MIMOS étape imaginaire du tour de France lundi 9 août 2010

Il était 22h00, la soirée était douce, l'humeur joyeuse et nous étions tous dans une expectative accrue de par le festin visuel qu'on nous avait servi les trois années précédentes. Sur l'estrade en face de Maitre Kanter et du rond-point Yves Guéna s'alignait un chapelet de personnalités, dont le maire de Périgueux, qui tour à tour y allaient de leur discours, ma foi pas inintéressant pour lancer le MIMOS 2010. Un concert de sifflets a retenti lorsque ce fut le tour de Kenny JEAN-MARIE (Kenny le prénom), directeur de cabinet de la préfète de la Dordogne, Béatrice ABOLLIVIER. J'ai tenté de découvrir le pourquoi de cette huée, car cela résonnait bien comme l'expression d'un mécontentement dont l'origine n'était pas seulement l'impatience de voir enfin le spectacle. Mais personne n'a su me répondre de manière satisfaisante et les journaux ne m'ont été d'aucun secours. J'ose espérer, en dépit d'une remarque inconvenante jaillie de la foule, que ce n'était pas à cause de la couleur de sa peau.MIMOS 2010 discoursLorsque le premier char est arrivé place Yves Guéna, la foule s'est agitée, les gens se haussaient sur la pointe des pieds pour voir au-dessus des têtes. Selon les médias, le Tour de France était le thème de la soirée. Moi, j'étais debout sur un mur avec quelques autres amateurs de sensations fortes. De là, si mon équilibre était précaire, la vue au moins était bonne. Une foule impressionnante remplissait l'horizon. Si l'on considère que 11 000 personnes s'étaient rassemblées au stade du COPO l'an dernier pour la performance du Groupe F, on pouvait estimer ce soir-ci un nombre aussi grand ou à peine inférieur, de gens amassés le long des rues, sur et autour des places. J'ai pensé un instant au nombre de visites que recevait Périblog chaque mois (entre 8 000 et 11 000 visites d'internautes. Source : Google Analytics) et je me disais que dans les deux cas, cela faisait beaucoup de monde.

Gloire au vélo

Mais revenons-en au spectacle. Dès le début, j'étais perdu... Au bout d'une dizaine de minutes, les jeunes mères ne s'attendant à voir guère mieux que quelques casquettes et les boutons nacrés de l'instrument d'Yvette Horner défiler bruyamment, repartaient chez elles, traînant par la main leurs bambins excités ou poussant le landau d'où s'échappaient pour certains des cris stridents de bébés apeurés. Et moi descendu sans encombre de mon mur, avec les milliers d'autres, je suivais la foule, sans plus d'idées dans la tête qu'un mouton de Panurge. Pour comprendre l'histoire qu'on nous racontait, il aurait fallu être près des artistes, à portée des haut-parleurs et des mégaphones. Mais, pour ma part, j'avançais péniblement la tête dans le guidon en queue d'un peloton qu'il m'était impossible de remonter.

À hauteur du palais de Justice, je rattrapais notre maire qui marchait tranquillement, collé aux roues de ses invités pour s'abriter peut-être de la douce brise frontale. Nous nous sommes salués et avons échangé quelques mots. Michel Moyrand était ravi de voir autant de monde et je l'aurais été aussi si j'avais été dans ses cales-pied. Je sais ce que disent quelques-uns de mes amis et de ses détracteurs (parfois les deux), mais je ne peux m'empêcher de penser que malgré certaines décisions erronées et certains favoritismes de sa part et de celle de ses co-équipiers que l'on me rapporte depuis le début de son sextennat, plus flagrante encore qu'avec l'équipe précédente, notre maire a au fond bon cœur et désire bien faire ; tout comme notre Président.

Arrivé en face de la Société Générale, le peloton fit halte.... musique Rap'euse et clameurs. J'en eus vite assez et décidai dare-dare de griller les étapes. J'entrai dans la rue Éguillerie que l'on appellera désormais « l'enfer du Sud Ouest » à cause des ses pavés luisants et, avec d'autres, je traversai la place Saint Silain pour retraverser, tête baissée, l'avenue Montaigne et atteindre enfin l'esplanade Badinter baignée d'une lumière rouge d'un bien bel effet. Là, avec quelques centaines d'individus, j'attendis que les coureurs atteignent finalement l'arrivée. Ce fut long, mais on se distrayait en regardant les derniers préparatifs pour le grand final, ainsi que les gens autour de soi qui se dandinaient dans l'atmosphère gothique qui n'aurait pas était pour déplaire à mes amis du groupe Sandie Trash.

Puis soudain mon cœur et mes tympans se mirent à vibrer au rythme de la musique intensément forte et dans la fumée et la lumière irréelle, les coureurs sont apparus bien mal en point ; se traînant dans un râle et jurant comme s'ils venaient après une crevaison de découvrir qu'ils étaient sans rustine Réma Tip Top. Deux cyclistes pédalèrent pourchassé, on eu dit, par une sphère qui s'élevait avec eux vers les cieux obscurs. Du long podium où toute l'équipe s'offrait en spectacle, cinq ou six fusées sont parties enflammer le ciel. Une pluie de confettis métallisés s'est abattue sur nous en passant dans le faisceau des projecteurs. L'effet était superbe. Finalement les coureurs nous saluèrent. Gloire au vélo ?

Couché sur le papier, le scénario élaboré par le « Générik Vapeur » avait dû paraître très séduisant. S'ajoutant à cela un sens certain de la communication de la part de Pierre Berthelot, l'enfant du pays et aussi le directeur artistique, dont on lisait les commentaires partout dans les journaux locaux, les organisateurs s'attendaient sans doute — comme nous d'ailleurs — à un lancement du festival MIMOS du même acabit que celui qui nous avait tous ravi sur le stade du COPO. Mais comme la peinture et les crochets du mur Cobaty, ce qui paraissait être une superbe idée, noir sur blanc et sur maquette, ne ressemblait pas à grand-chose une fois transposée dans la réalité. L'art de visualiser les projets et d'anticiper le désir des gens pour ne pas les décevoir et éviter ainsi de gaspiller de larges sommes d'argent (que cet argent appartienne au contribuable ou non), est un talent dont tout le monde n'a pas la chance d'être doté.


MIMOS 2010 à Périgueux avec Generik Vapeur

MIMOS 2010 - un diaporama

Tous les médias ci-dessus dans ce billet 02/08/2010 © periblog.fr

MIMOS 2010 - quelques photos de Roseline Berguin

02/08/2010 © Roseline Berguin
02/08/2010 © Roseline Berguin
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Commentaire de Anonymous Rose B , le 11 août 2010 à 16:04  

bonjour william, la réponse aux huées je la connais. J'étais à côté de la sono (comme d'hab !) c'est quand le directeur de cabinet a dit qu'il représentait l'état, que la culture était bien servie etc... etc... en plus les gens s'impatientaient et son discours était mal venu après qu'une personne (celle qui cause sur la photo) ai dit qu'ils avaient eu beaucoup de soucis pour mettre en place les différentes animations de la ville dont mimos et voilà comment on se fait huer ou conspuer quand on a un discours tout prêt et qu'on n'écoute pas !!!! .... là ce n'est que mon avis ! à bientôt bises rose

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 11 août 2010 à 17:20  

Il est clair que jamais en Dordogne, mais aux grands D.ieux jamais, on ne pourrait entendre des propos de discrimination raciale à l'encontre d'un homme de couleur même si celui-ci est Dir Cab du Préfet. La Dordogne, nommé souvent "la petite Russie", département bien ancré à gauche et très Fraternel, ne saurait faire preuve d'une telle infamie! Il s'agit sans dote d'une erreur d'écoute et effectivement comme le suggère si bien Rose, une animosité justifiée contre un Etat hypocrite et destructeur de la Culture. Je reste certain que notre bon Maire, l'Humaniste et quasi mécène Michel Moyrand pourrait être de mon avis, pour une fois...
LEs Périgourdins racistes, mais non voyons!

Le Lion du Rond Point

Commentaire de Anonymous PaulM , le 12 août 2010 à 23:57  

Bonjour,
Me permettez vous de diffuser un extrait de votre video "Mimos 2010" sur mon site PeriNet ( tout le Net de Périgueux ) ?

perinet.revolublog.com

...Accompagnée d'un lien vers Periblog, evidemment.
Cordialement
PaulM PeriNet

Commentaire de Blogger Périblog , le 12 août 2010 à 23:59  

Bien sûr Paul, avec plaisir, W

Commentaire de Anonymous Philippe , le 19 août 2010 à 10:24  

Bonjour,

Il y a bel et bien eu dans la foule quelques ordures (merci de ne pas rectifier ce terme, c'est à mon sens celui qui convient le mieux) qui ont lancé de façon plus ou moins audible des insultes ouvertement racistes lors du discours du dir'Cab de la préfète. Les journalistes qui les ont clairement entendus ont décidés, à juste titre, de ne pas les mentionner dans leur compte-rendu de la soirée. Pas question de faire plaisir aux fachos périgourdins ou de passage.

Cela n'a finalement rien d'étonnant dans un contexte où le gouvernement sarkosyste exalte les plus bas instincts de nos compatriotes en "normalisant" un discours clairement raciste et discriminatoire. On ne peut se servir des français d'origine étrangère ou des Roms comme boucs-émissaires pour tenter de masquer l'affaire Woerth sans que certains de nos compatriotes n'en profitent pour vomir leur haine pour tout ce qui ne leur ressemble pas.

 

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