariés aux 35 heures...
En tirant sur les élus, c'est sur nous, les électeurs, que nous tiront... Ce n'est pas de la lutte mais du suicide...

Commentaire de Blogger La Chouette , le 22 avril 2010 19:11  

Parler des indemnités cumulables jusqu’à 1.5 fois le salaire parlementaire (env. 8500€/mois) sans compter les privilèges en nature, c’est du populisme et de l’antiparlementarisme. C’est beau comme du Fréderic Lefebvre !

D'autant que l’affirmation est fausse. On va rappeler au fidèle compagnon des politiciens que les indemnités de base des parlementaires en Europe sont très inégales et que la France arrive en 4ème position derrière l’Allemagne (à 150€ près). Mais que seulement 15% des parlementaires allemands cumulent plusieurs mandats alors que le taux de cumul est de 85% en France.

Alors quand le député René Dosière demande à ce que l’absentéisme parlementaire soit financièrement pénalisé c’est du populisme ? Quand le Parti Socialiste consulte sa base et voit cette dernière s’ériger massivement contre le cumul des mandats, c’est quoi. De l’extrémisme, du nihilisme ?
Et le constitutionaliste Guy Carcassonne engagé contre le cumul des mandats c’est quoi lui, un dangereux populiste ?
Et Marion Paoletti politologue qui a écrit « Décentraliser d’accord, démocratiser d’abord », elle est quoi elle, anarchiste ou nihiliste ?

Ben ouais, beaucoup préféreraient le job d’un député-maire ou d’un sénateur président de conseil général plutôt que celui d’un marin pêcheur ou d’un(e) aide soignant(e) en gériatrie ou d’un routier au long cours.

Car l’avantage avec les largesses de l’indice brut 1015 et le cumul des mandats locaux et parlementaires, c’est de pouvoir décider en toute discrétion de son propre salaire.

Tiens encore cet anarchiste de député René Dosière qui pointait il y a peu que les indemnités pour les élus intercommunaux ont cru de 43.8% entre 2002 et 2007. Et attention, le dangereux populiste dit même :
"En l’absence d’indemnisation elle serait réservée aux seules personnes aisées. Mais force est de constater que certains abus se sont manifestés, principalement à cause du cumul des mandats – et donc du cumul des indemnités".

Oui il y a certains abus dans le cumul des indemnités, le cumul des mandats, les privilèges de fonction, les jetons de présence, la déresponsabilisation pénale, l’absentéisme, les passes droits, etc. Faut-il rappeler que l’exercice d’un mandat est gratuit (art. L2123-17 CGCT) et que l’enrichissement personnel n’était pas vraiment prévu par la Constituante ? C’est pourtant bien l’inverse en cas de cumul que démontre Patrick le Lidec, chercheur au CNRS en sciences politiques. Mais c’est encore un vilain anarchiste qui en veut à la démocratie.

Et vous pensez servir la démocratie en taxant d’extrémistes ceux qui dénoncent les abus qui lui sont faits ? Mais là vous ne protégez pas le gouvernement du peuple, vous défendez un système qui le parasite.

Commentaire de Blogger Jean-François Cros , le 22 avril 2010 20:03  

Où ai-je abordé un quelconque soutien au cumul des mandats ? Il faudrait tout de même relire ce que j'ai écrit par ailleurs en m'opposant même au cumul des candidatures.
Mais je voudrais savoir à quel prix estime-t-on nos élus ? Veut-on des fonctionnaires et des retraités comme dirigeants ? Mes trois anciens patrons en politique recevaient par mois en moyenne deux fois moins que ce qu'ils auraient pu toucher de leurs professions précédant leurs élections.
Alors oui je suis pour une lutte accrue contre les abus et les détournements mais je suis tout aussi opposé à ces comparaisons très chiffrées et très argumentées qui ne font qu'alimenter, je le répète et le maintiens, l'antiparlementarisme et l'extrémisme !
Nos élus ne coûtent pas si chers que ça en indemnités, c'est leurs compétences ou au contraire leurs incompétences qui nous coûtent.

Commentaire de Blogger La Chouette , le 22 avril 2010 20:55  

Les comparaisons, les chiffres et les arguments seraient les ennemis de notre régime, ils alimenteraient l’antiparlementarisme et les extrémismes.

Bien sur, tandis que l’obscurantisme et les secrets eux, rendent un service louable au gouvernement démocratique.

Interdisons aussi les études en sciences politiques et la recherche en sociologie : elles nuisent au bon fonctionnement de la démocratie, elles instruisent le bas peuple et entravent les communiquants.

Remplaçons tout ça par des postulats subjectifs comme : « Nos élus ne coûtent pas si chers que ça en indemnités » (ce qui est la réponse à votre propre question) et nous voyons bien l’intérêt d’abandonner toute forme d’objectivité étayée et chiffrée: dormez tranquilles braves gens.

Prenons 3 cas particuliers comme vous le faites, généralisons les à l'ensemble du corps politique et là encore plus besoin de comparaisons argumentées et quantifiées.

C'est vrai, j'ignorais que le dictat de la subjectivité et la dissimulation de données publiques étaient de si grandes amies de la démocratie.

Sauf que ces indemnités sont de l’argent public et que la loi en a prévu l’obligation de publicité. Donc jusqu’à la preuve que nous ne soyons plus en démocratie, ces chiffres sont du domaine public, pour l’information et la recherche. Ne vous en déplaise.

D’ailleurs vous-même ne rechignez pas à comparer leurs indemnités à l’aune du coût de leur parcimonieuse incompétence, qui, je suis d’accord, engloutit largement plus d’argent que les quelques milliards de salaires politiques.

Commentaire de Blogger Jean-François Cros , le 22 avril 2010 21:36  

Encore une fois, je ne vois pas où je me suis opposé à la publicité des indemnités de nos élus ? Et je maintiens que nos élus ne coûtent pas grand chose en indemnités. Je suis d'ailleurs rejoins en cela par tous ceux qui s'opposent à la réforme territoriale voulue par le Président de la République avec comme argument les économies d'échelle par la diminution du nombre d'élus.
Il faudra donc me convaincre autrement que par des belles phrases, des études chiffrées et des comparaisons qui ne sont pas "raison" comme le dit le vieil adage.
Et quand je cite mes trois patrons pour la perte en revenus, la liste est infiniment plus longue et vous ne l'ignorez pas. Ou alors les études que vous citez, sont orientées et n'abordent pas tous les problèmes du statut d'élu local ou national.

Commentaire de Anonymous Maurice Melliet , le 22 avril 2010 22:03  

Vous oubliez de dire que les "appointements" des élus de tous bords et des différentes élections du conseiller municipal au Président de la République sont payés par des citoyens qui parfois ne touchent même pas le SMIG ! Et c'est presque normal que ces "gens" soient cul et chemise sur le sujet !

Ce qui prouve que notre gauche ne vaut pas mieux que notre droite et "VICE" & versa.

La politique est un métier et non une vocation comme un président d'Emmaüs ou du secours catholique, voire d'un club de pétanque !

Et comme ce sont ces "gens" qui font les lois, ils les font pour eux à tous les niveaux = d'un village jusqu'au plus profond de cette belle idée de l'Europe.

Moi, retraité avec plus de 46 années de travail, je touche royalement presque 1300 euros par mois et je ne suis pas à plaindre car il y a pire et même "très pire". Mon ami le poète du Coderc pour ne pas le nommer touche 580 euros par mois avec en plus de celle de base sa retraite militaire, car il a eu, lui, le droit de se faire éventuellement tuer en Algérie en plus... comme une prime à la citoyenneté....

Il est temps de revenir à des logiques en balayant ces privilèges qui ne sont pas faits pour mieux nous gouverner ! la preuve aujourd'hui avec des effets de manche et des promesses à la con quand on sait que même un maire ne peut les tenir, alors vous pensez bien qu'un Président de la République c'est encore plus grossier et presque clownesque !

Maurice Melliet

citoyen du monde et non appointé pour ce qu'il dénonce !

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 22 avril 2010 22:14  

Bravo Monsieur Melliet. Vous avez mille fois raisons. Les associatifs devraient être rémunérés car ils font parfois une travail autrement plus de terrain que certains élus qui passent leur temps à préparer les prochaines élections et se moquent outrageusement des citoyens qui désormais le leur rendent bien. Et ce sera de pire en pire.
Si Jean Lassalle avait payé un coup à boire sur ses deniers sur le Coderc ce n'est pas Moyrand qui l'aurait fait. Peut être Cornet... Mais au VIP avec Darcos et ses amis.

Commentaire de Blogger Jean-François Cros , le 22 avril 2010 22:18  

@ Monsieur Melliet...
Je sais que mon combat pour la "défense" des élus est bien sûr perdu d'avance mais j'aimerais juste qu'au lieu de prononcer des anathèmes, on me donne des solutions concrètes qui nous permettent d'avoir les meilleurs élus possibles...
Comment faire pour qu'un cadre supérieur, un juriste, un informaticien, un avocat ou un médecin abandonne sa carrière pour devenir élu, se faire engueuler par les uns ou les autres, bosser souvent plus que de raison et être responsable devant la justice pour des actes qui ne sont pas de son fait ? Appelons cela des privilèges si cela peut vous satisfaire ...

Commentaire de Blogger La Chouette , le 22 avril 2010 23:09  

Vous allez nous faire pleurer JF. Comme s’il y avait une crise de la vocation politique comparable à celle de l’Eglise pour les prêtres ! On en est très loin ; ça se bouscule même au portillon pour se présenter aux élections. Par pur altruisme ? Bien sur.

Et au fond, c’est vous qui jouez la carte du populisme en rejetant a priori des chercheurs en sciences politiques, des juristes et des sociologues, qui pourtant font référence dans leur domaine (je vous invite à consulter leurs ouvrages avant de les rejeter en bloc). Mieux vaudrait selon vous quelques ukases subjectivistes et formules de communiquant pour se satisfaire soi-même ? C’est plus rapide et moins contraignant, c’est sur.

Car par votre discours vous ne défendez pas les élus, autrement dit la démocratie à travers son système représentatif. Vous défendez également les excès et les malfaçons individuelles d’un système qui gangrène les fondements de la République.

Aussi le débat, et je ne vous laisserai pas nous entraîner sur cette pente rhétorique, ne se résume pas à un contradictoire pour ou contre les élus. Nous sommes tous et ce même en désaccord, pour un système démocratique par lequel le peuple mandate des représentants.

Mais à votre laxisme indemnitaire et vos clémences sur les usages troubles, je réponds par un besoin de fermeté sans faille, un renforcement du contrôle (ex. les CRC) et davantage de moyens et prérogatives à la justice pour limiter les risques de dérapages dans la gestion publique.

Bien des solutions sont appliquées dans d’autres pays européens et si elles ne passent par la loi comme c’est le plus fréquent, c’est alors le peuple qui sanctionne car c’est aussi un problème culturel.
Mais pardon, j’allais encore citer un chercheur, un raseur.

Restons-en au niveau des slogans : "vive les élus !"

Si c'est ça votre crédo après tout, c'est super.

Commentaire de Blogger Jean-François Cros , le 22 avril 2010 23:30  

J'adore votre rhétorique culpabilisante... Mais je voudrais juste vous indiquer que je n'ai jamais dit que j'étais contre :
- les études et autres statistiques,
- les contrôles et sanctions,
- les chercheurs, senseurs et autres citoyens...
Simplement je m'oppose à ce dogme "boboisant" du "tous pourris dans un pays de merde". Le texte sur lequel nous nous opposons n'abordait que l'angle de l'indemnité sans aborder celui des responsabilités réelles, des textes régissant ces fonds et des contrôles qui sont bien plus fréquents que vous ne voulez le dire.
Quant à la crise des vocations, elle est réelle. Il suffit de voir les difficulté à constituer des listes dans les ^petites communes et même dans les villes moyennes comme Périgueux, et vous savez de quoi je parle...

Commentaire de Blogger La Chouette , le 23 avril 2010 01:09  

Il n’y a rien de culpabilisant, je mettais en exergue ce que vous révoquiez : les analyses et les mesures, autant que ceux qui les produisent.

Ah c’est sur, si vous prenez la Gonterie Boulouneix pour illustrer la crise des vocations… c’est gagné. Forcément dans une petite commune et c’est la majorité (env. 34 000 de mémoire) il n’y a pas un sou à l’arrivée ou presque.

En revanche mettez le pognon sur la table et ça sort de partout. Périgueux parlons-en, ils se battaient (tous partis confondus) pour des postes d’adjoints parce qu’il y a 1500 € à la clé et un peu de prestige.

Contrairement à ce que vous affirmez, je peux vous garantir que ce n’est pas difficile de constituer une liste. Ce qui n’est pas simple, c’est de le faire en deux semaines et pour des idées déconnectées de tout enjeu de pouvoir et d’argent.

Où avez lu que le billet que nous commentons en somme indique : tous-pourris-pays-de-merde ?
Qui dit ça ? Où ça ?

L’encadrement juridique de la fonction d’élu, vous semblez le plaindre un peu, est une nécessité. Et il doit être bien plus exigeant que pour l’individu dès lors qu’il concerne la chose publique.

Vous vous faites peut-être une joie du démantèlement des Chambres Régionales des Comptes, (ça allège les contrôles), pour ma part je le déplore profondément. Idem pour la loi Fauchon en 2000 qui a modifié tout un pan du Code pénal uniquement pour décharger les élus de leurs responsabilités. Idem pour la faiblesse des sanctions en cas de délit ayant un lien avec une charge publique. Idem encore pour ces lois votées conférant un statut socioprofessionnel proche du fonctionnariat, le fameux « statut de l’élu ».

Franchement, la musique sur le thème « il y a trop de contrôles et plus de vocations», non. J’ai plus confiance aujourd’hui dans le Conseil d’Etat, la Cour de cassation et le Conseil Constitutionnel que dans notre Parlement ou dans le Gouvernement.

Ces derniers connaissent trop de dérives les conduisant aux marges de notre Constitution dans une inflation législative parfois vaine et anecdotique, comme les dernières années l’ont montré. Et on le verra encore avec le voile intégrale.

De même, la décentralisation souffre du manque de moyens et de contrôles accordés aux juridictions chargées de les encadrer. Quand bien même, nous pourrions parler du statut très particulier que certains élus périgourdins réservent à la notion de prise illégale d’intérêt. Il suffit d’enlever le i.

Exercer un mandat est devenu une profession parfois très juteuse et la société s’y reflète. En dernier ressort, c’est de toute façon les électeurs qui sont responsables des représentants qu’ils ont choisi. C’est pourquoi ils ne seront jamais tous pourris, mais simplement à l’image de ceux qui leur ont confié un mandat.

Commentaire de Anonymous Hélène ROBERT , le 23 avril 2010 07:09  

Il est clair que si on supprimait le cumul des indemnités, on verrait vite le cumul des mandats réduit à peau de chagrin!

Commentaire de Blogger Jean-François Cros , le 23 avril 2010 09:19  

Je ne révoque rien ni personne mais l'usage souvent orienté que l'on fait de telle ou telle étude, déclaration ou enquête.
J'ai l'impression que nous vivons dans deux mondes différents et que vous aspirez à un univers "Bisounours" où tout serait parfait et juste. Je crois que nos élus sont en effet comme nous tous, ni meilleurs ni moins bons et que beaucoup donnent bien plus à la communauté qu'ils n'en reçoivent.
Je les ai durant vingt ans fréquentés dans des régions aussi différentes que le Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées ou la Bourgogne. Dans chacune de ces régions, la crise des vocations était patente et ceux qui auraient pu être les meilleurs représentants du peuple renonçaient car ils perdaient bien trop en regard de ce qu'ils pouvaient en retirer.
Faut-il payer nos élus au SMIC ou alors compenser à l'euro près ce qu'ils recevraient s'ils conservaient leur emploi ? Et ensuite, quand ils ne sont plus élus, ayant perdu souvent plusieurs années de carrière, que fait-on ? De même, je crois beaucoup aussi dans le contrôle démocratique de l'action de l'élu. Car dans vos propos ressort trop souvent une image trouble et teintée de malhonnêteté de nos représentants alors que c'est souvent l'incompétence ou le dogmatisme qui sont en cause. Mais cela n'est pas illégal... Alors à quand une vraie loi sur le statut d'opposant et des moyens matériels et humains qui vont avec afin d'apporter une juste contradiction au pouvoir en place ?

Commentaire de Anonymous Saturne , le 23 avril 2010 14:27  

Donc, si j’ai bien compris, Martin Hirsch, lorsqu’il était président d’Emmaüs France, n’avait aucun revenu lié à cette fonction !?!
Quand à Saint Jean Dessales, (un élu digne de confiance parce que lui au moins il paie des coups à boire sur ces propres deniers et chacun sait que c’est d’abord ça qui compte ! ) évoqué dans un commentaire anonyme, n’a-t-il pas, lui-aussi, participé au vote qui a approuvé à l’unanimité les indemnités des conseillés régionaux ?
Et vivent les abstentionnistes puisque Pascal Serre, en nous exposant son réquisitoire – un peu prétentieux, non ? - contre les « ELUS DE TOUS POILS », entretient complaisamment les relents de populisme à la mode et justifie cette incivilité qu'est l'abstention.
Au bout du compte les élus ne sont finalement que nos représentants ; ILS SONT CE QUE NOUS SOMMES. Ils ont été élus par un scrutin démocratique où même les abstentionnistes, en raison de leur renoncement, ont leur part de responsabilité.

Commentaire de Blogger La Chouette , le 23 avril 2010 19:21  

Renforcer la loi, appliquer la loi et donner les moyens au pouvoir juridique de la faire respecter ça doit être ça le côté Bisounours. C’est dingue cette utopie naïve de vouloir faire appliquer la loi.

Alors que votre le monde le vrai, le dur, c’est celui des planches à billets et des ascenseurs pour apparatchiks ?
Allez, encore des recherches de gogos : Transparence Internationale… http://www.transparence-france.org/ewb_pages/div/Indice_de_Perception_de_la_Corruption_2009.php

J’ai cité des livres, des recherches, des statistiques, des lois, des réformes, les structures de l’Etat en essayant à chaque fois d’être précis, même imparfaitement. Mais rien à faire. Votre expérience, votre subjectivité, votre opinion surpassent de loin tout ce fatras de textes imbéciles. L’empire de votre égo est incommensurable pour nous, humbles mortels attachés au piquet laborieux de l’objectivité.

Soit. Alors quoi. On augmente leurs indemnités de combien ? 20% ? 50% 100% ? Allez combien ? Comment élargit-on encore les privilèges de fonctions ? Comment adoucir la loi au risque de finir par flinguer le Conseil d’Etat qui les emmerde tant ? Comment renforcer encore le statut de l’élu ? Petite cotisation et grosse retraite ? Quels délits de gestion publique pourrait-on bien supprimer pour qu’ils se sentent plus à l’aise ? Allez quoi, on rallonge les mandats, on les double à 12 ans pour être tranquilles ? On attribue systématiquement des logements de fonction d’un minimum de 150m² ? (ça se serait bien non ?) On exonère de charge fiscale tout élu de la République ?

Et pour finir il faudrait limiter un peu ce droit d’expression qui permet aux gens de râler après leurs élus, comme si le vote n’était pas le droit de conférer pouvoir mais le devoir de fermer sa gueule.

Je vous demande donc une minute de silence, en l’honneur de tous ces élus, pauvres élus qui donnent tant et reçoivent si peu. Snif.

Commentaire de Anonymous Hélène ROBERT , le 23 avril 2010 22:27  

Amen

La fable du garde champêtre et du blog mardi 20 avril 2010

Le cancan du Coderc est une chronique hebdomadaire par Pascal Serre


Au moment où le journal des Périgourdins « La DL » s’ouvre au monde du blog et perturbe les anciens qui voient leur journal papier disparaître, sur le Coderc on veut garder le garde champêtre Jean-Pierre Monmarson.

Nous sommes le samedi 17 avril. Il est onze heures et demie. Une entorse inhabituelle de se retrouver si tard. Mais c’était prévu ainsi. Chacun voulant profiter de cette matinée pour faire le nettoyage de son jardin.

Et puis nous souhaitions nous retrouver au complet. Six. Le soleil nous invite à choisir une belle terrasse où ses rayons nous accompagnerons le plus longtemps possible dans nos petites histoires de la semaine. Derechef, Christian montre le Café du Coderc et lorgne une table avec… quatre chaises. Il faudra se mettre en embuscade pour se saisir de deux autres sièges car il y a du monde, beaucoup de monde. Enfin, le lieu est tellement agréable que les clients y font bronzette. Le Coderc prend des allures de Croisette mais en plus authentique.

Étonnamment, nous regardons l’étal d’huîtres, mais l’heure ne nous y accorde pas. Un kir ? « Non, tranche notre ancien plombier Jean-Paul, ce sera une bière. Une Affligem issue d’une abbaye fondée en 1086 en Belgique. »

Cette étrangeté laisse perplexe notre petit groupe lequel, finalement, misant sa forte personnalité sur d’autres sujets suit ce choix. « Ce seront donc six Affligem avec des… cacahouètes s’il vous plait ! » annonce avec fierté et détermination Jean-Paul.

Pour nous, le sujet du jour est sérieux. Je l’ai annoncé au téléphone hier soir : que faire pour notre garde champêtre ? Il déprime un peu et a envie d’arrêter car il ne se sent pas soutenu. Enfin, Christian et Alain voulaient en savoir plus sur leur journal La Dordogne Libre qui se mettait sur internet : allaient-ils pouvoir encore l’acheter chez leur marchand ?

Jean-Pierre Monmarson, une figure du Coderc à soutenir

Avec son képi, son habit bleu foncé, sa place officielle, son tambour et ses deux baguettes, Jean-pierre Monmarson est une figure de Périgueux. Depuis quinze ans il parcourt la ville et s’est taillé une côte de sympathie sans faille qui fait dire à Bernard « nous devons faire quelque chose pour qu’il continue car il s’essouffle et personne ne l’aide. » Alain, en bon commerçant renchérit : « oui, en gros il faudrait le payer ? ». Et Christian tout surpris de reprendre : « parce qu’il fait ça gratuitement ?... La mairie pourrait lui verser un petit quelque chose, les commerçants aussi. »

René, venu de son lointain Toulon : « faut pas rêver, tout le monde trouve très bien ce qu’il fait tant qu’il ne demande rien. L’associatif j’ai connu et donné… Mais, peut être en se regroupant à plusieurs. Il faut penser à tous ceux qui aiment cette place, son ambiance et quand on est en association on a plus de poids. Faut pas penser que garde champêtre… Il en bénéficiera. Le Coderc va au delà de ses limites géographiques. »

Sur ce toute l’équipe est tombée d’accord. Mais qui fera le premier pas ?

Bernard rappelle que « la place possède d’autres personnalités telles Jeannot Boussuges qui devrait revenir bientôt avec son ami Maurice Melliet. Quand le marché est parti ce sont les voitures qui envahissent ce territoire historique… »

Je leur indique que William doit sensibiliser au travers de son blog à un soutien pour Jean-Pierre Monmarson car il y a eu des témoignages sur le Periblog.

Le blog va-t-il supprimer le journal ?

Le terme « blog » a fait sursauter en premier Christian mais tout le groupe s’est resserré car La Dordogne Libre s’est mise à l’heure d’internet. Et celui-ci de dire : « notre journal sur papier va-t-il disparaître ? » Tout le monde attend ma réponse. René ne me laisse pas répondre : « J’ai connu la Dordogne Libre en vente le soir, sur 4 pages. On l’attendait. Et puis elle est devenue ce qu’elle est aujourd’hui. » René, l’ancien cheminot qui se rappelle qu’au train vers Bordeaux pour Sud-Ouest et Limoges pour Centre presse, Le Populaire du centre et L'Écho du centre un journaliste remettait au conducteur de train une grosse enveloppe contenant les textes et photos à insérer dans l’édition du lendemain. « C’était le hors-sac. A l’arrivée un employé de chaque journal recevait directement le hors-sac du conducteur de train. C’était une autre époque et nous y étions jusque dans le milieu des années soixante-dix. »

Christian confirme qu’à la préfecture on savait que les informations passeraient souvent deux ou trois jours après leur remise. Mais il reconnaît avoir eu un faible pour La Dordogne Libre qui était vraiment un lien fort entre Périgourdins. Il y avait Monsieur Écho… « C’est vrai que ça n’avait rien à voir avec ce que l’on a aujourd’hui. On en a presque trop… »

Jean-paul et Bernard se souviennent : « Nous avions signé une pétition pour que la Dordogne Libre soit diffusée le soir car ce fut imposé par les PTT de l’époque, en 1982 je pense… Si il faut refaire pareil on fera. »

Je rassure mes cinq amis. Leur Dordogne Libre conservera sa version papier. Les blogs c’est tout un monde déjà existant qui permet à des lecteurs de s’exprimer ou de s’informer pour schématiser via leur ordinateur. C’est autre chose, un complément.

Bernard, qui en a vu d’autres insiste : « Tu es sûr de ce que tu dis ? Parce que moi on m’a dit que dans quelques années tous les journaux seront sur internet. » Je réponds : « Oui, mais le journal papier existera toujours. »

« Vous sentez-vous concernés ? » leur dis-je. Réponse unanime : « Nous, tant qu’on peut acheter notre Dordogne Libre chez notre marchand habituel le reste c’est pas notre souci. C’est un truc pour les jeunes. »

Et oui, sur la place du Coderc on vit au rythme des saisons et les grandes invasions technologiques ne changent pas celui du balancier des horloges. On veut un journal sur papier comme il y a un siècle et un garde champêtre comme il y a aussi un siècle. Mais à y réfléchir, l’un peut très bien s’accorder avec l’autre.

Il est près de midi et demi. Ces dames vont s’agiter. Chacun se lève, on racle les fonds de poches pour régler notre addition, saluons la patronne. Alain, notre ancien commerçant de la rue Taillefer voit notre ami le rôtisseur : « Pour le garde-champêtre voilà la clef de la porte d’entrée. ». À la semaine prochaine.
Auteur : Pascal SERRE
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Commentaire de Blogger La Chouette , le 20 avril 2010 12:30  

Je trouve ce billet très intéressant. Il exprime une certaine inquiétude pour l’existence de la presse papier à travers le lancement du blog de Dordogne Libre (son site existe depuis 1999).

Le blog : un truc pour les jeunes découlant d’une « invasion technologique ». Ca peut se comprendre sous l’angle d’une fracture générationnelle. Les structures pour aider les personnes âgées à utiliser cet outil se multiplient.

Mais ce qui est frappant, c’est d’exprimer tout cela sur un blog justement. Et de voir que ce contenu existe exclusivement sur internet, hors de toute impression papier (hormis via une imprimante). L’inquiétude sur la presse papier est ici relayée par « la chose » qui pourrait la mettre en péril. Et celui qui témoigne de cette inquiétude ne peut prendre connaissance de son sentiment que sur internet, pas dans son journal.

Des millions de personnes peuvent maintenant lire ce témoignage en toute liberté et toute gratuité. Ce témoignage n’aurait visiblement pas été l’objet d’un article papier. C’est donc une nouvelle forme d’expression libérée des choix d’une rédaction. Il permet même d’engager des discussions et des échanges. On a vu des invasions plus dévastatrices.

Pour la précision, si Dordogne Libre peut aujourd’hui faire un site, un blog, communiquer sur les réseaux sociaux, c’est d’abord parce que son journal papier se vend. Son activité sur internet ne lui rapporte pas de quoi vivre. Donc pas d’inquiétude. Ils anticipent une mutation dont nul ne sait aujourd’hui où elle nous conduira vraiment. Et d’ici là, ceux qui pensent encore qu’internet est une mode pour les jeunes reposeront depuis longtemps en paix. La nature est bien faite parfois.

Commentaire de Anonymous Pierre-Yves Marchand , le 20 avril 2010 14:41  

Oui il faut sauver le Garde champêtre Monmarson ! On le connaît tous et il fait partie du paysage de Périgueux. L'idée d'une association élargie ou d'utiliser le CLAP serait un moyen. Mais la bande du coderc a raison : les idées c'est bien les mettre en pratique c'est autre chose

Commentaire de Anonymous Christiane , le 20 avril 2010 16:30  

Je ne sais pas de quoi vit le garde champêtre mais ce qu'il fait est sympa. Quoi faire ? Quand une mairie veut elle peut ? Elle peut pas l'embaucher mais peut aider une association qui le soutiendrait. Pour être crédible il ne faut pas que ça repose uniquement sur son cas mais est-ce que le Coderc ne peut pas se réunir ? En tout cas merci au "Cancan" de mettre les projecteurs sur lui

Commentaire de Anonymous Maurice Melliet - Persona Grata , le 20 avril 2010 16:43  

En ce qui concerne le garde champêtre, Notre ami Jean-Pierre je suis d'accord pour qu'il puisse percevoir quelques rétributions des gens qui profitent de sa présence sur le marché = les commerçants, la ville de Périgueux, et aussi les clients du marché qui eux aussi profitent de son animation sympa. d'autant plus que même si nous sommes à l'heure d'Internet, sa présence ne fait pas démodée, bien au contraire, il y a le côté chaleureux que n'a pas un blog ou un site internet ; et les deux ne sont pas incompatibles. Même si je n'ai pas le temps d'aller au marché malgré le côté convivial de ce lieu de commerce, je suis prêt à participer pour l'aider.

Jean Boussuges commence à se remettre, il se pourrait que je vous l'amène un de ces samedis pour renouer avec les bonnes habitudes et qu'il puisse saluer ses nombreux amis.

Pour la Dordogne Libre, aujourd'hui, un média ne peut ignorer ce nouveau moyen de communiquer qu'est Internet. J'avais déjà avec Dordogne Nature et mon agence Persona Grata inauguré mon site en 1997, donc depuis 13 ans... On pourrait penser que ce titre est très en retard avec les moyens dont il dispose par rapport à une petite entreprise comme la mienne... Mais le principal étant de participer !

Par contre, j'ai lu la controverse concernant le droit d'auteur des photos entre la DL et William et là je suis intransigeant, quand on utilise les documents des autres sans en mettre la source et en acquitter le prix de droit de reproduction. D'ailleurs je suis étonné qu'un quotidien du groupe Sud-Ouest se permette d'ignorer sciemment ces lois...
Maurice Melliet

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 20 avril 2010 16:43  

Internet n'est pas qu'une mode c'est un moyen nouveau et durable de communiquer. La télé devait faire disparaître le cinéma et ce ne fut pas le cas. Ce dernier a du s'adapter après une phase de crise.
La DL que l'on disait agonisante en 1983 vit une renaissance éclatante qui est méritée après des années d'errements, d'incertitudes. La volonté de l'équipe a été forte. Avec cette entrée dans le monde du blog la dordogne n'est pas si plouc que çà. Bravo aux gens de la DL et j'ai pas peur pour mon journal papier. Question de génération comme dit "La Chouette". Merci à son analyse

Commentaire de Anonymous Bonnal , le 20 avril 2010 17:28  

Si le modernisme quelquefois détruit notre avoir et notre savoir, le blog est un outil de travail unique ou tout le monde peut donner un peu de son savoir....J.C Bonnal

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 21 avril 2010 00:04  

Trouvez-vous normal que des jeunes passent dix heures sur un écran ordinateur ? Pour aller sur internet et voir n"importe quoi.
Je veux pas paraître vieux machin mais le journal dans sa version papier ca a plus d'allure.
Avec les blogs tout le monde dit n'importe quoi et on ne sait plus quoi penser.
Moi je coupe tout ça et je lis comme ma grand-mère

Commentaire de Blogger Périblog , le 21 avril 2010 21:03  

Si je comprends bien, cher Anonyme (21 avril 0h04), vous ne lisez pas Périblog et avez trouvé cet article sur un journal papier (La DL peut-être qui l'aurait fait passer pour le sien...) avant que quelqu'un poste ce commentaire à votre place ;-)

Blague à part, vous avez (en ce moment) raison. Les choses évolueront inévitablement, mais moi-même j'aime encore intensément palper le papier qui flotte sous la brise en sirotant un bon café au soleil de notre bonne ville.

Mais qu'adviendra-t-il lorsque la troisième ou quatrième génération de l'iPad d'Apple aura rendu la lecture numérique plus agréable ?

W

Qu'on rende à Périblog ce qui m'appartient dimanche 18 avril 2010

Vous saurez sans doute, si vous lisez le journal La Dordogne libre, que celui-ci s'apprête à lancer un nouveau blogue. Le journal papier était jusqu'alors accompagné par une mini version virtuelle qui ne lui rendait pas du tout justice.

Stéphane Vacchianni, rédacteur en chef et, il faut le dire, remarquable visionnaire avait concentré toute son attention sur le tabloïd que l'on peut acheter dans nos kiosques pour 80 centimes. Grand bien lui en a pris. Les ventes ont augmenté au delà probablement de ses espérances et des tendances actuelles, le plaçant bien haut dans le hit-parade des meilleures ventes pour un journal qui couvre des actualités départementales.

Lui et son équipe ont travaillé sur une nouvelle maquette juste avant de passer à la publication du blogue. La DL new look avait rencontré deux ou trois rebuffades moyennement justifiées de la part d'habitués timides devant toutes évolutions (je ne fus pas en reste sur l'outil de réseau social Twitter, comme Marie Berthoumieu journaliste à la DL, un tantinet blessée par mes propos, pourrait en attester). Quelques semaines et subtiles modifications plus tard nous nous y sommes tous habitué et, si nous aimions bien la Dordogne Libre auparavant, nous l'aimons plus encore maintenant. Bravo à toute l'équipe de la DL.

Quand au blogue, j'ai là aussi mon opinion, mais je laisse aujourd'hui le soin à La Chouette de vous faire connaître plus bas son analyse personnelle.

David Chiesa à l'App'Art
David Chiesa à l'app'Art en avril 2009    Photo © periblog.fr
En dernier lieu... j'aimerais suggérer à Stéphane Vacchiani de rappeler à ses troupes qu'il est nécessaire de créditer toutes les photos qu'ils utilisent dans leurs pages imprimées ou sur le web, s'ils en connaissent avec certitude l'auteur ou la provenance...

Par exemple, deux de mes photographies (ci-contre et ci-dessous) ont paru samedi dernier dans la rubrique RENDEZ-VOUS du journal. Elles proviennent de deux billets distincts sur Périblog. L'une est de David Chiesa [ lire le billet ], et l'autre de Yonathan Avishai et de Bachir Mouhali [ lire le billet ]. C'est d'ailleurs la seconde fois qu'ils utilisent cette photo pour illustrer un concert du pianiste. Je n'ai aucun reproche à leur faire quant à l'utilisation de mes photos sans m'en demander la permission (bien au contraire, car je m'en trouve flatté), mais j'apprécierais tout de même qu'ils leur adjoignent quelque part dans l'article ou dans la légende soit mon nom, soit préférablement periblog.frYonathan Avishai et Bachir Mouhali
Yonathan AVISHAI pianiste est ici accompagné par Bachir MOUHALI, percussionniste   Photo © periblog.fr
La rubrique RENDEZ-VOUS sur la Dordogne Libre new look de samedi où figurent deux photos en couleur qui m'appartiennent


Et maintenant, La Chouette...



Révolution de l’information: Dordogne Libre ouvre son blog
Logo Rue de la Chouette

L’information y compris locale est en pleine mutation, les journalistes s’adaptent (pas tous) à la révolution techno-darwinienne en cours. Blogs et réseaux sociaux se sont imposés comme des modèles relais et les canons de l’orthodoxie mass médias ont explosé avec la fin du monopole de l’information. Le phénomène enclenché il y a plusieurs années laisse enfin percevoir ses effets les plus visibles à Périgueux.

Dordogne Libre ouvre son blog

C’est dans ce contexte que le quotidien mute en faisant sa « révolution copernicienne ». Dordogne Libre vient de lancer le blog dordognelibre.fr, après s’être inscrit sur les deux principaux réseaux sociaux. Certes la ligne éditoriale ne change pas, les contenus sont les mêmes puisque les ventes affichent une progression qui satisfait le choix commercial.

Contenu et contenant

Du sport, des faits divers et de l’actualité généralement sous forme de courts articles ou de dépêches. Le modèle économique (optimisation des coûts de production) et le contexte politique (influences des réseaux) interdisent durablement les analyses et les enquêtes, ce que le public semble cautionner largement.

Rugby, foot et basket sont en situation hégémonique par rapport à la moindre affaire qui aurait demandé une véritable enquête journalistique. Sur ce point donc, la métamorphose des contenants n’impacte pas les contenus. C’est une révolution des tubes distribuant l’information, pas de l’information.

Proximité et temps réel

Ce qu’on appelle l’information de proximité semble antinomique avec ce qu’il est convenu d’appeler « journalisme d’investigation ». En termes d’information, proximité rime avec échotier. Pourtant, les courroies de transmission de cette information locale mutent à grande vitesse.

Les récentes inscriptions du quotidien sur Facebook et Twitter donnent aujourd’hui au journal une indépendance nouvelle vis-à-vis des contraintes de l’impression et de la distribution (outre son site qui existe depuis 1999 en format light du papier). La production d’un fil d’information continue sur les réseaux sociaux réduit la distance entre le producteur et le consommateur de l’information.

Réseaux et participation

Sur ce point le succès de Dordogne Libre sur Facebook est frappant. La page Fan (1343 abonnés) permet non seulement à tout un chacun de commenter les informations, d’engager des discussions, mais aussi de laisser des annonces. Exit le courrier des lecteurs ou les annonces du papier, réseaux et temps réel ont connecté en direct le journal à ses lecteurs.

Mais cette adaptation 2.0 est inégale. Autant on peut avoir l’impression que toute la ville de Périgueux est sur Facebook, autant le compte sur Twitter stagne, faute d’inscrits avec 106 abonnés. Il semble sur ce point que le quotidien suscite l’intérêt dans les limites de la zone qu’il couvre, attendant (ou non) les périgourdins rarissimes sur Twitter. Il faut dire qu’il n’y a encore que 100 millions d’utilisateurs dans le monde.

Blog, journalisme et $

D’abord, quelques blogs sur Périgueux sont apparus (les principaux) : Périblog en 2007, Rue de la chouette début 2008, puis Trelissac.info fin 2008 et enfin Un peu de rien sur un peu de tout. Ces formats d’expression se sont ancrés dans le cyber paysage de la ville. Il n’était pas évident il y a encore 2 ou 3 ans, qu’un jour Dordogne Libre créerait son blog. En 2008, on nous disait encore: fais un site plutôt qu’un blog, ça fait plus sérieux…

Le quotidien suit en cela l’évolution de Sud Ouest, (groupe auquel il appartient), suivant lui-même celle des médias nationaux. Pour l’heure, les blogs comme les réseaux sociaux sont des impératifs d’adaptation aux usages toujours orphelins d’un modèle économique pertinent. Il n’y a pas (encore) de publicité sur le blog, il coûte donc plus qu’il ne rapporte. Il faudra alors générer un trafic stable et conséquent avant de monétiser l’outil. Convaincre les périgourdins d’investir sur ces plateformes sera l’enjeu de l’équilibre financier.

Comme son « grand-frère », Dordogne Libre a choisi la carte de l’ultra proximité avec des correspondants-gérants de blogs satellites et hyper locaux. L’info hyper locale en temps réel semble être un des enjeux de la PQR. Les premières localités ainsi couvertes par des journalistes « amateurs » dépassent déjà la vingtaine.

Le quotidien offre la possibilité à quiconque (ou presque) d’ouvrir un blog, comme c’est déjà en place sur Sud Ouest. Enfin, il faut noter la page Pensées, provocs et autres bulles… Blog d’humeurs pétrocoriennes sur l’actualité. Elle fait redondance et doublon avec le blog « Un peu de rien sur un peu de tout » et les notes sur le compte Facebook.

Le contrôle de l’information

Cet exemple d’absorption est intéressant, car il est à double visage. D’un côté le quotidien offre un canal d’expression à des personnes qui en étaient dépourvues ou sans visibilité avec un blog quasi anonyme. (Pour d’autres c’est l’occasion de satisfaire leur voracité médiatique). De l’autre côté, il centralise et contrôle l’expression générale puisque l’administrateur et donc le décideur demeure in fine le quotidien.

Il reproduit ainsi un schéma pyramidal correspondant à une rédaction. Et s’il ne le fait pas, alors il risque de devoir filtrer les entrées. Car tout va bien tant que l’on reste dans la description des faits (sans importance) ou dans une pâle critique aux relents de morale universaliste. La question se poserait plus douloureusement pour des notes impliquant directement ou indirectement les intérêts de la rédaction ou sa ligne de conduite. Non déontologique cela va de soi, mais politique en général.

Aussi, qu’importe le format, (blog) ou le rédacteur du blog, le journaliste est assuré de garder l’information sous son contrôle. Plutôt que de lutter contre un raz de marée qui subtilise du temps de lecture à l’information « officielle », cette PQR fait le choix intelligent d’absorber ce mouvement d’expression des citoyens, permettant ainsi d’être à la direction générale des contenus qu’il produit.

A chacun de mesurer les effets, bienfaits ou méfaits de cette configuration.


Auteur : La Chouette - Blog ici

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Commentaire de Anonymous Bonnal , le 19 avril 2010 07:30  

Soulever le problème des droits photographiques et iconographiques est courageux; le droit d'une photo appartient à celui qui l'a réalisée mais le problème c'est qu'il n'est pas respecté...Dans mes ouvrages j'ai toujours respecté le droit photos et mon éditeur, dans "Le Rugby en Périgord à réglé des millions de centimes aux ayants droits....J.C Bonnal

Commentaire de Anonymous Jean-Pierre MONMARSON , le 19 avril 2010 11:38  

je tient a remercier très amicalement toute la presse FRANCE 3 - SUD OUEST - LA DORDOGNE LIBRE - PERIBLOG ainsi qu'un grand nombre de périgourdins commerçants et habitants et bien sûr tous les touristes qui visitent notre belle ville, pour leur aimable soutien en ma faveur lorsque je suis revêtu de mon costume de (garde champêtre d'antan). Milles fois merci encore a William et a Pascal de PERIBLOG pour le passage de ce message dans leur site.

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 20 avril 2010 07:21  

Droit d'auteur, droit à l'image... Des règles d'utlisation et d'usage existent.
En exposant sur le net il y a forcément des risques de récupération de textes et ou photos. C'est un problème auquel on est souvent confronté.
Mais de la part d'un quotidien d'info locale, avec rédacteurs et photographes etc, cela me choque plus encore. Ils doivent le savoir qu'il est préférable d'obtenir les autorisations de diffusion, non ?
Un lien vers l'auteur demande bien moins de temps à insérer qu'une photo.
Quant au blog de la DL je déplore qu'on ne puisse s'y abonner.

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 21 avril 2010 20:05  

Il me semble que la mention DR au bas d'une des photo indique que les "droits sont réservés"... D'un point de vue juridique, cela signifie qu'ils ne savent pas vraiment où ils ont trouvé le document mais qu'ils réservent les droits d'auteur à la personne qui se manifestera (et qui prouvera qu'il en est l'auteur)...

Commentaire de Blogger Périblog , le 21 avril 2010 20:35  

C'est vrai (Anonyme 21 avril), mais cette photo et l'autre sans crédit n'apparaissent que sur mon blogue (à moins qu'on me prouve le contraire) et j'ai dit à maintes reprises que j'étais l'auteur de toutes les photos non créditées publiées sur Périblog.

Le fait que la DL comme le Sud Ouest ne semblent pas reconnaitre l'existence de Périblog ne veut pas dire, vous pouvez me croire, que les journalistes ou rédacteurs en chef ne le lisent pas de temps en temps. W

Commentaire de Blogger Philippe , le 12 mai 2010 16:50  

Bonjour,

Une simple question en passant... Il est bien entendu évident que vous-même qui avez pris ces clichés possédez l'autorisation de ceux que vous photographiez ? Je vous demande cela car je me rappelle m'être vu sur une de vos photographies publiées sur ce blog, photo prise lors d'un vernissage à l'Appart. Or, je n'ai pas souvenir que vous m'eussiez demandé la permission de publier cette photo sur votre blog.....

Tu feras des études mon fils ! mercredi 14 avril 2010

Au fil de l'Isle Chaque mercredi retrouvez sur Périblog l’humeur de la semaine par Pascal Serre


Dans notre « Belle Province » du Périgord après avoir décliné sous toutes ses formes « tu seras fonctionnaire mon fils ! » (à l’époque on destinait les filles à de pieux, valeureux et bienheureux mariages autour des fourneaux), voici qu’avec le XXIème siècle on applique une autre méthode : « Nous allons mener des études ! »

Le “ Nous ” ce sont les élus de tous poils qui, par souci de précaution ou d’exaltation de la démocratie participative, n’ont de cesse de faire réfléchir leurs fonctionnaires et cabinets privés sur un avenir qui, pour eux, ne l’occultons pas reste avant tout un rendez-vous électoral.

On ne va pas dresser ici la liste des sujets qui fâchent et dont ces fameuses études permettent de reculer la décision. Ces audits comme disent les initiés, sont autant d’explication d’un immobilisme confortable qui alimente les conférences de presse et les querelles de clochers dont, reconnaissons-le, citoyen sans pouvoir, nous nous régalons.

Ce phénomène permet de dresser des objectifs toujours ambitieux et merveilleux sur papier glacé généreusement distribué dans nos boites aux lettres.

Certes, quelques grincheux (ils ne peuvent que l’être) se transforment en Mandrin ou Jacquou pour défendre leur pré carré. C’est un des dégâts collatéraux qui peuvent aussi faciliter l’inaction par peur d’une sanction imméritée le jour du jugement des urnes.

Combien de fois, alors que grondent telle ou telle contestation on évoque la création d’une commission consultative qui va travailler sur une étude commanditée par l’initiateur du projet mis en cause.

Consultatif ? Voici un autre mot qui fait croire à de braves gens qu’ils vont pouvoir influer sur le cours de l’histoire. Dans le jargon politique, consultatif est un calmant, un antalgique, parfois même dans les cas les plus graves un sédatif à destination des plus humbles.

La commission consultative munie d’une étude pourra participer et s’imaginer un temps que le pouvoir démocratique n’est pas un vain mot. Les membres croient d’ailleurs bien souvent qu’ils sont devenus les vrais acteurs de la décision finale. C’est un peu comme si, aujourd’hui, on conseillait à son fils : « Tu seras fonctionnaire mon fils ! ».

Quelques idées de détails seront reprises pour que le traitement politico-médical soit complet et nous assisterons à ce que l’on appelle une navette entre élus, fonctionnaires, cabinets d’audits et commission consultative.

Cette navette n’aura de cesse d’améliorer l’étude, le projet, de ne froisser personne et de veiller à ne pas être trop proche d’une échéance électorale si par bonheur une décision devait être… votée.

Bien entendu, ces quelques réflexions ne visent personne. De même, les études sont indispensables. Mais n’en dévions pas l’objet et qu’elles ne deviennent pas des boucliers qui protègent de l’attentisme frigide.

Il y a là, tout comme jadis quand on voyait l’avenir de nos enfants dans la fonction publique un conservatisme latent qui s’abandonne trop souvent dans la facilité et la manipulation.
Auteur : Pascal SERRE
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Commentaire de Anonymous Louis Carlier , le 14 avril 2010 23:56  

Après Périgueux 2010, les études de la CAP, celles de chaque mairie ou collectivité on va finir par devenir intelligent. Mais est-ce bien raisonnable ?

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 15 avril 2010 00:04  

Pour travailler dans une collectivité je puis vous confirmer que les études (il suffit de regarder les comptes) représentent des budgets de plus en plus importants et bien souvent ne sont que des alibis. Un jour il faudra bien parler clairement. Mais je plains le journaliste qui s'y attaquera.

Commentaire de Anonymous Hélène ROBERT , le 15 avril 2010 05:31  

Il serait effectivement très intéressant de connaître le coût global de toutes les études réalisées depuis les dernières élections...

Commentaire de Anonymous Christiane , le 15 avril 2010 07:42  

Mes parents ont voulu que je sois fonctionnaire et je ne peux pas dire que je me sois éclatée et pour arriver à soixante ans avec un peu plus de 1 500 euros.
Quand aux études faites par nos élus c'est vrai que tout est prétexte à étudier. C'est une manie. On attend les ponts de la CAP, les projets de la mairie sur le quartier de la gare et j'en passe. A chaque fois on répond qu'une étude est en cours.

Commentaire de Anonymous Paul CHIRON , le 15 avril 2010 09:13  

Décidément Périblog ne cesse de surprendre. Voici une méditation presque philosophique sur la vie politique sans référence mais dont les gens avertis doivent en comprendre le sens.
Je lis dans la presse que nos élus nous gavent d'études diverses et de commissions qui sont autant d'enterrement de première classe et j'en suis désespéré car en deux ans on a perdu dix ans mais en même temps tout le monde à l'air heureux. Alors, pourquoi ne pas continuer ?

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 15 avril 2010 11:32  

Pour le bas Saint-Front Moyrand a créé une commission et les membres n'ont pas le droit de s'exprimer en public sur ce qui s'y dit. Qu'en pensez-vous ?

Commentaire de Anonymous Saturne , le 15 avril 2010 11:48  

Allons-y : généralisation à propos des "élus de tous poils" et leurs fonctionnaires. Voilà qui permet de caresser dans le bon sens le système pileux du lecteur.
(Ah ! Une France sans élus et sans fonctionnaires, ce serait enfin le bonheur !)
Donc, si j'en crois Pascal Serre, la bonne conduite des affaires publiques voudrait que, pour éviter quelques pertes de temps des très coûteux fonctionnaires, les projets soient conduits sans étude ni concertation. Il ne s'agirait plus de projets collectifs mais de caprices du prince. Dieu merci, tout n'est pas perdu : l'exemple venant du très haut St Nicolas, caprices et dictats sont déjà en application comme méthode de gestion publique. Alors, heureux ?

Commentaire de Anonymous Sophie Blanchard , le 15 avril 2010 14:15  

Cher Monsieur Saturne,
J'ai lu le billet et les réactions dont la vôtre. Je n'ai pas compris le propos de façon aussi radicale. Il ne s'agit pas - mais peut-être suis je naïve ou je ne sais pas lire- de supprimer études, fonctionnaires et commissions mais d'essayer d'avoir une véritable démocratie et d'arrêter de se voiler la face. Pourquoi avons-nous eu une telle abstention aux dernières élections ? La démagogie peut se trouver autant dans vos propos que dans ceux de Monsieur Serre. Pour ce qui me concerne, et c'est ce que j'ai compris nous sommes manipulés. Ce qui, d'ailleurs m'est arrivée.
A l'invective ou les raccourcis douteux je préfère le dialogue.

Commentaire de Anonymous Pierre-Yves Marchand , le 15 avril 2010 18:29  

Dans les années 90 Pascal Serre éditait un magazine "pouvoirs en dordogne" à destination des élus. Trés bien fait et documentés. Moi-même élu je m'en servais. Je le regrette. Je retrouve sa plume ici. Que je sache, pour le connaître il est de ces hommes qui dérangent sans bousculer. Il dit des vérités pas infondées et que nous devons entendre et corriger. Je n'ai pas entendu qu'il voulait plus de fonctionnaire ni d'étude et encore moins que le citoyen ne participe pas aux commissions. Mais que tout ceci se dégage de ses aspects politiciens qui fait le lit du Front national. C'est un avertissement.

Rires et poésies mardi 13 avril 2010

Le cancan du Coderc est une chronique hebdomadaire par Pascal Serre


C’est le 11 octobre 1878, qu’Emile Goudeau fonda le Cercle des Hydropathes
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Entre la comédie italienne et le théâtre de variétés, entre les belles lettres et les réflexions gouailleuses, copains d’un jour, amis de toujours, sous le soleil du « Coderc » nous avons repris cette phrase d'Émile Goudeau (1) : « j’ai comme une idée que les jeunes bohèmes seront de plus en plus pessimistes. » Et pourtant, nous avons décidé de rire.

Samedi 10 avril. Christian, René, Jean-Paul et pas les autres (Alain et Bernard) sont au rendez-vous. Au Bar du Coderc car l’on y profite plus longtemps du soleil. Nous abuserons de la douzaine d’huîtres sacramentaire et du muscadet car les jours de notre huître plate héritée des romains sont comptés.

«

Elles sont bien iodées et vont bien nous manquer le mois prochain » dit Christian. Les papilles sont éveillées, le parfum du large se mélange aux arômes floraux et fruités de la Loire.

Coup de folie nous refusons de boire au verre et nous offrons une bouteille. Au diable l’avarice, la vie est si belle aujourd’hui !

Relevant légèrement la tête pour profiter du soleil, Jean-Paul nous rappelle que «

si autrefois le printemps était annoncé par le retour des hirondelles aujourd’hui il est marqué par la journée mondiale de la poésie (2) et que l’on parle de printemps des poètes. »

Plus pragmatique, ayant conservé son chapeau afin d’éviter l’insolation, Christian changea radicalement de sujet : «

Savez-vous que le fondateur de la police moderne Monsieur de Le Reynie, faisait surveiller étroitement par des espions les “ caffés ” qui offraient un désordre intellectuel craint et où la subversion était attisée par le breuvage à base de cofféa ? » « Oui, interrompt René, mais nous mangeons des huîtres… et buvons du Muscadet. » Eclat de rire général. Nous le savons tous, notre complicité n’est pas toujours bien comprise et notre jeu de billes n’est pas compatible avec le Monopoly des plus grands. Mais on est heureux, on rit et on fait des vers comme Monsieur Jourdain faisait de la prose. Alors, on continue. Surtout avec les beaux jours fleurissants. Cette fois, matière est donnée aux personnalités qui font frissonner nos cœurs. Rires et larmes sont les bordures de notre enclos. Après nos cancans politiques nous voulions marquer notre sensibilité à d’autres sujets, notamment, nos personnages préférés — ce qui ne voulait pas dire que d’autres n’existent pas — qui témoignent d’un engagement personnel que l’on qualifiera pompeusement de culturel.

Xavier Mortimer, l’Ombre orchestre


Xavier Mortimer talentueux magicien. Son spectacle ? C’est un peu notre « place du Coderc » Photo © TahitiPress.pf - Christian Durocher
Je saisis le silence pour prendre la parole : « Connaissez-vous Xavier Mortimer ? » Les visages donnent la réponse. De toute évidence c’est non. « C’est le fils de notre bon libraire Henri-Pierre et il sera en spectacle à Saint-Astier, le 18 avril. » Interloqué le groupe se rapproche de la table et en saisissant une huître : « Pourquoi ne nous en a-t-il jamais parlé ? » Et de répondre : « Henri-Pierre est fier de son fils mais ne sait pas comment en parler… »

C’est en 1989, au Conservatoire de musique de Périgueux que Xavier Mortimer s’initie à la clarinette. En 2003, il décroche le premier prix international de magie au congrès d’Albano en Italie.

Son spectacle ? «

le rideau se lève, un musicien seul en scène, personnage aux allures lunaires nous joue une petite mélodie. Tout devient irréel lorsque son ombre se démultiplie pour former une fanfare d’ombres. Les instruments s’envolent, les partitions s’amusent… On cesse de réfléchir au bénéfice du rêve. Surpris ou dépassé par tout ce qui lui arrive, l’artiste nous emporte dans un état de douce stupeur. Un spectacle rempli de surprises visuelles et riche d’inventivité. Un grand moment de rire et de poésie dans une petite bulle magique ! Si Charlie Chaplin et Mary Poppins avaient eu un enfant ensemble, il aurait pu s’appeler Xavier Mortimer. » Et lorsque Xavier passe voir son papa il aime déambuler sur cette scène qu’est Le Coderc

Hervé Couasnon, le poète escaladeur


Les “ Amis du Coderc ” s’élargissent : de gauche à droite, Hervé Couasnon, Maurice Melliet, Jean Boussuges et Thierry Bacofin
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René avait retenu Hervé Couasnon pour lequel il a une certaine sympathie. Étrange personnage qui grimpait partout où il ne fallait pas (du perchoir de l’Assemblée nationale à la cathédrale Saint-Front en passant par le festival de Cannes…) Notre marxiste contestataire nous dit « Hervé en veut au Vatican car il aurait été agressé dans sa jeunesse par un curé pédophile. Il prépare un coup au Vatican… Mais je n’en dis pas plus. Mais ça va être quelque chose si il réussit. Et je lui souhaite. » Christian : « Ça fera parler de Périgueux au moins, mais ce n’est plus un gamin on pourrait cette fois ne pas lui faire de cadeau. » Et René de répondre : « Il a 53 ans mais je le soutiens et je dis bravo. Il a des copains comme Maurice Melliet, Thierry Bacofin et plein d’autres. C’est un cancre comme il nous en faut. »

Thierry Bacofin, la musique à petites gorgées

«

Tiens, tu parles de Bacofin, poursuit Jean-Paul, dans la série des personnages que j’aime, plus jeune et amateur de jazz, j’ai découvert Thierry Bacofin. Il est au club des Hydropathes ce qui nous ramène à ce cher Émile Goudeau. C’est un excellent parolier. Il chante et joue de la guitare, c’est du folk music, du blues. Il a fondé avec quatre copains — un peu notre esprit — un groupe “ Bourbon sipper ”. Le bourbon étant un whishy américain et sipper signifiant “ boire à petites gorgées ”. »

Pour Christian c’est un peu barbare et il écoute d’une oreille distraite en buvant son verre de muscadet : «

Je le connais pas, c’est pas mon époque mais si vous le connaissez il doit être sympa. » Et moi de renchérir : « C’est vrai qu’il n’a pas eu l’occasion de venir sur cette place qui manque un peu d’animation en dehors de ses marchés. »

Autour de Michel Négrier, imagiers et graphistes


Michel Negrier
Le style de Michel Négrier repose sur une intime association entre la connaissance des lieux et une interprétation joyeuse.
Photo droits réservés
René, notre aîné, nous fait part de son attachement à Denise Parouty, laquelle a créé il y a quarante ans l’association des Créateurs et artisans d’arts du Périgord : « À l’occasion de cet anniversaire, ils sont une dizaine d’imagiers et graphistes (3) à exposer à l'association (4) et au Archives Départementales (5). » René connaît bien Michel Négrier (6) : « En plus de ses images extraordinaires c’est un trompettistes hors pair, un humoriste qui sait faire valser nos émotions. Un artiste complet mais pas assez reconnu. Mais il l’a toujours voulu ainsi. Un vrai personnage qui aurait sa place parmi nous. Parlant de Michel on dit souvent : attention un Michel peut en cacher un autre… »

Maurice Albe, un univers intemporel


Maurice Albe
Maurice Albe a consacré sa vie à traduire, exprimer des facettes très personnelles de ce Périgord auquel nous sommes attachés
Photo © Marc Robert
Christian a retenu Maurice Albe (7) parce qu’il l’a connu et fréquenté. « Son épouse Mine vit toujours à Plazac. Lui a été un grand graveur, peintre, illustrateur et a consacré sa vie à traduire, exprimer des facettes très personnelles de ce Périgord auquel nous sommes attachés. Je l’ai connu quand il dirigeait l'École municipale de dessin durant quarante années. »

Christian sort de sa poche un papier qu’il déplie : « Voici ce qu’écrivait, concernant Maurice Albe, Claudine Gerbeau (8) dans la revue qu’avait créé Pascal en 1980 : « On ne peut pas dédaigner l’humain… Il faut toucher les choses, les caresser avec les yeux, en faire une synthèse dans laquelle on retrouve ce que l’on cherche… à nous d’essayer de résoudre les problèmes que la nature nous pose ». »

Que le temps passe vite. Notre bon clocher que nous découvrons de la terrasse sonne ses douze coups. Le plateau d’huîtres est encombré des coquilles vides et la bouteille n’offre plus qu’un souvenir.

Les amis sont passés, comme toujours. Ils sont venus nous saluer, échanger quelques propos sans importance si ce n’est un sourire et la complicité.

Chacune et chacun a retenu l’idée de faire quelque chose pour notre garde champêtre, Jean-Pierre Monmarson. Nous avons bien convenu de ne pas rester aux idées et paroles. Car, ici, sur Le Coderc nous devons lui donner les moyens de rester dignement en notre compagnie. Et René de nous dire à trois reprises : «

À quand une association des amis du Coderc ? »

Et oui, nous avons abandonné comme nous le souhaitions le vaudeville politique local. Nous ne sommes pas pessimistes mais restons bohèmes. Cette fois-ci, nous allons nous retrouver samedi prochain. Tant pis pour l’audimat. Nous avons décidé de continuer à rire et à aimer les poètes.

Auteur : Pascal SERRE
(1) Émile Goudeau (1849-1906). Né à Périgueux. Journaliste, poète qui, exilé à Paris, créa l’esprit de Montmartre avec cette devise : « En joie et sans deniers »
(2) Journée mondiale de la poésie le 21 mars à i’initiative de l’ONU
(3) Maurice Albe, Vincent Bappel, Elsa Bedeti, Danielle Chevalier, Alain Devise, Claude Durrens, Maurice Melliet, Jean Morellet, Michel Piana et Michel Pourtier
(4) Du 16 avril au 21 mai, 4 rue Saint Front, du mardi au samedi de 15 h 00 à 19 h 00
(5) Du 16 avril au 21 mai, 9 rue Littré du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 00 [ plus d'infos ]
(6) Né à Périgueux en 1936. Lauréat de la Fondation de l'avenir du Périgord, Michel Negrier a illustré de nombreux ouvrages sur le Périgord et a travaillé dans la publicité
(7) Né dans le Loiret en 1900 Maurice Albe suit son père nommé Directeur de l’usine à gaz de Sarlat. Il expose au Salon des indépendants de Paris dès 1925. Il s’installe définitivement à Plazac en 1945 où il décède en 1995. Il est un des illustrateurs les plus riches de son temps sur le Périgord
(8) Native de Bourgogne Claudine Gerbeau fut la plus jeune inspectrice de l'Éducation nationale à l’âge de 25 ans. Esthète d’une grande sensibilité elle a fait une grande partie de sa carrière en Dordogne avant de nous quitter en 2004
Michel Negrier
Périgueux au XVIIème siècle. L’Isle et la Tour Barbacane Dessin © Michel Négrier

Pascal SERRE
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  • Fondation de la France Libre (Paris)



En relation à l'éternelle poésie, deux libraires, Alban Caussé et Jacques Desse ont découvert une photo jusque-là inconnue d'Arthur Rimbaud. WSur le perron de l'hôtel de l'Univers à Aden en Abyssinie, Rimbaud est assis à droite, près de la femme (photo de groupe) © Alban Caussé et Jacques Desse
Une photo ancienne inédite a été découverte par Alban Caussé et Jacques Desse dans une brocante, celle d’Arthur Rimbaud (1854 - 1891). Pour la première fois, on voit nettement le visage du poète adulte (assis près de la femme), lors de son séjour à l’hôtel de l’Univers, à Aden, en Abyssinie (Yemen) aux alentour de 1880.
Photo © Alban Caussé et Jacques Desse - [ chez les libraires associés]

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Commentaire de Anonymous Christine , le 13 avril 2010 22:38  

Ce cancan est gentil mais ça manque de punch. A part le magicien dont la photo est extra. Et puis, la bohême n'est pas pessimiste sauf à Périgueux peut être

Commentaire de Anonymous Michel , le 13 avril 2010 22:45  

Toujours bien écrit et avec un regard transparent. Une belle littérature sans prétention sur Périgueux et quelque soit le sujet. Adieu la politique des volatiles et vive la culture des mollusques. Quel bonheur de me rappeler Jacques Pian et Michel Négrier en 1957 au café de Paris le dimanche après midi. On savait s'amuser. C'est là que j'ai connu mon épouse.

Commentaire de Anonymous Julien Martinaud , le 14 avril 2010 15:09  

Excellente idée d'évoquer Maurice Albe tombé un peu trop vite dans l'oubli. Un de ses anciens élèves qui continue à 75 ans à dessiner

À bout de souffle dimanche 11 avril 2010

L'atelier théâtre d'Émilie Langlais à Périgueux
Dans le quartier de Baker Street, aux environs même où se situait le bureau de Sherlock Holmes dans les romans de Conan Doyle, on trouvait une petite école d'art dramatique. La salle de classe était près des combles, que mes souvenirs habillent après toutes ces années de gris et d'un voile de poussière. Je m'y étais inscrit un jour, après avoir lu dans un fascicule répertoriant les cours du soir dans la vaste agglomération londonienne, qu'on pouvait y acquérir toute l'assurance requise pour se présenter et parler devant un public. Il était prévu que je donne dans un futur proche une présentation devant mes directeurs dans les bureaux de Covent Garden (1) ; moi que l'émotion étrangle souvent aux moments les plus inopportuns, je n'avais pas hésité un instant à m'inscrire.

Nous étions seulement trois garçons parmi une quinzaine d'étudiants et coqs lâchés dans un poulailler, l'attention fit aussitôt défaut aux plus hormonés d'entre nous. Je devins le cancre de la classe et naturellement aussi le chouchou de la prof et de deux jeunes Japonaises à la poursuite — c'est le moins qu'on eusse pu dire — d'exotisme européen. Entre la Barbie asiatique aux traits raffinés tels une fleur de lotus et l'autre tels un tronc de cerisier avant le fleurissement printanier, je fis un choix superficiel, et à la rugosité de l'écorce, je préférais le soyeux du pétale.

De ce cours, je me souviens de peu de chose ; sauf d'un exercice de respiration ou nous étions tous allongés sur les planches mal entretenues. — « Respirez profondément avec l'estomac, là sous le nombril (under the belly button), expirez lentement et à fond jusqu'à ce qu'il ne reste plus d'air... Pssshh !... » ; efficacité garantie.
L'atelier théâtre d'Émilie Langlais à PérigueuxEffet placebo ou bien réel, toujours est-il que lorsque je fais cet exercice aujourd'hui encore, mon anxiété diminue ; mon expression me semble plus claire et intelligible.

Vous l'aurez remarquez, l'anxiété nous fait utiliser seulement le haut de nos poumons, freinant ainsi l'absorption d'oxygène et forçant une accumulation de l'oxyde de carbone dans nos veines. Ce processus catastrophique accroit l'anxiété et provoque une respiration encore plus erratique. Toute une panoplie de problèmes en découlent : confusion mentale ; rougissement ; voix inaudible ou étranglée... il est nécessaire d'apprendre à briser ce cercle vicieux. C'est en cela que les cours donnés depuis peu par Émilie Langlais au Café de la Place sont très utiles, au delà même de l'amusement que vous en tirerez (évident sur la vidéo) et des rencontres sympathiques que vous y ferez. Émilie qui est avant tout une actrice confirmée (trois fois médaillée d'or au Conservatoire national d'art dramatique de Limoges) vous inculquera parmi d'autres, les techniques pour vous permettre de prendre enfin contrôle de votre respiration et de vos idées.

Mais je vous donne une analyse injustement technique et rébarbative de ce cours d'art dramatique. Le but ultime d'Émilie est simplement de mettre en place un café théâtre et une ligue d'improvisation qui est, pour ceux qui comme moi ne le savaient pas, une association de comédiens (amateurs dans ce cas), dont l'objet principal est la compétition sous forme de match d'improvisation.

Tout ceci, Émilie Langlais le fait dans un esprit ludique et avec un sens inné de la pédagogie. Un seul petit bémol... il y avait bien une barbie doll (2), mais pas une seule Nippone parmi les élèves.
W
(1) La présentation dans les bureaux d'Enterprise IG (entreprise d'identité visuelle qui devint en 2007 The Brand Union) se déroula formidablement bien, grâce en partie aux exercices de respiration
(2) Voir le dernier sketch dans la vidéo ci-dessous

L'atelier théâtre d'Émilie Langlais à Périgueux
— Tiens !
— Merci !

Le jeu du Pif Paf Tifou et exercices d'improvisation — L'Atelier Théâtre d'ÉmilieVidéo © Périblog

Jeux d'improvisation lors de la troisième session. Le bar est en pleine effervescence ce qui explique les bruits de fondVidéo © Périblog

Le cours prend place dans la grande salle du Café de la Place mise à la disposition de l'actrice par Thierry Desbrini.

Atelier gratuit et ouvert à tous sans inscription, chaque mardi, de 18 h 30 à 20 h 30 au Café de la Place, place du marché aux Bois à Périgueux.

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Commentaire de Blogger Jean-claude Bonnal , le 11 avril 2010 15:49  

Une très bonne occupation pour nos jeunes périgourdins qui ne vivent pas une période très favorable...J.C Bonnal

Commentaire de Anonymous Marianne , le 12 avril 2010 16:02  

Ayant pratiqué des exercices de respiration depuis des années avant toutes rencontres importantes je confirme leur pouvoir apaisant

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 12 avril 2010 22:53  

Cela nous change des cours de Salsa..

Laissez-nous notre “ Pépite de bonheur ” mardi 6 avril 2010

Le cancan du Coderc est une chronique hebdomadaire par Pascal Serre


Entre le Vendredi saint et Pâques le Périgourdin est plutôt traditionaliste c’est à dire famille. Pour cette fête chrétienne on est plutôt pour l’union de l'Église et de l’État surtout quand il s’agit de préparer et partager un bon repas. Pour nos amis du Coderc ce samedi est un jour de labeur qui précède la fête. Mais nous avions la tête ailleurs…

Comme d’habitude je fais la tournée des popotes pour savoir qui va être disponible pour nos conciliabules de fin de semaine. Tout le monde semble bien apprêté par les préparatifs des dimanche et lundi des fêtes pascales ce qui est bon signe pour le commerce.

« C’est une tradition que j’ai toujours connu me dit mon cher Christian, ne comptez pas sur moi, je suis invité chez mes petits-enfants et je vais faire le tour des chocolateries. Je ne pense pas que ce soit intéressant pour vous. Tu salueras bien tout le monde » me dit-il avant de raccrocher son téléphone.

René et Jean-Paul accompagnent leur épouse tenant presque le même discours éploré « pour une fois je vais aller au Coderc avec elle car elle aura plein de cabas et faut que je l’aide quand même. »

Seuls Alain et Bernard sont disponibles mais me demandent de se retrouver plus tôt, à neuf heures trente à “ La Truffe ” car en fin de matinée ils sont aussi pris par la préparation du repas familial du dimanche. Tout ceci est plutôt rassurant quand on parle de l’éclatement de la famille.Le Bar de la Truffe sur la place du Coderc à Périgueux
Le Bar de la Truffe. C’est un lieu où les conciliabules se nouent et se dénouent avec chaleur, enthousiasme et amitié. On s’y frotte, on s’y pique mais on ne s’y dispute jamais. Le patron est bien connu : Pascal Mesmin. Tiens un Pascal ? Un autre ! Et encore pour les fêtes de Pâques... L’agneau Pascal ! Côté humour on est bien loti. Et le café est de bonne qualité. Sourire compris.

Pour nous, c’est le café du commerce

Fort heureusement je suis là un peu plus tôt car les deux compères dégustent déjà leur premier café chez Pascal. Il ne fait pas chaud en terrasse et chacun a pris soin de sortir le manteau. Nous sommes trois, un peu esseulés et désemparés par le trouble jeté sur les propos de la semaine passée sur le maire par un blog appelé “ rue de la Chouette(1) suite à nos cancans pourtant plus affectueux que conflictuels.

Tout le monde se sent concerné et s’interroge sur le pourquoi, le comment…

« Bah, jette Alain chacun a le droit de s’exprimer mais la polémique c’est pas mon truc. Si ça doit virer à des échanges de coups de feu comme partout moi je préfère m’occuper d’autre chose. J’ai rien à gagner et à mon âge je vais pas m’amuser à ces gamineries. »

Bernard qui en a aussi connu d’autres : « C’est pas grave, nous c’est le café du commerce. Ce monsieur que je ne connais pas, mais j’ai lu ce qu’il a écrit, fait autre chose. Il est bien informé, travaille ses sujets et n’a pas les mêmes objectifs que nous. Chacun sa vie ! Nous on vient, on se retrouve, on cancanne sur tous et tout, on cherche rien de particulier. Si ça plaît tant mieux si ça ne plaît pas tant pis, on s’arrête. » Et se tournant vers moi me dit : « C’est pas contre toi, tu n’as jamais trahi nos propos, mais, c’est vrai je ne vais pas entrer dans des querelles de personnes que je connais même pas et que je ne veux surtout pas connaître. Moi, j’ai un jardin à entretenir et ma femme râle parfois quand je lui dis que je “ monte au Coderc ” car elle dit que c’est idiot notre machin et que personne ne le lit. On fait pas ça pour être lu mais pour s’amuser et puis c’est Pascal qui fait le boulot. »

Le sentiment d’être incompris ou de déranger

Je prends la parole : « oui, c’est vrai on s’amuse bien. On veut pas faire de mal et même plutôt partager notre passion pour ces rencontres impromptues au départ et devenues un rituel avec le temps. Mais, je suis un peu comme vous quand la belle humeur, comme me l’a joliment écrit mon ami Michel Testut, est incomprise, qu’on s’éloigne de notre Jeannot pacifique jusque sur le bout des ongles, lequel soit dit en passant se remet doucement de son accident cardio-vasculaire, de notre garde champêtre dont la gaieté est notre meilleure récompense on peut se poser la question de l’utilité de jouer – excusez le jeu de mots en ces circonstances – l’agneau Pascal. »

Quelques passants nous saluent et comprennent que nous sommes en discussion sérieuse. Ils ne s’attardent pas. On les voit à peine. J’offre mon second café car il ne fait vraiment pas chaud et, comme une table se libère nous la prenons d’assaut derechef comme des poilus montant au front.

Alain est triste, presque ronchon, il se tourne vers moi : « Tu as parlé à Christian de tout ça ? » Je reconnais que non. Et notre commerçant de renchérir : « de toute façon il n’a pas internet il ne sait pas…Tu lui passes toujours le texte sur papier dans sa boite aux lettres et il n’a jamais trouvé quoi que ce soit à redire. Tu connais son franc parler. Il t’aurait pas loupé mais en face. »

Le temps passe et le marché du Coderc bat son plein. Nous jetons un regard déconfit sur notre petite pépite de bonheur toute colorée, animée, chatoyante en cette veille de Pâques. C’est bien là qu’est le vrai bonheur. Cette fois-ci, alors que l’on déguste le café nous sommes silencieux. Le sentiment d’être incompris ou de déranger domine. C’est vrai que nous sommes peut-être un peu trop brut de décoffrage. Pas tendance, ni dans le vent. Trop libre alors… Mais on s’est accordé sur une phrase d’un certain Spinoza (1) (c’est pas un Périgordin mais j’ai la charge de chercher dans un dictionnaire ) : « ne pas se moquer, ne pas déplorer, ne pas détester, mais comprendre. »

Heureusement que c’est Pâques et que nous espérons avoir la révélation ! Le soleil fait une percée sur notre agora, nous sortons et, comme chaque semaine, malgré l’amertume de l’incompréhension nous nous donnons rendez-vous samedi prochain en espérant avoir retrouvé notre forme et nos petits cancans habituels. Nous allons donc essayer de conserver notre “ petite pépite de bonheur ”.
Auteur : Pascal SERRE
(1) Le billet sur Rue de la Chouette
(2) Baruch Spinoza, également connu sous les noms de Bento de Espinosa ou Benedictus de Spinoza est né le 24 novembre 1632 à Amsterdam, Pays-Bas et il est mort le 21 février 1677 à La Haye ) était un philosophe néerlandais dont la pensée eut une influence considérable sur ses contemporains et nombre de penseurs postérieurs.
Issu d'une famille marrane, Spinoza fut un héritier critique du cartésianisme. Il prit ses distances vis-à-vis de toute pratique religieuse, mais non de la réflexion théologique, grâce à ses nombreux contacts inter-religieux. Après sa mort, le spinozisme, condamné en tant que doctrine athée eut une influence durable. Gilles Deleuze le surnommait le « Prince des philosophes », tandis que Nietzsche le qualifiait de précurseur, notamment en raison de son refus de la téléologie. En savoir plus : fr.wikipedia.org/wiki/Spinoza


Pascal SERRE
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Commentaire de Anonymous Hélène Robert , le 6 avril 2010 13:09  

La citation de Spinoza m'a faite sourire en repensant à l'emplacement de sa statue à La Haye (j'y ai vécu 15 ans).
Elle se trouve à l'entrée d'une rue "chaude" aux vitrines bien "garnies", du moins c'était le cas du temps où j'y étais.
Cette citation trouve bien sa place là aussi!

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 6 avril 2010 19:43  

Continuez et laissez les mauvais coucheurs où ils sont, votre chronique est un sourire ...... Et j'apprends beaucoup sur votre/notre ville.
B.

Commentaire de Anonymous Jean-Christophe , le 8 avril 2010 13:06  

Et le fil de l'Isle ?

Commentaire de Anonymous Marie-Sylvie , le 8 avril 2010 16:09  

le fil de l'isle est en panne ? Dommage c'est un complément au cancan. J'en profite pour dire que les propos de la chouette, vrais ou faux on s'en fout sont méprisables. j'ai cru comprendre que vous laisseriez passer la caravane pendant que les chiens aboient. Je ne saurais pas faire mais c'est au fond mieux ainsi.

Commentaire de Blogger Périblog , le 8 avril 2010 16:44  

Le Fil de l'Isle est en panne ou plutôt c'est la Livebox de son auteur qui l'est. Comme chaque internaute sait, résoudre un problème aussi sérieux que l'ADSL qui nous lâche en milieu de semaine est un travail qui prend beaucoup de notre temps.

Dû à ce fâcheux contretemps nous devrons nous passer de notre Fil de l'Isle cette semaine. W

Commentaire de Blogger Pierre , le 9 avril 2010 09:37  

Je suis stupéfait de la teneur des différents articles sur le site "Rue de la Chouette". J'ai d'ailleurs manifesté cette stupéfaction à plusieurs moments et je me retrouve aujourd'hui censuré car mes derniers posts n'apparaissent plus sur le site. Pour un site qui se veut le site pour une veille démocratique continue, je trouve cela un peu fort... Enfin, merci de nous faire partager votre regard sur Périgueux sans démagogie et parti pris... juste pour le plaisir et ça, cela fait du bien.

Commentaire de Anonymous Jonathan , le 11 avril 2010 14:50  

La chouette est un de mes animaux préférés, superbe, dotée de grandes facultés, mystérieuse, indépendante...
mais n'oublions pas qu'elle est aussi carnassière et qu'elle agit dans l'ombre. L'auteur de la rue de la chouette a bien choisi son pseudo. L'animal me fait rêver, l'auteur me fait froid dans le dos.

L'Enfant qui parle à la rivière vendredi 2 avril 2010

Le Vieux et l'EnfantJe m'arrêtais au cours de ma lecture sur les planches évocatrices de Marcel Pajot qui agrémentent délicieusement le livre sorti des presses Heidelberg de La Lauze, imprimerie et maison d'édition périgourdines nouvellement requinquées par Éric Pédegai.

Pajot, le bas du visage paré d'une fine barbe blanche et les yeux vifs cerclés de lunettes aux angles arrondis, est certainement, avec José Correa, parmi les artistes et illustrateurs périgourdins les plus talentueux et prolifiques, dont la plume et le pinceau sont sollicités par un bon nombre d'éditeurs et de galeries bien au-delà des frontières régionales. Ses aquarelles rencontrées au fil des mots et représentant les quatre héros, le Vieux, l'Enfant, la rivière et l'effrayant brochet, renforçaient plus encore mon imagination.

“ L'Enfant qui parle à la rivière ” de Pierre Gonthier m'a séduit. C'est l'histoire d'un gosse de partout et de toujours qui découvre la rivière, ses joies, ses dangers et s'engage dans la vie sous les yeux attendris d'un grand-père qui attend patiemment l'instant de quitter la sienne.

Ce livre initiatique plaira non seulement aux jeunes adolescents d'aujourd'hui, mais aussi à ceux qui l'ont été autrefois avant l'avènement des jeux Nintendo : vous, moi... est-il nécessaire d'être un garçon pour plonger l'épuisette dans ce cours d'eau regorgeant de contes (à défaut de poissons) ? Peut-être — même si on débusque sous les chapitres moussus le récit d'une mystérieuse enfant de la lune à qui la désolante affliction prodigue un teint opalin et à laquelle certaines petites filles pourront s'identifier ; mais d'avoir un jour taquiné le goujon ? Que nenni !

Dans le livre on apprend des détails bien utiles et parfois étonnants sur l'art de la pêche en eau douce et mystérieuse ; puis l'évocation est ainsi édifiée qu'on se voit transposé avec allégresse dans le monde intemporel, qu'un engin moderne apparaissant en fin de livre resitue dans une époque somme toute assez récente. Le vocabulaire est étoffé, mais pas rébarbatif et si quelques mots nous font tendre la main vers Le Petit Larousse, la lecture est dans l'ensemble accessible et plaisante.

Le dernier ouvrage de Pierre Gonthier illustré par Marcel Pajot est un livre intelligent et évocatoire que je recommande notamment, à tous les lecteurs, filles ou garçons, pour qui l'univers reste à construire.
W
L'Enfant et la rivière
Œuvre de Marcel Pajot
– On dira que tu es le Prince de la rivière... Comme l’histoire du garçon qui vit sur une planète.
– Je sais, le Petit Prince. Il n’y a pas de rivière sur sa planète, juste un puits.
– Mais il y a un renard.
La chambre
La chambre de l'Enfant Œuvre de Marcel Pajot
Pierre Gonthier à gauche et Marcel Pajot à droite, entourent les trois journalistes représentant l'Écho de la Dordogne, Réussir le Périgord et la Dordogne Libre.
Éric Pédegal, directeur des ateliers de La Lauze — Nouvelle Imprimerie Moderne, 29 rue des Jacobins à Périgueux, est debout sur la photo


Sortilèges d'une rivière

Avec l'aimable permission d'Alain Bernard, auteur et journaliste localier au journal Sud Ouest

La Lauze Les éditions de Périgueux viennent de redémarrer fort autour du tandem Gonthier-Pajot

Cheveux blancs mais âmes d'enfant, vieux routiers des lettres périgourdines émaillées de fraternelles foires du livre villageoises; Pierre Gonthier et Marcel Pajot étaient en panne. Leur “ Enfant qui parle à la rivière ” attendait, pour être publié aux éditions La Lauze, des lendemains qui chantent.

Comme tous les enfants donc, ils piaffaient d'impatience, le premier regardant sécher son vénérable porte-plume, l'autre aiguisant en vain son vieux crayon à mine.

Ils avaient pourtant l'impression, avec leur histoire de Petit Prince des ondes, de Grand Meaulnes de la rivière Dordogne, d'avoir touché au plus subtil de l'âme périgordine prise au sortilège des eaux.

Fuite de l'eau et du temps

“ L'Enfant qui parle à la rivière ” vient enfin de sortir. Un vrai chef-d'œuvre dans lequel Pierre le conteur et Marcel l'illustrateur se sont fait la courte échelle pour offrir, autour de la fuite de l'eau et du temps; une symphonie magique.

Mais qui sont au juste ces deux personnages ?

Les années 30 avaient deux ans lorsque Pierre Gonthier naquit à Port-de-Couze, dans une famille d'ouvriers papetiers. Son royaume s'appelle alors la Dordogne, les vignes, les côteaux et les bois, puis l'école : il devient avec conviction, enseignant. Le virus de l'écriture le contamine ensuite : “ La Galope ” (2002), “ Encres violettes ” (2004), “ L'Alambic de la pleine lune ” (2006) à La Lauze, puis “ Les Heures cerf-volant ” (2006) et le “ Goût sauvage des mûres ” (2007) aux Amis de la poésie de Bergerac.

Marcel Pajot et Pierre Gonthier
© Photo Alain Bernard
Un auteur régionaliste, Pierre Gonthier ? En souriant, ce multi-récidiviste des écrits de mémoire suggère qu'il aurait « aussi bien décrit le Mississippi s'il était né sur ses rives ».

Marcel Pajot, lui, a d'abord illustré trois ouvrages chez Fanlac : “ La Cuisine préhistorique ” (1992), le “ Journal d'un cochon de l'an III ” (1997) et “ Dernières nouvelles ” (2000). Avant de servir d'illustrateur à trois autres livres de La Lauze : “ Les Troubadours périgourdins ” de Guy Penaud (2001), “ L'Instinct de gourmandise ” de Michel Testut (2002) et “ Encres violettes ”.

Lui-même rigolerait encore plus fort qu'on le traite de régionaliste. Il préfère qu'on le croie ensorcelé par l'univers de Gonthier. Quoi qu'il en soit, tous deux ont « préféré la vraie découverte à la mode du GPS ». Après les actes du colloque Eugène Le Roy, La Lauze rouvre donc maintenant en beauté !

Auteur : Alain Bernard

En savoir plus sur le livre, l'auteur et l'artiste

Couverture de L'Enfant qui parle à la rivière

Fiche technique de l’ouvrage

Format : 21 x 24 cm
Nombre de pages : 84
Impression : quadrichromie
Reliure : broché
Thème : une initiation à la magie de l’enfance et aux sortilèges de l’eau.
Contenu : un récit de plein vent enchanté de légendes, de présences anciennes et de la rencontre avec la fille de la lune, petite Madone de la nuit bleue.
ISBN : 978-2-35249-029-6
Première édition : mars 2010
Prix de vente public TTC : 22 €

Logo de La Lauze imprimerie et édition à Périgueux
La Lauze
29, rue des Jacobins
BP 7061 - 24007 Périgueux Cedex

Tél. 05 53 09 09 51
Fax : 05 53 35 91 18
E-mail : nim24(arobase)orange.fr
Pierre Gonthier, auteur par Denis NidosPierre Gonthier est né en 1932 à Port-de-Couze en Dordogne. Fils d’ouvriers papetiers, il a vécu son enfance entre la rivière, les vignes des coteaux et les bois enchantés du Périgord. À son métier d’enseignant, il ajoute la quête d’heures à vivre l’amitié et la beauté du monde. Il publie “La Galope” en 2002, réédité l’année suivante dans la collection Itinérances aux Éditions de La Lauze. Succès confirmé en 2004 à la parution d’“Encres violettes” (choix de libraire à FR3 et distingué à l’Escale du livre de Bordeaux), illustré par Marcel Pajot. En 2006, Pierre Gonthier publie chez le même éditeur un recueil de nouvelles : L’Alambic de la pleine lune, puis aux « Amis de la poésie de Bergerac », Les Heures cerf-volant (poèmes) et Le Goût sauvage des mûres (chroniques gourmandes 2008). Chroniques diverses : journaux, radios, revues (Journal du Périgord et Direlot.)
Marcel Nino Pajot, artiste et illustrateurMarcel Pajot, dessinateur et peintre, s'inspire le plus souvent de la comédie humaine. « Il observe en silence, il contemple, il épie. Il saisit tout du grand théâtre de la vie… » Ses œuvres sur toile, peintures des corps et des âmes, sont diffusées en exclusivité par une galerie parisienne. Comme illustrateur, il souhaite s'effacer pour mieux servir les textes qui lui sont proposés et adapter sa technique picturale aux intentions de l'auteur. Déjà, pour « Encres violettes », première collaboration avec Pierre Gonthier, il avait adouci le trait et la palette. Pour cette belle histoire d'Enfant et de Rivière, il aurait voulu que ses illustrations ne soient faites que d'eau et de vent...

Le site de Marcel Pajot


Exposition Pajot

Marcel Pajot est à la Galerie Mickaël Marciano pour une Exposition permanente du 2 avril au 30 septembre 2010.
Il y présente exclusivement (et en exclusivité) des peintures (technique mixte) sur toile dont les deux œuvres ci-dessous :Œuvres de Marcel Pajot
Asteria (27x35 cm) et Un Cauchemar de Don Quichotte (80x80 cm)Œuvres de Marcel Pajot
Galerie Mickaël Marciano
22-24 avenue Lajarrige
44500 La Baule les pins

Tél : 02 40 11 06 05 - Fax: 02 40 11 06 16

La galerie est ouverte du 01 avril au 30 septembre de 10h00 a 12h30 et de 15h00 a 19h30
http://www.galerie-marciano.fr

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Commentaire de Anonymous Jean-Claude Bonnal , le 3 avril 2010 16:45  

Belle présentation enfin de nos artistes périgourdins qui sont présent sur mon blog : http://mondomicile.centerblog.net qui fête des 500 visiteurs!

à Bientôt J.C Bonnal

Commentaire de Anonymous Aminata , le 4 avril 2010 17:10  

Bonne pâques
et comme toujours, tu sais bien écrire. A

 

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