Fête de la musique à Bordeaux
Le titre est ici trompeur, car si j'ai bien suivi, comme une cinquantaine d'autres fous, la « procession du slibard » samedi soir, j'ai assisté à la fête de la musique, le lendemain, non pas à Périgueux... mais à Bordeaux. Une amie m'avait proposé d'aller dîner en ville, mais devant la difficulté qu'elle avait à garer sa Clio, je me mis à plaisanter que nous aurions peut-être plus de chance à trouver une place là-bas. Après avoir suivi la fête du 21 juin, quatre fois de suite à Périgueux, je n'éprouvais qu'un plaisir modéré à la célébrer une fois de plus dans l'enceinte de notre ville et ma plaisanterie avait été subtilement débitée sous la forme d'une suggestion. Mon amie s'appropria l'idée et avec un enthousiasme enfantin mit aussitôt le cap à l'ouest. Arrivés à Bordeaux, il ne fut guère plus facile de nous garer, mais l'important ce soir-là, était de nous trouver ailleurs. Ayant laissé la voiture près des quais, nous partîmes à pied vers le centre-ville. Ni mon amie, ni moi ne connaissions bien la capitale girondine et nous descendîmes une bonne moitié de la rue Sainte Catherine, l'artère commerçante, avant d'aller au petit bonheur la chance, nous perdre dans le labyrinthe que forment les rues étroites des vieux quartiers... Que de monde tout noyé de décibels nous avons rencontré ! Paradoxalement pour une telle occasion, nous partîmes en quête d'un endroit peu fréquenté que les musiciens auraient dédaigné.
Je n'ai rien retenu du nom du restaurant et de la rue où il était situé. Cela importe peu, car le chef n'excellait pas dans son art et je n'ai pas à en faire l'éloge. L'atmosphère quant à elle, un peu austère lorsque nous arrivâmes, se décoinça quand une part de ma pizza, passablement coriace, s'en alla voltiger jusque sous la table de nos voisins en train de prendre le café. Vous diriez, si vous me connaissiez bien, qu'il n'y a rien d'extraordinaire à ce que je me rende coupable de ce genre de maladresse. Ce garçon ici présent n'est pas sortable... on me l'a parfois dit (d'un air taquin plus souvent qu'agacé). Après que nos voisins de table eurent échangé avec nous une dernière plaisanterie, nous nous retrouvâmes presque seuls dans la petite salle. Il était temps de passer aux choses sérieuses et je veux dire par là, que le moment était venu d'écouter l'autre parler de ses peines et de ses joies, de ses inquiétudes et de ses espoirs. Diable, comme nous avions de choses à nous dire ! Nous allions être, trois heures durant, une belle et attentive oreille l'un pour l'autre. Enfin, un peu saouls et vidés à la fois, mais satisfait de nous être allégé en partie de ce qui avait pesé sur notre esprit ce jour-là, nous repartîmes dans les rues de Bordeaux... il y avait maintenant moins de promeneurs et le calme reconquérait les places peu à peu. La fête de la musique s'épuisait et le vent frais qui balayait par instants les magnifiques quais nous requinqua. Le retour se fit au petit matin. Je pris le volant à l'approche de l'autoroute, quand mon amie me le proposa afin qu'elle puisse reposer ses pieds sur le tableau de bord (une position que secrètement je trouve dangereuse). Cela faisait deux ans presque jour pour jour que j'avais conduit pour la dernière fois, trois ans que le divorce avait été prononcé, quatre ans que j'avais pour la première fois mis les pieds en Périgord. Avec l'été ce jour là, une nouvelle année commençait.
La fête du slip à Périgueux
Affublés de vrais et faux slips en coton, en papier ou en plastique, filles et garçons sont partis gaiement en virée et du principe que le ridicule ne tue pas.
La Fête du Slip, pour sa cinquième édition, avait choisi pour thème principal celui de l'écologie ; d'où l'utilisation symbolique pour leur affiche de la fameuse clairière en forme de cœur de
Yann Arthus Bertrand, transformée pour l'occasion en gigantesque slip kangourou par un graphiste malin et coquin.
Je rencontrai ma copine K., dont S. son petit qui n'en rate jamais une, s'était joint à la flopée joviale. Elle suivait ou plutôt précédait de quelques pas sa progéniture, évitant soigneusement de se mêler à la vague qui déferlait déjà le long de la rue
Limogeanne.
Désireux de prendre quelques photos, mais trop guindé pour me joindre aux yeux de tous à quelque chose d'aussi ridicule, je me plaçais à un coin stratégique de la place
Saint Silain et attendis là que la foule qui scandait des «
non aux OGM » m'absorba dans un mouvement naturel.
J'ai ainsi suivi la dernière étape de la marche effrénée autour de la vieille ville qui, selon les règles de la manifestation éclair (ou
Flash mob) que les organisateurs se sont imposés, doit être prompte et éphémère. Nous sommes tous finalement arrivés sur la place
Francheville où un ou deux rites bizarres ont marqués les derniers instants de cet événement dont on parle beaucoup mais qui ne contribue sans doute qu'un peu à la défense de notre terre. Perturbé par vingt minutes frénétiques, le gamin de K. nous montrait son cul.
Voici les photos de la procession de 2009 :
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