If de Kipling - tu seras un homme mon fils lundi 25 juin 2007

Rudyard Kipling IF - Mon fils traductionRudyard Kipling's If is one awe inspiring poem no-one can ignore. It has guided many generations of boys (and girls) over more than a century. Below is a translation in French (voice and text) of this great poem. I like this translation because it is saying, almost word for word, what Rudyard is saying, but it is not a mechanic, cold translation. In fact I find as much emotion reading it in French as I do reading it in its original version.
Avant que je ne veuille lire Crime et Châtiment en français, après l'avoir lu, voici deux ans en anglais, (et avoir été séduit par ce superbe roman), je pensais qu'une traduction devait bien en valoir une autre; et que si, celle-ci était française, devait être bien meilleur que toute autre.

Mais en sortant de la bibliothèque de Périgueux, j'ai entrepris de lire la première page du livre tout en descendant l'avenue Georges Pompidou, puis la Rue Limogeane, j'ai alors constaté dès les premiers paragraphes, que j'avais en main une véritable horreur; ou l'auteur s'était évertué a traduire en français les noms propre russes, sous un prétexte qui avec le temps m'est devenu vague. Je l'ai promptement fermé et rendu a la gentille jeune femme au premier étage de la bibliothèque, lors de mon retour a l'appartement.
Je n'ai plus qu'a espérer qu'un jour on m'offre ce roman publié aux éditions de la Pléiade...

C'est ainsi que j'ai cherché une traduction digne de ce nom du très célèbre poème de Rudyard Kipling, If.
J'espère que vous l'aimerez autant que je l'aime et ressentirez tout comme moi, l'émotion monter en vous, alors que vos yeux approcherons le dernier vers de la dernière strophe. Un peu comme lorsque l'orchestre attaque les dernières notes du Boléro de Ravel et qu'une boule se forme dans la gorge et les yeux se font humides aux commissures. Un poème pour les fils et filles de la terre.

Texte traduit par Jean-Luc Fromental (que connaissez vous de ce monsieur?) Jules Castier en 1949. Enjoy, comme aurait dit M. Kipling !



Tu seras un homme, mon fils
Si tu peux rester calme alors que, sur ta route,
Un chacun perd la tête, et met le blâme en toi ;
Si tu gardes confiance alors que chacun doute,
Mais sans leur en vouloir de leur manque de foi ;
Si l'attente, pour toi, ne cause trop grand-peine :
Si, entendant mentir, toi-même tu ne mens,
Ou si, étant haï, tu ignores la haine,
Sans avoir l'air trop bon, ni parler trop sagement ;

Si tu rêves, – sans faire des rêves ton pilastre ;
Si tu penses, – sans faire de penser toute leçon ;
Si tu sais rencontrer Triomphe ou bien Désastre,
Et traiter ces trompeurs de la même façon ;
Si tu peux supporter tes vérités bien nettes
Tordue par des coquins pour mieux duper les sots,
Ou voir tout ce qui fut ton but, brisé en miettes,
Et te baisser, pour prendre et trier les morceaux ;

Si tu peux faire un tas de tous tes gains suprêmes
Et le risquer a pile ou face, – en un seul coup –
Et perdre – et repartir comme à tes débuts mêmes,
Sans murmurer un mot de ta perte au va-tout ;
Si tu forces ton coeur, tes nerfs, et ton jarret
À servir à tes fins malgré leur abandon
Et que tu tiennes bon quand tout vient à l'arrêt,
Hormis la Volonté qui ordonne : « Tiens bon ! »

Si tu vas dans la foule sans orgueil à tout rompre,
Ou frayes avec les rois sans te croire un héros ;
Si l'ami ni l'ennemi ne peuvent te corrompre ;
Si tout homme, pour toi, compte, mais nul par trop ;
Si tu sais bien remplir chaque minute implacable
De soixante secondes de chemins accomplis,
À toi sera la Terre et son bien délectable,
Et, – bien mieux – tu seras un Homme, mon fils.

If
If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you.
But make allowance for their doubting too ;
If you can wait and not be tired by waiting.
Or being lied about, don't deal in lies,
Or being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise :

If you can dream – and not make dreams your master
If you can think – and not make thoughts your aim
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same ;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools.
Or watch the things you gave your life to broken,
And stoop and build'em up with worn-out tools :

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss ;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them : « Hold on ! »

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with Kings – nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much ;
If you can fill the unforgiving minute
With sixty second's worth of distance run.
Yours is the Earth and everything that's in it,
And – which is more – you'll be a Man, my son !

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Commentaire de Anonymous dodo , le 11 octobre 2007 à 12:19  

Bonjour,

Il y a un roman que j'ai lu en version originale quand j'étais en terminal: A Streetcar Named Desire. J'aime lire les romans en anglais en particulier, la série des Sherlock Holmes qui sont plus accessibles aux personnes qui ne maîtrisent pas parfaitement la langue;la structure des phrases est plus proche du français actuel.

J'ai vécu une histoire courte mais intense, et dans mon cas, c'est moi qui étais trop jeune.
Je commençais à tomber amoureuse mais ce n'était pas réciproque... Je commence à penser qu'une grande différence d'âge dans un couple le destine à l'échec.
J'ai essayé aussi de rabaisser mon estime pour cette personne mais ça ne fonctionne pas. Aujourd'hui, je pense que si elle m'appelait pour qu'on se voit, je n'hésiterais pas une seconde...

Je mettrais ton lien sur mon blog si tu veux mais il est possible que les visiteurs fassent un rapprochement entre l'auteur du blog et l'auteur des commentaires. Dis-moi ce que tu en penses.

Je te souhaite une bonne journée.

Bisous

Commentaire de Blogger William Lesourd , le 13 octobre 2007 à 08:52  

A street car named desire est parait-il une très belle histoire qu'a m'a grande honte je n'ai pas lu, ni même vu en film...

Je ne suis pas certain qu'une relation où la différence d'âge est importante est nécessairement destinée à l'échec. De toute manière la plus part des relations perdent leur énergie amoureuse après seulement 4 ou 5 ans, quelque soit l'âge des partenaires, alors... C'est avec cela en tête que j'entreverrais une éventuelle relation avec une personne beaucoup plus jeune que moi. Si ça dure, tant mieux, sinon, j'y serais préparé et donc je ne serais pas particulièrement déçu (et elle non plus, du moins je l'espère). Peut-être même auront nous vécu une expérience courte, c'est vrai, mais inoubliable. C'est la vie ; avec ces hauts et ces bas.

Tu peux mettre un lien dans ton blog vers cette page : http://www.periblog.fr/labels/Poesie.html

Si un jour tu as besoin de parler de façon plus privée, tu peux m'envoyer un message à partir de mon formulaire de contact : http://www.francesolo.com/contact.aspx

Porte toi bien.

Kissous, W

Commentaire de Anonymous David , le 5 février 2008 à 00:10  

Bonjour,
D'après cette excellente page ( http://www.crescenzo.nom.fr/kipling.html ) qui réunit de nombreuses traduction de "If", celle que vous citez serait de Jules Castier en 1949.
J-L Fromental ne serait-il pas plutôt le traducteur de "Lettre à mon fils" dans le bouquin édité chez "Mille et une nuit" ?... à vérifier !
Cordialement
David Chavanel

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 16 avril 2008 à 03:17  

Little typo last line of first verse "to" should be "too".

Thanks for the inspiration!

Commentaire de Blogger William Lesourd , le 16 avril 2008 à 10:39  

Dans le livre que je cite ci-dessus, cette traduction est attribuée à J-L Fromental. Mais je ne saurais dire. Si quelqu'un peu nous éclairer sur ce point, je lui en serai grès.

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 16 avril 2008 à 10:40  

Little typo last line of first verse "to" should be "too".

Thanks for the inspiration!

William answers Thanks, it's been corrected.

Commentaire de Blogger William Lesourd , le 10 mai 2008 à 21:23  

Dans le livre que je cite ci-dessus, la traduction que j'ai recopié est attribuée à J-L Fromental. Mais je ne saurais dire si c'est juste. Si quelqu'un peu nous éclairer sur ce point, je lui en serai grès.

Commentaire de Anonymous sylau85 , le 10 mai 2008 à 21:24  

Bonjour,
J'arrive sur votre blog en "étant allée" au Japon...sur le blog de Ludoli.
Je découvre donc, un blog sur la Dordogne. Mon amie d'enfance habite Montagrier et c'est un coin que je connais un peu.
je vais donc mettre votre blog en lien pour pouvoir y revenir de temps en temps.
Bonne continuation.

Réponse : merci Sylvie (?), votre ami(e) a bien de la chance d'habitter Montagrier. C'est un de mes lieux de promenade préféré ; on y trouve un des plus beaux ciels de France.
J'ai visité votre blog et écouté plusieurs versions de l'Avé Maria...
http://accordeonnous.canalblog.com/
et celui de Ludo qui vit au japon et qui a mis un lien vers mon billet sur Rudyard Kipling.
http://ludoliojapon.canalblog.com/archives/2008/05/04/9057423.html

Commentaire de Anonymous Anonyme , le 29 juin 2008 à 16:28  

Bonjour,
je tombe par hasard sur le commentaire de Sylau et qui mentionnait mon blog.
Internet me ravit
Bonne journée
Ludoli
ludoliojapon

Commentaire de Anonymous Jean-Luc Fromental , le 1 août 2008 à 01:19  

Bonjour. Je tombe (avec beaucoup de retard) sur votre blog et l'article que vous consacrez à Tu seras un homme mon fils de Kipling dans l'édition Mille et Une Nuits. Je tiens à préciser que je ne suis pas le traducteur du poème If (il s'agit bien de la traduction de 1949 de Jules Castier, comme l'indique l'un de vos interlocuteurs). En revanche, c'est moi qui ai ourdi ce petit volume et sorti de l'oubli la correspondance de Rudyard avec son fils John, qu'il me paraissait intéressant de mettre en relation avec le poème, dans la mesure où il s'y lit sinon une contradiction, du moins une cruelle ironie, ces lettres montrant à quel point Kipling a été un élément actif dans la suite d'évènements qui a mené à la mort de son fils au front lors de la Grande Guerre. Les merveilleux et avisés préceptes du poème n'ont pu se réaliser dans la vraie vie, en grande partie, semble-t-il, parce que l'immense Kipling n'avait pas anticipé ni compris la nature du conflit qui se préparait. Il apparaît, dans cette correspondance poignante entre le père et le fils que ce dernier était loin d'être "un homme" lorsqu'il partit se faire massacrer (avec tant d'autres garçons de son âge) dans cette boucherie inepte que fut la bataille de Loos, qui coûta la vie à 20 000 jeunes Anglais. On ne sait guère que cette tragédie mit en quelque sorte un point final à la carrière du grand écrivain. J'ai traduit ces lettres inédites en français et postfacé l'ouvrage. Ce petit livre a connu un destin exceptionnel puisqu'il en est aujourd'hui à son septième ou huitième tirage. Cordialement, Jean-Luc Fromental (août 2008)

______________________Merci pour le commentaire______________________
Je vais corriger cette erreur.

Ce billet sur R. Kiplings est aussi un des billets les plus visités sur mon blog... dommage que cela n'est rien à voir avec le Périgord...
Bravo pour ce que vous avez fait, W

Commentaire de Blogger Fleurs de méninges , le 31 janvier 2009 à 19:13  

Voici une traduction que j'ai réalisée avec l'aide d'une amie anglaise.
Cordialement,
Christian MORIN


SI…


Si tu sais rester calme alors qu’autour de toi
Tous s’affolent ou bien, pire, qu’ils te montrent du doigt ;
Si tu restes confiant quand tu les vois douter
Sans leur tenir rigueur de leur duplicité;
Si tu sais patienter sans jamais t’assoupir,
Ou, si l’on ment sur toi, refuser de mentir,
Ou, te sentant haï, refuser, toi, la haine
Et n’offrir en retour qu’indulgence sereine ;

Si le rêve te sert sans devenir ton maître
Et si tu sais penser mais sans oublier d’être,
Affronter sans faiblir la Gloire ou le Malheur
Sans être impressionné par ces deux imposteurs ;
Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Revendues par un fourbe à des têtes frivoles ;
Ou, quand s’est effondré ce que tu as bâti,
Repartir à zéro avec d’autres outils ;

Si, sur un coup de dé, tu peux remettre en jeu
Ce que tu as gagné et, perdant tout, tu peux,
Sans souffler un seul mot, défier encore la chance,
Au sort qui t’a trahi opposant ta confiance ;
Si tu peux exhorter, dans un dernier sursaut,
Ton cœur, muscles et tripes et qu’au bout du rouleau
Tu résistes et repars avec, pour aiguillon,
Ta seule Volonté qui leur dit : “ Tenez bon ! ”


Si tu parles à la foule sans perdre ta Vertu,
Ou marches avec les rois sans oublier la rue ;
Si, amis, ennemis, aucun d’eux ne te blesse ;
Si tu es indulgent sans montrer de faiblesse ;
Si tu peux te sentir vivre chaque seconde
Du temps qui nous échappe et qui rythme le monde,
La Terre t’appartient, ses ombres et ses délices,
Mais, plus que tout, tu seras un homme, mon fils !

Rudyard Kipling


(

Commentaire de Blogger Périblog , le 28 mars 2012 à 17:12  

@ Fleur de méninges :
Je préfère la traduction que j'ai posté (mais nous avons tous des goûts différents) mais la vôtre est magnifique aussi...
W

 

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